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Fait & Cause, Photographie Militante

LA MARCHE DE L’OCÉAN

12 janvier 2024/par Faitetcause

Des forêts à l’océan

Après S’enforester, Andrea Olga Mantovani et Baptiste Morizot ( août 2022), les Éditions d’une rive à l’autre continuent d’analyser la crise environnementale en consacrant une de leurs prochaines parutions au devenir des littoraux menacés par la montée des eaux et l’érosion côtière. La marche de l’océan réunit le travail de Felipe Fittipaldi, photographe, et celui de Marie-Hélène Ruz, géomorphologue.

Atafona et le recul du littoral

Le littoral a toujours été en constante évolution, mais notre époque est marquée par l’accélération de son érosion. Des processus qui prenaient autrefois des milliers d’années sont maintenant observés en une seule génération.
Prise en étau entre la montée des eaux et l’érosion côtière, Atafona est devenue le symbole de ce double phénomène. C’est dans cette ville brésilienne, où le temps semble s’accélérer, que Felipe Fittipaldi ancre son travail depuis 2014. En une cinquantaine d’années, plus de 500 maisons ont été détruites par les vagues En 2022, la mer a avancé de 12 mètres sur la ville.
Un phénomène principalement d’origine anthropique, mais intensifié par l’élévation du niveau de la mer. Atafona est située à l’embouchure du Paraíba do Sul, un fleuve qui alimente Rio de Janeiro et São Paulo, les deux plus grandes villes du pays. La déviation des eaux pour les besoins croissants de la population, de l’industrie et de l’agriculture a entrainé une réduction du débit fluvial et de la bande de sable qui formait autrefois une barrière protectrice entre Atafona et l’océan.

Photographie & géomorphologie

Les photographies de Felipe Fittipaldi nous immergent dans le quotidien et le paysage d’une population subissant de plein fouet la montée des eaux, tandis que Marie-Hélène Ruz élargit notre point de vue. En tant que spécialiste du littoral, elle utilise son expertise et les outils de sa discipline pour expliquer un tel phénomène sur le temps long : celui de l’évolution des paysages et des rapports que l’homme entretient avec son milieu.

 

 

 

LE PHOTOGRAPHE

Felipe Fittipaldi, photographe brésilien, vit à̀ Vancouver et collabore régulièrement avec la presse internationale. Depuis 2014, il mène un travail photographique en profondeur sur la relation complexe qui lient une communauté à son environnement menacé par la destruction. Les photographies choisies pour La marche de l’océan sont issues du projet, « Eustasy » (2014 – 2023), réalisé à Atafona. Ses photographies sont les témoins de paysages qui disparaissent et confirment les bouleversements brutaux et rapides dus au changement climatique et à la surexploitation des ressources naturelles. Ce travail a obtenu le soutien de la National Geographic Society et a été récompensé par Grand Prix ISEM 2022 – Images Singulière – ETPA – MEDIAPART et le World Report Award 2022 – Festival della Fotografia Etica.

L’AUTEURE

Marie-Hélène Ruz est professeure de géographie physique à l’Université du Littoral Côte d’Opale. Membre du Laboratoire d’Océanologie et de Géosciences, elle concentre ses travaux de recherche sur l’évolution des littoraux sableux des Hauts-de-France. Elle a récemment dirigé un projet de recherche pluridisciplinaire « Quel littoral dans cinquante ans ? Co-construction de stratégies d’adaptation au changement climatique en Côte d’Opale. », sur la perception des habitants de communes littorales qui font face à un recul du trait de côte mettant en péril leurs maisons. Ses 35 années de recherche sur la géomorphologie et les risques littoraux sont devenus aujourd’hui essentiels pour la préservation des côtes.


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/dunerivealautre-LMO-Couv_V241EA_sept.-29-141905-2023_CaseConflict-scaled-2.jpg 1703 2560 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-12 00:00:492024-01-12 00:00:49LA MARCHE DE L’OCÉAN

YOU DON’T LOOK NATIVE TO ME

12 janvier 2024/par Faitetcause

En 2011, Maria Sturm a commencé à photographier la vie des jeunes de la tribu Lumbee autour de Pembroke, dans le comté de Robeson, en Caroline du Nord. En documentant leur vie, Sturm a commencé à remettre en question sa propre compréhension de ce que cela signifie être Amérindien. Son nouveau livre You Don’t Look Native to Me est un ensemble de photographies, d’entretiens et des textes sur les idées préconçues et montre l’identité “Native” non pas comme figée, mais évoluant et se redéfinissant avec chaque génération. Pembroke est le siège tribal de la tribu Lumbee de Caroline du Nord, la plus grande tribu reconnue par l’État à l’est du fleuve Mississippi. Bien que la tribu Lumbee soit reconnue par l’État, elle n’est pas reconnue au niveau fédéral et n’a pas de réserve ni ne reçoit d’avantages financiers du gouvernement fédéral. Le nom Lumbee a été voté en 1952 pour unir toutes les tribus de la région dans le but d’obtenir une reconnaissance fédérale. Leur statut tribal reste l’un des plus discuté aux États-Unis.

À première vue, les photographies de Sturm semblent montrer la vie quotidienne d’une communauté américaine archétypale. En y regardant de plus près, des éléments d’hybridité entre le patrimoine et la vie contemporaine sont révélés – une rue nommée « Dreamcatcher Drive,(attrape-rêves) », une casquette de baseball « Native Pride » avec une plume, des symbols d’Halloween sur un enfant Tuscarora en grande tenue, dans la ville où près de 90 % de la population vit. la population s’identifie comme “Native”. Les protagonistes des photographies de Sturm se présentent comme des individus dotés de leur propre identité et d’une culture commune. La présence du symbolisme “Native”– sur les panneaux de signalisation, les images sur les murs, sur les voitures, sur les chemises et sous forme de tatouages ​​– montre à quel point une image stéréotypée leur est souvent présentée. Le titre du livre, You Don’t Look Native to Me, est emprunté à une citation familière à de nombreux habitants du comté de Robeson et résume l’écart entre leur identité et les idées préconçues des autres.

“Mon travail fait face à un mélange de concepts inconnus : une tribu dont les membres sont ignorés du monde extérieur, qui ne portent pas leur altérité sur leur physique, mais qui revendiquent leur identité…. Je retrace leurs modes de représentation d’eux-mêmes, transformés à travers l’histoire, les questions d’identité auxquelles ils sont confrontés au quotidien et leur fierté retrouvée d’être “Native”. J’espère provoquer des questions au spectateurs concernant leur propre identité et appartenance à un courant dominant non spécifié.” – Maria Sturm

Maria Sturm, née en 1985 en Roumanie, a étudié la photographie à l’Université des Sciences Appliquées de Bielefeld, en Allemagne, ainsi qu’à la Rhode Island School of Design en tant que boursière Fulbright et DAAD. Son travail a été publié, entre autres, dans le New York Times, le Guardian, The Atlantic, Der Spiegel et Zeit Magazin.

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/1-patricia-mescal-and-frankie-2017-2.jpg 975 1300 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-12 00:00:492024-01-12 00:01:07YOU DON’T LOOK NATIVE TO ME

LIFE, DEATH AND EVERYTHING IN BETWEEN

12 janvier 2024/par Faitetcause

Life, Death and Everything in Between (La vie, la mort et tout le reste entre les deux) présente des photographies clés de Don McCullin. Les 140 images du livre, certaines rarement publiées ou inédites, ont été éditées par McCullin dans le cadre d’un processus de revisitation de ses archives et de réévaluation des photographies réalisées entre la fin des années 1950 et l’année dernière. Le livre ne vise à être ni une rétrospective ni une publication définitive, mais à présenter une sélection d’images appréciées par McCullin avec le recul du temps et la sagesse, résumant sa carrière prolifique, variée et continue.

Le livre s’ouvre sur les photographies documentaires de McCullin réalisées à Londres dans les années 1950, suivies de reportages réalisés sur les conflits en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Des photographies plus récentes du livre relient l’héritage de l’Empire romain en Méditerranée et les derniers paysages inédits réalisés près de son domicile dans le Somerset.

« Connu pour le regard audacieux, franc et toujours émotionnel avec lequel il a abordé les sujets les plus disparates, McCullin a produit certaines des images les plus reconnaissables sur la pauvreté, la faim et la guerre dans l’histoire de la photographie, tout en documentant le paysage, à la fois en Grande-Bretagne et à l’étranger, avec le style et la passion qui distinguent tout son travail. » – Simon Baker, directeur de la Maison Européenne de la Photographie, Paris.

Don McCullin (né en 1935) a grandi à Finsbury Park et ses premières photographies reflètent les personnes et les lieux qu’il connaissait bien. Il a commencé à prendre des photos pendant son service militaire et a ramené son appareil photo avec lui au Royaume-Uni, commençant ainsi ce qui allait être un engagement de toute une vie dans la photographie. En 1961, il se rend à Berlin au moment où le mur est installé et construit, et les photographies qu’il obtient lui valent un contrat avec le journal Observer et son premier prix de la presse. McCullin est reconnu internationalement comme l’un des plus grands photographes de guerre ayant travaillé pour de grands journaux britanniques lors de certains des conflits les plus violents de la fin du XXe siècle. Son travail au Vietnam a consolidé sa réputation de bravoure et de compassion. L’impératif moral de montrer la guerre telle qu’elle est réellement s’est poursuivi tout au long de sa carrière et de son travail au Biafra, au Bangladesh, au Liban et lors des soi-disant « troubles » de l’Irlande du Nord des années 1970. Bien qu’il ait promis de cesser de photographier les guerres et les conflits en 1979, McCullin a continué, périodiquement, à revenir à l’action, documentant la répression des Kurdes en Irak au début des années 90, la deuxième guerre en Irak en 2003 et, plus récemment encore, la Syrie. Pendant la majeure partie de sa carrière, McCullin s’est lancé dans des projets personnels, dont beaucoup se sont concentrés sur les communautés ouvrières du nord de l’Angleterre ou sur les sans-logements de Londres. Il a également entretenu des relations avec des régions du monde en dehors de sa pratique de photographe de guerre, notamment l’Inde, le sud de l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan.

McCullin réalise également des photographies de paysages depuis plus de quarante ans, développant une vision élégiaque du paysage britannique. Récemment, il s’est lancé dans ce qu’il considère comme son dernier projet épique, une étude culturelle et architecturale des vestiges de l’Empire romain dans le sud de la Méditerranée.

La publication du livre coïncide avec l’exposition Don McCullin à Rome – une rétrospective , du 10 octobre au 28 janvier au Palazzo delle Esposizioni . L’exposition est organisée par Simon Baker, directeur de la Maison Européenne de la Photographie, Paris.

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/71dbPZNq2jL._SL1150_.jpg 1150 961 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-12 00:00:492024-01-12 00:01:28LIFE, DEATH AND EVERYTHING IN BETWEEN

ERASED

11 janvier 2024/par Faitetcause

ERASED, PREMIÈRE MONOGRAPHIE DU PHOTOGRAPHE BERTRAND MEUNIER, REND COMPTE DE SES NOMBREUX VOYAGES EN CHINE ET PRÉSENTE L’ENSEMBLE DE SON ŒUVRE AU SEIN D’UN UNIQUE OUVRAGE. BERTRAND MEUNIER SERA AU BAL POUR LE LANCEMENT DE L’OUVRAGE LE JEUDI 7 SEPTEMBRE, À 19H30.

Publié par l’Atelier EXB, Erased est la première monographie dédiée à Bertrand Meunier. Membre du collectif Tendance Floue, le photographe français parcourt la Chine pendant près de vingt ans et produit un ensemble d’images documentant la croissance connue par ce pays depuis les années 2000. A travers ses nombreux voyages, Bertrand Meunier photographie en noir et blanc les changements du monde paysan et industriel chinois et dessine un paysage onirique retranscrivant sa vision des mutations de la société chinoise. Un texte de Pierre Haski, reporter et correspondant en Chine, vient éclairer l’ensemble de ce travail.


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/ERASED.png 851 605 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:59:382024-01-12 17:12:14ERASED

AUX ARMES ET CAETERA

11 janvier 2024/par Faitetcause

Parution le 6 octobre 2023

Ce livre est dédié à tous les soldats français et leurs familles.

Parler des militaires français morts ou blessés au combat n’est pas à la mode. Montrer leurs blessures psychologiques par définition invisibles est un tabou. Photographe au sein de l’Armée de 2006 à 2016 et engagé dans de multiples opérations extérieures (opex), aujourd’hui photojournaliste freelance, Jérémy Lempin rend hommage à ces anciens frères d’armes en montrant sans fard la souffrance endurée par les soldats atteints d’ESPT et les conséquences sur leur cercle familial.
Donner la parole à ceux qui en sont victimes, c’est comprendre les ressorts de ce mal insidieux, mais c’est aussi inviter les pouvoirs publics à mettre en oeuvre une meilleure prise en charge de ces blessés et à accompagner ceux qui, par leur engagement indéfectible, ont servi les valeurs de notre pays.
Entre 2010 et 2019, 2800 militaires français souffrant de blessures psychiques ont été recensés (soit 8% de l’effectif total de l’armée française déployée sur des terrains extérieurs). Ce chiffre est cinq fois plus important que le nombre de blessés physiques : sur la même période, 589 militaires ont été blessés physiquement en opérations extérieures.
En 2012, le nombre de militaires français morts par suicide était trois fois plus élevé que celui de morts au combat.

 

Le photographe & la genèse du livre

Pendant 4 ans d’enquête, Jérémy Lempin a suivi le parcours de six soldats français ou leurs épouses revenus d’opérations « grillés de l’intérieur », et recueilli leurs témoignages : aucune séquelle physique apparente mais une blessure invisible qui grignote peu à peu l’esprit, puis le corps.
En documentant leur souffrance et celle de leurs proches, il a voulu rendre hommage aux combattants qu’ils restent et mettre un visage sur des blessures aujourd’hui trop sous-estimées. Rendre visible l’invisible est l’essence même du médium photographique. Avec ce travail documentaire, Jérémy Lempin montre l’être humain dans toute sa fragilité, un thème au coeur de sa réflexion photographique.


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/Couverture-1.png 788 539 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:59:382024-01-11 23:59:47AUX ARMES ET CAETERA

LILOU

11 janvier 2024/par Faitetcause

« Lilou est le surnom que l’on a donné à mon grand frère autiste Antoine, 34 ans (…) Comme l’héroïne de Luc Besson dans Le Cinquième élément, il est quelqu’un d’exceptionnel, vivant dans un univers différent du nôtre ». Depuis cinq ans, Lucie Hodiesne Darras compose, en véritable collaboration avec son aîné, Lilou. Un projet sensible mettant en lumière un handicap encore trop stigmatisé.

 

 

« C’est dans une dynamique très positive et humaniste que je voudrais proposer un nouveau regard sur l’autisme, plein d’espoir et d’optimisme, pour une meilleure inclusion dans notre société », déclare aujourd’hui l’autrice. Et, si le protagoniste de son récit ne parle pas, n’écrit pas, ne dessine pas, à travers les clichés de sa soeur il se révèle pourtant avec une honnêteté sidérante. Toujours attentive au bien-être de son frère, Lucie Hodiesne Darras érige, au rythme de ses rituels – des rendez-vous nécessaires dans le temps et dans l’espace – un conte monochrome poétique. Un objet rappelant l’album de famille, au coeur duquel les portraits à la fois bruts et délicats se suivent pour immerger le lecteur dans son univers.

 

 

Le livre est préfacé par l’autrice et critique littéraire Minh Tran Huy: « Observant les photos de Lucie Hodiesne Darras, un étrange sentiment de familiarité me saisit. Familiarité dans la différence, et plus précisément la fréquentation intime de cette différence – son frère Lilou, mon fils Polo. Antoine et Paul qui posent sur ce(ux) qui les entoure(nt) un regard inédit, dont on ignore la signification, et suscitent pareillement des réactions de surprise, de rejet, de peur, de bonté, aussi. Sans doute sont-ils tous les deux des révélateurs de l’humanité en chacun et de notre capacité à accueillir et accepter ce qui est autre. »


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/FISHEYEEDITIONS-LILOU-LHODIESNEDARRAS-01_72dpi1920pex.png 2593 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:59:382024-01-12 00:00:23LILOU

IN THE CITY BY NIGHT

11 janvier 2024/par Faitetcause

Autodidacte, Philong Sovan a d’abord abordé la photographie sous l’angle du documentaire en se consacrant durant une année à chroniquer le quotidien des habitants d’une ancienne chapelle catholique de Phnom Penh transformée en lieu d’habitation par les orphelins auxquels elle avait été donnée après le drame Khmer Rouge. Dès ce travail, on pouvait percevoir la rigueur de ses cadrages, son extrême attention aux détails et à la lumière. Il fut d’abord photographe salarié de The Phnom Penh Post avant de constater qu’il n’était pas fait pour le photojournalisme au quotidien et que les limites de cette pratique de l’image fixe était pour lui une frustration. Il développa alors des séries personnelles et, devenu indépendant, enseigna tout en répondant à des commandes institutionnelles ou de magazines étrangers. L’essentiel était et reste son travail de recherche, qu’il développe par étapes. Il a ainsi construit un série entre documentaire et éclairages artificiels sur la chasse aux criquets qui seront commercialisés pour être consommés, une série de portraits éclairés avec l’écran, vide, de son ordinateur portable et il est en train de terminer la série « In the City by Night » dont un extrait est publié ici. « In the City by Night » est régi par un protocole simple et strict : Philong Sovan rééclaire avec le phare de sa moto ce qu’il voit et trouve dans les coins sombres des villes cambodgiennes. Il construit ainsi une série à l’éclairage singulier, en tension entre documentaire et fiction cinématographique.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/Philong-Sovan_01.png 800 800 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:58:412024-01-11 23:58:41IN THE CITY BY NIGHT

HAMÈNE-MOI

11 janvier 2024/par Faitetcause

Pour ces ados-ci, ces ados-là, vivant à Ham près de la rivière Somme, à modeste distance de Saint-Quentin (20 km) ou d’Amiens (67 km), paysages d’hiver et paysages d’été s’apparentent, jusqu’à se confondre. Ils n’en partent pas, ou peu. La belle saison se vivrait alors sans respirer, comme coincée entre quatre murs, si ce n’était quelques bienvenues fenêtres de nature, entretenues avec soin. Rives bucoliques du canal de la Somme, étang où pêcher, parc en bulle de nature, stade Lejeune. Pour le reste, la grammaire urbaine des banlieues répétitives : barres (deux) et pavillons (plusieurs).
De cet espace public (que les ados font espace commun), la photographe Laure Vouters forme un vaste dehors qu’elle agrandit, où la vie circule entre liberté et assignation. Elle s’y infiltre, s’y invite, tout en prenant soin d’effacer toute trace de son passage, se faisant bien oublier. Dès lors, les masques et les écrans du virtuel tombent, c’est en accès libre, en présence, que son jeu, tournant le dos à l’emprise des images, devient recueil sensible des visages.
À notre tour, nous nous trouvons emmenés, accompagnant, accompagnés, circulant avec elle, comme si nous étions aussi les co-auteurs d’une communauté d’existences en photographie.
Nous expérimentons alors pour nous-mêmes, dans les photographies de Laure Vouters, la vie des ados de la ville de Ham.

 

Ce livre est le fruit d’un travail de résidence. Il est principalement subventionné par le fond Européen dans un objectif de  développement de l’art en milieu rural.

Dans ce cadre, l’ouvrage a été distribué gratuitement à tous les jeunes de la commune.


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/HAMene-moi_COUV.jpg 1004 1329 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:58:412024-01-11 23:59:11HAMÈNE-MOI

HOME IS HOME

11 janvier 2024/par Faitetcause

Home is Home (All Alone) est un journal en images et une recherche au long cours. Histoires de lieux et de personnes dans des mondes différents, dans une société dans laquelle j’explore les relations, les moments privés, la solitude, les abus, l’amour, la vie nocturne, la musique et la vie des artistes. J’étudie sans cesse la relation entre certaines personnes et l’espace dans lequel ils vivent. (…) Dans mes rencontres et ma recherche désespérée d’un logement, j’ai collecté des tempêtes, des rêves et des vents légers, et parfois très froids. Cette collection d’images parle de la recherche d’une définition de l’identité et de l’inévitabilité de prendre conscience qu’en tant qu’êtres humains, nous sommes profondément interconnectés mais fondamentalement seuls.

Extrait du texte de Guido Gazzilli :
Les lieux et les personnes que j’ai rencontrés au cours de ma vie m’ont appris ce qu’est la ville refuge, refuge des sens, du chaos de l’expérience urbaine. Les pièces d’intimité où la route pénètre et se repose. L’abri de l’intimité dans la jungle de la chaleur humaine, la grande ville. Ne cherchez pas refuge ailleurs, dans l’extase de l’immensité de la nature ou dans l’ermitage imperméable où la nature est toujours une menace, mais précisément dans la ruche qui accueille et nourrit les animaux nocturnes. Dans cet éternel carrousel je montre des visages, des corps, des ombres, des profils d’une humanité peu conforme aux comportements habituels , en quête de trêve. Je le fais avec un regard privé, rigoureux et compact. Pour sortir de la solitude, tout geste paraît ridicule, mais il en vaut la peine. Là-bas, les gestes et les frénésie continuent, les pauses et les ruptures humaines. L’apocalypse peut attendre.

 

Guido Gazzilli est né à Rome en 1983. En 2006, il obtient un diplôme de l’IED de Rome en Arts Visuels. Depuis 2010, il construit une œuvre sur l’identité et les conditions de l’être humain, à travers des récits personnels et subjectifs. Il passait la plupart de son temps dans la rue, décrivant les gens et les lieux comme des journaux personnels, se concentrant souvent sur les sous-cultures des jeunes et les musiciens.

Son travail est publié dans de grands magazines dont : The New York Times, The Guardian, Der Spiegel, Internazionale, Il Sole 24 ore, El Pais, Il Manifesto, Süddeutsche Zeitung, L’Espresso. Il fait sur commande des portraits et des éditoriaux pour des magazines tels que : GQ, Vice, Rolling Stone, L’Uomo Vogue, Billboard, Smithsonian, Vanity Fair, Purple. Gazzilli il a travaillé pour plusieurs marques dont : Nike, Adidas, Fred Perry, Gucci, Fendi, Valentino.

Le travail de Gazzilli a été exposé à l’échelle internationale et a été sélectionné pour des prix internationaux et des résidences d’artistes. Il a travaillé comme assistant de Paolo Pellegrin (2010-2013). Il anime des workshops dans des académies d’art en Italie.

Guido Gazzilli vit et travaille entre Rome et la campagne, il est représenté par l’agence Contrasto.


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/9783969072dpi1920pex-2.jpg 2149 1440 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:58:412024-01-11 23:59:24HOME IS HOME

50 ANS DANS L’ŒIL DE LIBÉ

11 janvier 2024/par Faitetcause

 

C’est un demi-siècle raconté en images. L’actualité de ces dernières décennies capturée et mise en scène dans les photographies choisies par Libération. Libé va avoir 50 ans. 50 ans que le journal fondé par Serge July raconte, accompagne et bouscule son époque. De la Une affiche au portrait de dernière page, la photographie irrigue le quotidien, comme aucun autre. On retrouvera Dans 50 ans dans l’œil de Libé, reportages inédits, images de légendes, portraits commandés par le journal. Des trésors, qui nous permettent de revivre l’histoire immédiate. Comme si on y était. Les photographies exposées ont été commandées ou publiées par Libération, depuis la naissance du journal en 1973. Choisies parmi une production foisonnante, elles ont été exhumées des archives argentiques et numériques. Elles nous font vivre, ou revivre, un demi-siècle d’histoire immédiate ; de passions hexagonales, de conflits, de conquêtes politiques… Comme le film de notre mémoire, à la fois intime et collective. Une déambulation dans l’histoire, racontée à travers l’œil de Libé – de décennie en décennie, en plongeant dans chaque époque – des années 1970 à nos jours. De Sartre à Macron, de Lip aux colleuses féministes. Le style Libé s’est forgé sous l’impulsion de Christian Caujolle, dès les années 1980, avec un seul mot d’ordre : casser les codes. Utiliser les photographes à contre-emploi, mettre en avant un autre regard, une écriture singulière. Quitte, parfois, à déborder du cadre ou couper les têtes. Le journal est depuis ses débuts un véritable terrain d’expérimentations, « Un territoire immense, en perpétuelle extension » écrit Serge July. En tout, des centaines et centaines de photographes ont collaboré avec Libé. Des plus grands noms de la photographie comme Henri Cartier-Bresson, Raymond Depardon, Françoise Huguier ou William Klein, aux collectifs les plus récents, en passant par les compagnons de route du journal ; ils ont façonné une certaine idée de la photographie de presse. Ils ont couvert pour le journal les élections présidentielles comme les révoltes de la rue, les guerres, comme le festival de Cannes. Les soubresauts du monde et ce qui, parfois, en fait, la poésie. Une photographie d’auteurs, au service de l’actualité.


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/151065_couverture_Hres_0.png 1931 1500 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:57:332024-01-11 23:57:3350 ANS DANS L’ŒIL DE LIBÉ
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    Lettre d’information

      

    58 rue Quincampoix
    75004 Paris – France
    +33 (0)1 42 74 26 36
     

    En période d’exposition
    ouverture du mercredi au samedi
    de 13h30 à 18h30. Entrée libre
    M° Rambuteau – Les Halles

    Pour Que l’Esprit Vive

    Association loi 1901 reconnue d’utilité publique

    Siège social :
    20 rue Lalande
    75014 Paris – France
    T. 33(0)1 81 80 03 66
    www.pqev.org
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