• Expositions
  • Galerie
  • Bibliothèque
  • Menu Menu
Fait & Cause, Photographie Militante
Patrick BROWN

CRIME CONTRE L’ANIMALITÉ

13 novembre 2023/par Faitetcause

« Pendant des années, j’ai parcouru l’Asie pour documenter l’impact dévastateur du trafic d’espèces sauvages. J’ai été témoin de la façon dont les espèces les plus rares de notre planète sont chassées, piégées et abattues pour alimenter un marché noir mondial. Enquêter sur le commerce dans ses profondeurs est une histoire choquante de cruauté, de crime et de cupidité humaine. Ses tentacules s’étendent dans le monde entier, des forêts reculées d’Asie aux centres de trafic de Pékin, Bangkok, Londres, Tokyo et New York.

Malheureusement, un long chemin reste encore à parcourir car ce commerce est florissant. Néanmoins, une riposte politique coordonnée s’organise enfin : un mouvement mondial extraordinaire rassemble des personnes de tous horizons dans le but de sauver les espèces animales les plus menacées avant qu’il ne soit trop tard. J’espère que ces efforts ne seront pas vains. »

Patrick Brown

 

Depuis plus de vingt ans l’association Pour Que l’Esprit Vive avec la Galerie FAIT & CAUSE se consacre aux problématiques sociales et environnementales dans le but de favoriser une prise de concience pour sensibiliser l’opinion publique et faire évoluer les mentalités.

Aussi nous ne pouvons pas exclure de nos combats celui en faveur des animaux. C’est pourquoi nous présentons l’exposition CRIME CONTRE L’ANIMALITÉ. Pour proclamer le devoir de justice à l’égard de « ceux » qui ne peuvent pas se défendre (des hommes) et dont l’existence est de plus en plus menacée ! Il faut le dire et le répéter : c’est une véritable honte pour l’humanité qu’au XXIème siècle ces êtres sensibles (comme nous) les animaux, puissent continuer à être pris pour de simples marchandises, utilisées afin de satisfaire nos caprices, notre cupidité, nos lubies et nos fantasmes ! Rien ne justifie la maltraitance, les souffrances et les cruautés auxquelles ils sont soumis.

Nous sommes donc très heureux de pouvoir montrer l’excellent travail « Trading to extinction » du photojournaliste autralien Patrick Brown qui dénonce un des aspects les plus barbares de la criminalité contre les animaux. Puissions-nous, avec cette exposition, faire avancer la cause animale !

Christian Predovic

 

Asie 1999 – 2012

Des jungles vierges du Cambodge aux grands parcs nationaux de l’Inde et du Népal, la faune asiatique est pillée à une échelle sans précédent. Chaque année, on estime qu’environ 30 000 primates, 5 millions d’oiseaux, 10 millions de peaux de reptiles et 500 millions de poissons tropicaux sont commercialisés.

Depuis plus d’une décennie, Patrick Brown a suivi la filière illégale du trafic d’animaux menacés en Asie, photographiant ses marchands, ses stocks, ses itinéraires et ses marchés. Il s’agit d’une industrie de contrebande massive, où souvent seuls les braconniers sont dénoncés alors qu’ils ne sont que la partie émergée d’un commerce illégal, complexe et très rentable.

Selon d’anciennes coutumes, certaines parties animales sont dotées de propriétés « magiques ». Des personnes croient, par exemple, que manger la chair d’un tigre les rendra plus fortes.

Les cornes de rhinocéros n’ont aucune vertu médicinale, mais les mythes quant à leurs effets bénéfiques pour la santé ainsi que leur propriété aphrodisiaque ont décuplé leur valeur jusqu’à dépasser celle de l’or.

Le poids de ce marché est impossible à déterminer, mais les experts estiment qu’il avoisinerait les 10 milliards de dollars par an. En Inde, un braconnier qui tue un rhinocéros pour en prélever la corne reçoit 350 $. Cette dernière se vend 1 000 $ dans un bourg voisin. Lorsqu’elle atteint Hong Kong, Pékin ou le Moyen-Orient, elle vaut 370 000 $. Les os de tigre quant à eux valent jusqu’à 700 $ le kilo.

Le commerce mondial et illégal d’espèces sauvages a doublé depuis les années 1990, les preuves sont accablantes : plus de 100 millions de requins sont tués chaque année, il y a plus de tigres bengalais au Texas que dans la baie du Bengale et on observe même une mutation de l’espèce chez les éléphants qui, en réaction au braconnage, ont des défenses plus courtes ou même naissent sans défenses.

 

Patrick Brown est lauréat du prix 3P Photographer Award, du prix World Press Photo, du prix Days Japan, du prix Picture of the Year, du prix New York Photographic Book et du prix NPPA’s Best of Photojournalism pour son travail sur le trafic d’animaux. Ses travaux ont été exposés dans des galeries et musées prestigieux, dont le Centre International de la Photographie à New York, le Musée métropolitain de la photographie à Tokyo et au festival, Visa pour l’image en France. Ses photographies ont fait l’objet de nombreuses publications dans la presse internationale : The New Yorker, TIME, Newsweek, Vanity Fair, National Geographic, Mother Jones, Stern Magazine, Der Spiegel Magazine, Marie Claire, New York Times, Aperture, GEO Germany, International Herald Tribune…

Représenté par Panos Pictures depuis 2003, Patrick Brown poursuit son travail sur les questions sociales, souvent délaissées par les médias traditionnels actuels.

 


 

« For years I have travelled throughout Asia to highlight the devastating impact of illegal trading of wild animals. I saw how the rarest species are hunted, trapped and killed to feed a worldwide black market. Researching this sort of trade reveals a shocking story of cruelty, crime and human greed. Its tentacles reach far throughout the world, from the most secluded forests of Asia to the black market hubs of Beijing, Bangkok, Londres, Tokyo and New York.
Unfortunately, there is still a lot of work to do because it is a booming business. However a coordinated political ripost is at last starting to take form : an extraordinary worldwide movement is bringing together people from diverse backgrounds with the aim of saving the most threatened species before it is too late. I hope that their efforts will not be in vain. »

Patrick Brown

 

The association Pour Que l’Esprit Vive, along with the FAIT & CAUSE gallery and the SOPHOT website, has been dedicated to social and environmental problems for the past twenty years with the aim of alerting public opinion and thus changing mentalities.
But we also work in favour of the defense of animals, and it is for this reason that we are showing the « Trading to extinction » exhibition. We want to proclaim the right to justice of those who cannot defend themselves (from human beings) and whose existence is increasingly threatened !
It must be said out loud and indeed repeated : it is a veritable shame for humanity that in the 21st century these sensitive beings (just like us) can continue to be treated as simple merchandise, used to satisfy passing whims, greed, lubies and fantasies !
Nothing can justify the mistreatment, suffering and cruelty to which they are subjected.

We are therefore delighted to be able to show Patrick Brown’s work which highlights one of the most barbarous aspects of crimes against animals. With this exhibition we hope to defend the cause of our animal friends !

Christian Predovic

TRADING TO EXTINCTION
Asia 1999 – 2012

From the virgin forests of Cambodia to the big national parks in India and Nepal, pillaging of Asian wildlife is being practiced on a scale heretofore unknown. It is estimated that around 30.000 primates, 5 million birds, 10 million snakeskins and 500 tropical fish are traded every year.
For more than a decade, Patrick Brown has been following the illegal trade in Asia of animals threatened by extinction, photographing its traders, stocks, trading routes and markets. It is a massive industry of contreband, in which it is oftern only the poachers who are caught, even though they represent the tip of the iceberg of an illegal, complex and very profitable trading system.
According to ancient customs, certain animal parts are thought to have « magical » properties. For instance some people believe that eating tiger meat will make them stronger.
Rhinoceros horns have no medical virtues, but myths about their beneficial effects to health and their supposed aphrodisiac properties have driven their value up above that of gold.
It is impossible to determine the size of the market, but experts suggest that it comes to around 10 billion dollars a year. In India, a poacher who kills a rhinoceros for its horn will be paid around 350USD. The horn will be resold in the next town for around 1000USD but once it gets to Hong Kong, Beijing or the Middle East, it will be worth 370.000 USD. A kilo of tiger bones sells for as much as 700USD.
Worldwide illegal trade of wild animals has doubled since the nineties and the proof is all around : more than 100 million sharks are killed every year, there are more Bengal tigers in Texas than in the Bay of Bengal and elephants are starting to evolve with shorter tusks – or no tusks at all – as a reaction to poaching.

Patrick Brown is a laureate of the 3P Photographer Award, the World Press Photo Award, the Days Japan award, the Picture of the Year prize, the New York Photographic Book award and the NPPA Best of Photojournalism for his work on the subject of animal smuggling. His work has been shown in prestigious galleries and museums, such as the International Centre of Photography in New York, the Tokyo Metropolitan Museum of Photography and in the Visa pour l’image festival in France. His photographs have been published in the international press : The New Yorker, TIME, Newsweek, Vanity Fair, National Geographic, Mother Jones, Stern Magazine, Der Spiegel Magazine, Marie Claire, New York Times, Aperture, GEO Germany, International Herald Tribune…
Represented by Panos Pictures since 2003, Patrick Brown continues to work on social themes, often ignored in today’s mainstream media.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto-P.Brown72L1920px-1.jpg 1379 1918 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:20:392026-01-15 11:39:34CRIME CONTRE L’ANIMALITÉ
Gilles NICOLET

SIX DEGRÉS SUD

13 novembre 2023/par Faitetcause

La Côte Swahilie, 2017

Six degrés sud, c’est la latitude de l’archipel de Zanzibar et le centre géographique exact de la Côte Swahilie. Née au Xème siècle des échanges commerciaux avec les mondes arabe et persan, l’Inde, et la Chine, la Côte Swahilie définit autant une réalité linguistique et culturelle que physique. Les traditions de marine anciennes de cette région, ainsi que les liens très forts qui unissent ses habitants à la mer, sont donc inséparables de ses traditions culturelles et religieuses, et de l’Islam en particulier.

Le travail présenté ici s’intéresse au devenir de ces communautés côtières d’Afrique de l’Est, dont l’avenir semble aujourd’hui compromis. En effet, on constate partout dans cette région un effondrement dramatique des stocks de poissons, ainsi que des modifications du milieu dues au changement climatique. De méthodes de pêche traditionnelles qui avaient un impact limité sur l’environnement, on est passé en moins de vingt ans à une pêche industrielle pratiquée par des flottilles de navires usines étrangers. La pêche à la dynamite fait également des ravages, détruisant sans discrimination poissons et récifs coralliens. De grands projets énergétiques ou industriels, tels la construction d’un barrage hydroélectrique en amont du détroit de la Rufiji ou la construction de gigantesques terminaux portuaires au Kenya et en Tanzanie, menacent cette côte autrefois si riche.

Il est donc fort probable que dans les prochaines décennies les populations côtières les plus démunies seront contraintes de quitter ces rivages pour aller grossir les bidonvilles des grandes cités, avec comme corollaire la disparition des traditions millénaires qu’ils sont les seuls à encore maîtriser.

Les menaces qui pèsent sur ces populations et sur leur savoir-faire me font donc envisager ce travail photographique comme un véritable travail de mémoire. En parcourant pendant deux ans la région pour ce projet, c’est d’une culture charnière bien définie mais sur le point de disparaître dont j’ai voulu rendre compte.

 

Gilles Nicolet a passé les 35 dernières années, en Afrique parcourant le continent de long en large, de la Somalie au Sénégal et de l’Afrique du Sud à l’Algérie.
Agronome de formation, il a exercé en Somalie et en Afrique de l’Ouest avant de s’engager dans sa double passion des voyages et de la photographie. Très vite reconnu, il réalise de nombreux reportages pour des magazines de renom tels que Géo, le Sunday Times, Paris-Match ou le National Geographic.
Il y a dix ans, suite à un incident professionnel, il arrête complètement la photographie pour s’établir dans certaines des plus grandes réserves animalières de Tanzanie.

Ce projet sur la Côte Swahilie signe son retour à la photographie.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto-2019-G.Nicolet.jpg 1688 2364 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:20:392026-03-27 13:58:09SIX DEGRÉS SUD

BHOPAL, DES SARIS POUR MÉMOIRE

13 novembre 2023/par Faitetcause

Bhopal leur colle à la peau. Fallait-il déposer devant elles ces saris imprimés de coupures de presse racontant cette nuit de décembre 1984 où un gaz mortel s’est échappé de l’usine chimique Union Carbide et s’est insinué partout dans la ville, d’imageries médicales où l’on devine les ravages silencieux qui finissent par exploser et laissent les corps épuisés, du squelette de l’usine comme une statue figée qui rappelle que la page n’est pas tournée, de ces vues des alentours, là où, défiant l’impensable, les familles vont pique-niquer comme si de rien n’était ? Elles les ont dépliés, se les sont appropriés, s’en sont drapées et m’ont regardée ou ont préféré m’offrir leur dos, juste leur silhouette comme une image figée.
J’ai photographié la ville, les intérieurs des maisons où la vie a continué parce qu’il le fallait bien, les soins patients dans ces cliniques où l’on tente de réparer ce qui peut l’être ou tout au moins soulager la douleur quand il ne reste que cela à faire. Je suis retournée dans ce qui reste de l’usine. J’ai fouillé les archives, retrouvé les lettres d’alerte, avant que Bhopal ne bascule, ces missives qui n’ont servi à rien, j’ai entendu des cris de colère et des silences résignés. J’ai pris le temps. Et j’ai aimé ces femmes debout. Elles sont dignes et belles.
Elles ont accepté mon étrange idée. Les faire poser dans ces saris imprimés. Elles ont accepté que Bhopal leur colle encore un peu plus à la peau. Certaines sont des combattantes inlassables. Elles réclament réparation pour les 3 500 morts directs de la nuit de la catastrophe et les 200 000 malades qui se sont ajoutés au fil des années. Elles descendent dans la rue pour réclamer aux autorités qu’elles nettoient le site qui continuent de polluer. Elles souffrent, aussi, mais n’en disent pas grand-chose parce qu’il faut bien aller de l’avant, malgré l’empreinte du temps, les souffrances physiques, la peau qui part en lambeaux, le souffle court, les yeux qui s’épuisent. Certaines sont directement touchées, d’autres le vivent par leur entourage interposé. Leur dignité m’a émue. Elles restent femmes et c’est aussi ce que disent ces broderies de couleur qui bordent les saris, comme un pied de nez délicat à la violence qui s’impose à elles et aux leurs. Même dans les intérieurs les plus modestes, j’ai vu cette délicatesse qui est aussi une lutte silencieuse. J’aurais pu les faire poser chez elles mais j’ai voulu que ces mouvements de drapés et ces regards forts et doux à la fois s’imposent à nous et se détachent sur ces images qui nous rappellent ce qu’a été Bhopal et ce qu’est aujourd’hui cette ville indienne dont le nom est définitivement lié à une catastrophe chimique qui aurait pu être évitée.
Alors oui, il me fallait déposer devant elles ces saris. Elles les portent comme un défi et j’aime qu’elles soient belles de ce combat.

 

Graphiste de formation, Isabeau de Rouffignac a longtemps travaillé en agence, puis en indépendante, découvrant la photographie au début des années 2000. C’est une révélation, et bientôt une évidence. Depuis, elle photographie les univers lointains ou proches, entre approche documentaire et démarche résolument artistique. Une ligne de conduite, comme un fil qui traverse ses travaux et leur donne leur cohérence : approcher l’autre, l’apprivoiser, prendre le temps, apprendre sa langue, se faire oublier.

Depuis quelques années, elle se consacre entièrement à la photographie et explore la complexité d’autres cultures sur lesquelles elle porte un regard très personnel, toujours curieux, et fondamentalement empathique. C’est ainsi qu’elle a suivi, dans ses tournées aux confins du désert, un facteur indien, découvert la médecine traditionnelle akha en Thaïlande, remonté les traces du génocide des Khmers rouges au Cambodge, documenté les populations akhas.

Il y a, chez Isabeau de Rouffignac, une révolte sourde qui emprunte la photographie pour dire le sort des plus fragiles. Son dernier travail, à Bhopal en Inde, sur les traces de la pire catastrophe chimique que le monde ait connu, est aussi un plaidoyer pour celles et ceux, souvent sans voix, qui luttent toujours pour faire reconnaître leurs droits.

Isabeau de rouffignac a intégré le studio Hans Lucas en novembre 2018.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto-2019-I.de-Rouffignac2-vdef.jpg 1690 2359 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:20:392025-11-19 17:29:01BHOPAL, DES SARIS POUR MÉMOIRE

FILETS OBSCURS

13 novembre 2023/par Faitetcause

Neuf semaines de reportage sur la surpêche industrielle en Afrique de l’Ouest à bord de l’Esperanza de Greenpeace…

Missionné, en tant que photographe, par l’organisation internationale de défense de l’environnement Greenpeace, j’ai suivi en 2017 sa campagne « Espoir » en Afrique de l’Ouest. Un périple hauturier entre Cap-Vert, Sierra Leone, Mauritanie, Sénégal, Guinée-Bissau et Guinée Conakry.

Les pays précités ne disposant pas des moyens nécessaires, les espaces marins que nous avons sillonnés sont rarement surveillés. Pour ce faire, Greenpeace a mis à la disposition d’une dizaine d’inspecteurs des pêches mandatés par leurs gouvernements, un dispositif logistique pour leur permettre de contrôler les navires présents dans les ZEE (Zones Economiques Exclusives) qui s’étendent sur 320 km au large des côtes des états souverains. Un hélicoptère permettait de mieux localiser les navires dispersés sur d’immenses territoires et une fois les bateaux repérés, nous les abordions en canots pneumatiques après nous en être rapprochés avec l’Esperanza.

Dans ce contexte, j’ai participé, en tant que photographe-observateur, à tous les vols effectués, soit 21 patrouilles aériennes et j’ai accompagné les inspecteurs à bord de 37 chalutiers de toutes nationalités pour photographier les procédures de contrôles.

Onze bâtiments ont été arraisonnés en flagrant délit d’infractions graves et renvoyés au port, soit 30 % de contrevenants aux codes des pêches, un taux alarmant qui confirme les suspicions de pillage des ressources sur fond de corruption décomplexée.

Les industriels de la pêche disposent aujourd’hui des moyens suffisants pour vider les océans. Partout, les tricheurs sont à l’affût pour mieux servir leurs intérêts à court terme, quitte à voler les ressources halieutiques de populations qui figurent parmi les plus pauvres au monde et à anéantir leur mode de pêche artisanale.

Sur les ponts, nous avons entendu la clameur de l’interminable agonie de milliers d’animaux marins arrachés à leur biotope avec une violence mécanique inouïe… Nous avons assisté à l’immense gaspillage des poissons   « morts pour rien », ces prises dites « accessoires », non commercialisables sur les marchés visés qui sont rejetées à la mer.

Cette maltraitance animale et environnementale s’inscrit – comme si cela ne suffisait pas – dans un contexte d’exploitation humaine et où les poissons ne sont pas les seuls menacés… Sur de nombreux bateaux, nous avons rencontré des équipages travaillant dans des conditions d’hygiène et de sécurité indignes de notre siècle.

Lors de cet intense reportage, j’ai eu le privilège de vivre des moments de proximité exceptionnelle avec un monde peu connu, car généralement inaccessible derrière l’horizon. J’ose espérer que mes photos en rendent compte…

Pierre Gleizes

 


DARK NETS

Nine weeks reporting on the subject of industrial overfishing in West Africa, on board the Greenpeace boat Esperanza…..

The international organization for the defense of the environment, Greenpeace, commissioned me as photographer to follow their operation “Hope” in West Africa in 2017. An odyssey on the high seas between Cape Verde, Sierra Leone, Mauritania, Senegal, Guinea-Bissau and Guinea Conakry.
As these countries lack the necessary resources, the marine zones that we covered are rarely patrolled. For this operation, Greenpeace provided logistical support for a dozen fisheries inspectors, mandated by their respective governments, to allow them to control ships present in the Exclusive Economic Zones that extend 320km off the coast of the countries concerned. A helicopter combed the vast area of the operation to localize the ships, which we then approached using inflatable boats launched from the Esperanza.
In my role as photographer-observer, I participated in all the 21 patrol flights and I accompanied the inspectors on board 37 trawlers of various nationalities to photograph the proceedings of the controls.
Eleven ships were detained and redirected to port, caught in the act of committing serious offences. This alarming offender rate of 30% confirmed the suspicions of pillage of resources in a context of blatant and uninhibited corruption.
Industrial fishing organizations are now sufficiently well equipped to empty the oceans. Everywhere there are those who cheat to serve their own short-term interests, even if that means stealing resources from the world’s poorest populations and eliminating their traditional ways of fishing.

On the numerous decks that we visited, we could hear the sounds of the never-ending agony of thousands of marine creatures torn away from their natural habitat with unheard-of mechanical violence…. We witnessed the terrible waste of fish, “collateral damage”, killed for nothing because they were of no value in the markets that the ship owners worked in.

As if that was not enough, this abuse of animals and of the environment goes on in a context of human exploitation where not only the fish are menaced…. Health and safety conditions on many boats were from another age.
During this intense operation, I had the privilege to live some exceptional moments close to a world of which few people are aware, hidden as it is beyond the horizon. I hope that my photographs convey something of that world…

Pierre Gleizes

 


 

REDES OSCURAS

Nueve semanas de reportaje fotográfico sobre la pesca industrial en África occidental a bordo del barco Esperanza, de Greenpeace …

Encomendado por la organización internacional del medioambiente Greenpeace, he seguido como fotógrafo su campaña  »Espoir » (Esperanza) en África Occidental, en 2017. Un viaje en alta mar entre Cabo Verde, Sierra Leona, Mauritania, Senegal, Guinea-Bissau y Guinea Conakry.
Los países mencionados no cuentan con los medios necesarios de vigilancia, por lo cual, las áreas marinas que hemos atravesado son muy raras veces controladas. Con este objetivo, Greenpeace ha puesto a disposición una docena de inspectores de pesca comisionados por sus gobiernos respectivos, con un dispositivo logístico que les permita controlar los buques presentes en sus aguas territoriales, las ZEE (zonas económicas exclusivas) que se extienden a lo largo de 320 km frente a la costa de estos estados soberanos. Un helicóptero facilitó la localización de los barcos dispersos en estos inmensos territorios marítimos y una vez ubicados, nos acercabamos a ellos en el Esperanza para abordarlos luego en botes neumáticos.

Es como fotógrafo que pude observar todos los fraudes realizados en este contexto, participando a 21 patrullas aéreas y acompañando a los inspectores a bordo de 37 barcos de pesca (arrastreros) de todas las nacionalidades, para poder así fotografiar los procedimientos de control.
Once embarcaciones fueron arrestadas por delitos graves y enviadas al puerto, es decir 30% de los infractores de los códigos de pesca. Un promedio alarmante que confirma la sospecha del saqueo de recursos en un entorno de corrupción desinhibida.
La industria pesquera dispone hoy de medios suficientes para vaciar los océanos. En todas partes, los bandidos de la pesca permanecen al asecho para servir mejor sus intereses, inclusive para robar los recursos pesqueros de las poblaciones más pobres del mundo y aniquilar así su modo de pesca artesanal. Lo cual genera problemas sociales y económicos graves.

Sobre las cubiertas de los barcos, hemos escuchado el clamor de la interminable agonía de miles de animales marinos arrebatados de su medio natural, con una violencia mecánica increíble … Y hemos sido testigos del enorme desperdicio de peces  »muertos por nada », estas capturas llamadas  »accesorias », no son comercializables en los mercados y son tiradas al mar como desechos.
Este maltrato animal y ambiental se desarrolla, como si no fuese suficiente, en un contexto de explotación humana, donde los peces no son los únicos amenazados … En muchos barcos, hemos encontrado tripulaciones trabajando en condiciones de salud y de seguridad indignas de nuestro siglo.

Durante este intenso reportaje, tuve el privilegio de experimentar momentos de proximidad excepcional con un mundo poco conocido, ya que generalmente inaccesible detrás del horizonte. Espero que mis fotografías contribuyan a la toma de conciencia de esta realidad …

Pierre Gleizes

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/BD6.jpg 1282 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:20:392026-01-05 15:33:32FILETS OBSCURS

FACE À LA GUERRE, FACE AUX VICTIMES

13 novembre 2023/par Faitetcause

Le Visa d’Or humanitaire

En 2011, en partenariat avec le Festival international du photojournalisme de Perpignan, Visa pour l’Image, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) crée son prix : Le Visa d’Or humanitaire.

Dotée de 8000 euros cette distinction s’adresse à des photographes professionnels travaillant en zones de conflits armés.

Si « une photo vaut mieux qu’un long discours », alors celles primées par le jury du CICR, décrivent la guerre sous sa principale et tragique conséquence : les victimes.

Quant au long discours, il demeure celui du droit ou plutôt de sa violation tant la plupart des images montrent des victimes qui ne devraient pas l’être.

Le travail des 9 photographes primés à ce jour rappelle en creux que ceux qui ne se battent plus, combattants blessés ou capturés, ceux qui ne se battent pas, les civils, sont protégés par le droit international humanitaire fondé essentiellement sur les Conventions de Genève de 1949.

196 Etats adhèrent à ces textes. Ils se sont engagés à les « respecter » et à les « faire respecter ».

 

Dans « Face à la guerre, face aux victimes », Catalina Martin-Chico, Mani, Sebastiano Tomada, William Daniels, Diana Zeyneb Alhindawi, Juan Arredondo, Angela Ponce-Romero, Véronique de Viguerie et Abdulmonam Eassa livrent un point de vue, souvent cru mais toujours empreint d’humanité et d’indignation.

Signe des temps, un nombre croissant de photojournalistes couvrent un conflit ou une situation de violence frappant leur propre pays faisant d’eux à la fois des témoins et des victimes. C’est le cas pour un tiers des lauréats du Visa d’Or humanitaire.

Depuis 2011, trois thématiques ont été proposées aux candidats :

– le respect de la mission de secours en temps de conflit armé (2011-2014),

– les femmes dans la guerre (2015-2017),

– le sort de la population civile dans les villes livrées aux combats (2018-2019).

« Face à la guerre, face aux victimes » propose un aperçu de ces travaux élus parmi les 300 reçus par le comité de sélection en 9 ans.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Invit.-CICR-70-ans-Recto.jpg 925 1400 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:20:392026-02-05 15:33:33FACE À LA GUERRE, FACE AUX VICTIMES

« ULYSSES »

13 novembre 2023/par Faitetcause

Ces hommes pouvaient être des cousins, des amis du bled ou des collègues de mon père.

Enfant, ils faisaient partie intégrante de mon environnement familial. Mes parents les accueillaient régulièrement chez nous. C’était un soutien inestimable envers leurs compatriotes : les « zoufris » (ouvriers) qui contrairement à eux subissaient de plein fouet la solitude de l’exil. Je me souviens que leurs corps et l’expression de leurs visages exprimaient toute l’austérité d’un quotidien, enchaînés à la cadence d’une usine où d’un chantier. Ils se transformaient au contact de notre foyer animé de bruits d’enfants. Détendus, avec un thé chaud à la menthe, assis autour de la table du salon, ils faisaient d’interminables parties de dominos. Dans cette ambiance chaleureuse, ils échangeaient leurs expériences, se soutenaient, se conseillaient. Ils parlaient le dialecte algérien, langue que nous, enfants, ne comprenions pas. Parfois, un mot ou une expression française s’échappaient de leurs échanges, ponctués de vifs éclats de rire, on devinait au son de leurs voix et à l’expressivité de leur gestuelle qu’ils évoquaient leur condition de vie en France ou le manque du pays et de la famille. Pendant ce temps, ma mère préparait solennellement le couscous pour le dîner. En fond sonore, une chanson d’Oum Khalthoum accompagnait ces moments nostalgiques où un indescriptible vague à l’âme vous transperçait le cœur.

Ces hommes ont immigré en France pendant les «30 Glorieuses», alors que les entreprises industrielles françaises en manque de main-d’œuvre faisaient appel à ces natifs du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne.

Ces jeunes travailleurs représentaient une main-d’œuvre abondante, peu coûteuse et laborieuse venue en majorité des régions rurales.

Adulte, je voyais leur discrète silhouette dans l’espace public, ils avaient atteint l’âge de la retraite et restaient invisibles et coupés d’une société qu’ils avaient pourtant contribué à bâtir et à développer.

Rappelons-nous les réveils amers des décennies 80 et 90, marquées par l’émergence des luttes immigrées et des revendications des jeunes issus de l’immigration comme « La Marche pour l’Egalité et Contre le Racisme » et du mouvement associatif émergeant.

Rappelons-nous en 1999, l’euphorie nationale due à la finale de la Coupe du Monde de Football de 1998 remportée par Zinedine Zidane et son équipe, et l’avant 11 septembre 2001.

C’est alors que je décidai d’initier ce travail photographique, comme le fil d’une quête identitaire qui durera presque 20 ans.

En parcourant la ville de Marseille, je m’arrêtais souvent dans le quartier de Belsunce, attirée par l’ambiance du « Marché aux Voleurs » installé clandestinement sur la place d’Aix, où des biffins vendaient à même le sol toutes sortes de petites marchandises.

La place était spécialement appréciée des « chibanis » (les anciens) qui venaient tuer le temps.

La majorité d’entre eux déambulait à travers les étalages comme dans un musée, d’autres restaient assis aux alentours, observant l’animation sous les rayons du soleil, d’autres encore dans le besoin, vendaient avec dignité des bricoles à quelques centimes.

De là, est née cette envie irrépressible de les photographier.

Pour compléter les portraits, il me semblait nécessaire de recueillir leur parole : leurs personnalités suscitaient ma curiosité sur ce qu’ils avaient pu vivre en qualité d’hommes en terre étrangère dont les mœurs et les coutumes étaient différentes de leur pays d’origine.

Je voulais connaître leurs expériences de vie et recueillir leurs témoignages, tout en sachant que la majorité d’entre eux étaient analphabètes et issus d’un milieu paysan.

Nombreux sont ceux dont l’Odyssée commence dans la cité Phocéenne, passage obligé et lieu symbolique de l’histoire migratoire. Certains y resteront, d’autres partiront vers d’autres villes industrielles ou minières gagner leur pain à la force de leur bras et de leur courage.

À travers « ces Ulysses », il m’est permis de graver la mémoire de nos aînés et ainsi rendre hommage à ces hommes et à toutes les vagues migratoires qui ont marqué et marquent encore l’histoire de ce pays dans toute sa diversité.

Leïla Bousnina


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Hotel-du-125-Belleville-2005.jpg 1273 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:20:392025-10-08 12:11:00« ULYSSES »

DEVENIR « MÈRE ADO »

13 novembre 2023/par Faitetcause

2014 / 2015 Elles sont 5000* mères adolescentes en France, âgées de 14 à 18 ans. Toutes ont choisi de garder leur bébé, parfois issu d’une grossesse non désirée. Un choix difficile, à contre-courant de notre société. Ces jeunes femmes ont arrêté leurs études pour construire une nouvelle vie, partagées entre les tourments de leur adolescence et le bonheur de devenir mère.

C’est dans la région Nord-Pas-de-Calais que l’on en recense le plus grand nombre. Au sud, à la frontière belge, en Thiérache, certaines villes comme Fourmies portent le surnom de Ville Poussette.

En 2013, le planning familial a dû ouvrir une antenne dans la petite ville de 13 000 habitants afin de permettre à la jeunesse de s’informer sur la sexualité, la contraception, l’émancipation des femmes et les démarches possibles en cas de grossesse.
Les acteurs sociaux qui multiplient les interventions dans les collèges et les lycées, sont à l’écoute des adolescents et leur apportent soutien et réponses.
Après une longue période de prospérité, la Thiérache, géographiquement enclavée, est aujourd’hui fortement touchée par le chômage. La crise, dès les années soixante, a entraîné la fermeture des sites industriels et épuisé les petites entreprises. Les possibilités d’études sont limitées au certificat d’aptitude professionnelle (C.A.P.) et au brevet d’études professionnelles (B.E.P). Les débouchés professionnels sont insuffisants. Difficile pour les adolescents de la région de se projeter dans l’avenir.

Ainsi, pour ces mères précoces, avoir un enfant devient un projet de vie. Accompagnées ou non du père, aucune ne regrette sa décision. En France, une mineure a le droit légal de garder son enfant, même si le géniteur ou sa famille s’y opposent. Au début de la grossesse, l’adolescente passe souvent par une période de conflit avec ses parents, partagés entre incompréhension et inquiétude. Au fil du temps, le foyer familial redevient présent et des liens encore plus forts se créent surtout entre l’adolescente et sa mère.
Toutefois, à l’extérieur, dans une société où l’âge moyen pour avoir un premier enfant est de 30 ans, les regards sont encore pesants.

Je suis allée à la rencontre de quatre d’entre elles : Amélie, Stacy, Laurine et Mélissa.
Malgré des destins différents, une même volonté les anime : celle de devenir une bonne « mère-ado ».

* Recensement pour l’année 2014. INJEP
Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, Paris

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/2018-09-14-2.png 807 1135 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:11:242024-07-26 10:34:22DEVENIR « MÈRE ADO »

OBJECTIF VIEILLESSE

13 novembre 2023/par Faitetcause

 « Les petits frères » et la photographie

L’Association les petits frères des Pauvres a eu recours à la photographie comme moyen de communication à la fois institutionnel et militant dès les années 1980 avec le projet d’une grande exposition sur l’image de la vieillesse conçu dans la perspective du 40ème anniversaire de sa fondation.
L’association fait ainsi partie des premières organisations humanitaires qui, en France, ont perçu la place que la photo était en train de prendre comme art majeur dans notre société.
C’est à partir de cette époque en effet qu’a explosé le nombre des événements proprement photographiques (expositions,  salons, rétrospectives, festivals et prix), que sont apparus les institutions publiques et privées spécifiques (centres, fondations, fonds) et les lieux spécialisés (galeries, centres, espaces muséographiques), que se sont développées les publications (livres et revues) et la marchandisation de la photo (posters, cartes postales, produits dérivés…).
C’est à partir de cette époque également que les photographes ont acquis un statut et une notoriété comparables à ceux des autres artistes et qu’est né un véritable marché lucratif et spéculatif de la photographie.
Le projet de cette exposition (conduit en collaboration avec le photographe Jean-Marc Vantournhoudt) est à l’origine de deux rencontres essentielles : d’une part celle de Martine Franck (de l’Agence Magnum), qui s’est immédiatement proposée pour réaliser un reportage sur l’action de l’Association et, d’autre part, celle de Robert Delpire (alors directeur du Centre National de la Photographie qu’il venait de créer).
L’exposition constituée de plus de cent-cinquante images de photographes du XXème siècle a été présentée au Palais de Tokyo à Paris puis a circulé en France et dans plusieurs pays (notamment au Canada à l’occasion de l’ouverture du Musée de la civilisation de Québec).
Elle a donné lieu à l’édition d’un catalogue intitulé Un si grand âge, préfacé par Danielle Sallenave.
Le reportage de Martine Franck a, lui aussi, fait l’objet d’une exposition et d’un livre, De temps en temps, préfacé par Claude Roy. Il reste un modèle de ce qui peut être fait – par un photographe – pour une association.

Robert Delpire a proposé ensuite de réaliser un Agenda des petits frères réunissant chaque année des photos consacrées à des thèmes différents.
Ont ainsi été publiés entre 1989 et 2002 quatorze agendas (sur les animaux, les fleurs, la musique, le sport, …) avec des images de photographes aussi prestigieux et mondialement connus que Cartier-Bresson, Doisneau, Erwitt, Penn, Riboud…
Cette série des Agendas des petits frères a contribué à donner une image nouvelle de l’Association auprès de publics qu’elle ne touchait pas jusque-là (notamment des entreprises).
Parallèlement à la publication de ces Agendas et en reprenant certaines de leurs photos, l’Association a créé des séries de posters et de tee-shirts destinés à la clientèle des jeunes.
En raison de la qualité de leurs images et de leur édition, ces quatorze Agendas des petits frères (totalisant plus de 700 visuels) constituent aujourd’hui l’une des plus belles anthologies thématiques photographiques existante.

À la même époque, l’Association a développé l’ambitieux projet d’une série de reportages sur la pauvreté en Europe à la fin du XXème siècle. Ceci à nouveau avec la collaboration de Jean-Marc Vantournhoudt. Plus de quinze photographes ont participé à sa réalisation (parmi lesquels Jean-Louis Courtinat, Luc Delahaye, Martine Franck, Milomir Kovacevik, Sarah Moon, Sebastião Salgado, …). Cet ensemble de reportages a fait l’objet d’une exposition à l’Hôtel-de-Ville de Paris (qui a été la première exposition photographique dans ce lieu) puis à Barcelone ainsi que d’un livre intitulé Pauvres de nous.

Outre ces projets institutionnels, l’Association a, depuis les années 1980, aidé un certain nombre de photographes à réaliser des travaux personnels sur la vieillesse et la pauvreté.

La représentation des personnes âgées dans la photographie a beaucoup changé au cours de ces trois décennies. Jusque là elle répondait le plus souvent à des stéréotypes anciens : certains inspirés par la littérature du XIXème siècle (Hugo, Daudet…) et d’autres dont l’objet était de susciter des émotions immédiates (l’attendrissement ou la pitié).
Les véritables sujets de reportage sur les personnes âgées ne retenaient qu’exceptionnellement l’attention des photographes. Les exemples de Giacomelli avec son travail sur l’hospice de Senigallia ou celui de Martine Franck étaient de très rares exceptions. S’intéresser aux personnes âgées était d’ailleurs une contre-indication pour un jeune photographe en quête de reconnaissance.

On compterait aujourd’hui – pour la France seulement – des centaines de travaux de qualité sur ce sujet qui a pris sa place dans les thématiques de la photo. Le panorama que la photographie présente aujourd’hui de la vieillesse est divers et complexe. Comme la réalité qui s’est elle-même diversifiée et complexifiée. Les styles et les approches sont variés.
On ne peut que se féliciter de la contribution de la photographie aux problématiques de la vieillesse, qui est un enjeu majeur de notre temps et, bien sûr, du rôle qu’a joué l’Association les petits frères des Pauvres et avec elle plusieurs personnalités amies du monde de la photo dans le développement de l’intérêt des photographes pour les personnes âgées.
L’exposition Objectif Vieillesse organisée à l’occasion de son 70ème anniversaire s’inscrit donc dans ce mouvement et répond  à la vocation d’alerter et de témoigner des petits frères des Pauvres.

Michel Christolhomme
Président de l’association Pour Que l’Esprit Vive


 

« Les petits frères » and photography
9 views of the elderly

les petits frères des Pauvres first started using photography as a means of both institutional and militant communication in the eighties, with an exhibition on old age as part of the activities organised around the 40th anniversary of the Association’s creation.
It thus became one of the first humanitarian organisations in France to realise that photography was beginning to take a place as a major art form in our society.
Indeed it was around this time
– that there was a veritable explosion in the number of specfically photographic events, (exhibitions, shows, retrospectives, festivals and competitions),
– that dedicated public and private institutions came into being (centres, foundations, collections) as well as specialized exhibition spaces (galleries, centres, museums),
– that various publications (books and magazines) started to appear, and
– that the commercialisation of photographs as objects began (posters, postcards, miscellaneous products…).
It was also around this time that the photographers themselves began to earn a degree of notoriety similar to what other artists enjoyed, and that a lucrative and speculative market for photographs was born.
This anniversary exhibition, established in collaboration with the photographer Jean-Marc Vantournhoudt, would lead to two essential encounters: with Martine Franck (Magnum), who immediately volunteered to do a documentary on the work of the Association, and with Robert Delpire, at the time the director of the National Centre for Photography which he had just established.

It was made up of more than one hundred and fifty twentieth-century photographic images and was held at the Palais de Tokyo in Paris, before going on tour in France and abroad (including Canada, for the opening of the Quebec Museum of Civilisation).

It led to the publication of a catalogue entitled Un si grand âge, with a preface by Danielle Sallenave.
The documentary by Martine Franck also led to an exhibition and a book, De temps en temps, with a preface by Claude Roy. It is a shining example of what can be done for an association through the medium of photography.

Following that, Robert Delpire suggested the creation of an Agenda of the petits frères including photos on different themes every year. Fourteen diaries were produced between 1989 and 2002, with photographs on subjects such as animals, flowers, music, sport… from such prestigious and well-known photographers as Cartier-Bresson, Doisneau, Erwitt, Penn, Riboud…
This series of Agendas des petits frères helped to give a new image of the association to people – and in particular to companies – who were unaware of its existence up until then. In parallel with the publication of the Agendas, and some of the photographs were used to create a series of tee-shirts and posters aimed at young people.

These fourteen Agendas des petits frères, thanks to the quality of the diaries themselves, as well as to the quality of the photographs (more than 700 of them) make up one of the most beautiful thematic photographic anthologies that exists today.

At the same period, the Association worked on the ambitious project of a series of documentaries on poverty in Europe at the end of the twentieth century, again in collaboration with Jean-Marc Vantournhoudt. More than fifteen photographers worked on the project (including Jean-Louis Courtinat, Luc Delahaye, Martine Franck, Milomir Kovacevik, Sarah Moon, Sebastião Salgado, …). This set of documentaries was displayed in an exhibition in the Hôtel-de-Ville in Paris (indeed it was the first ever photographic exhibition to be held there) and then in Barcelona, accompanied by a book called Pauvres de nous.

Apart from these institutional projects, the Association has helped several photographers since the eighties with their own personal projects on the subjects of old age and poverty.

The way old people are portrayed in photographs has changed a lot over the past three decades. Traditionally they followed old stereotypes, some inspired by nineteenth-century literature (Hugo, Daudet…) while others sought to create an immediate emotional reaction (pity or sympathy). It was only very rarely that the real subjects of old age caught the attention of photographers. Giacomelli, and his work on the Senigallia hospice, or Martine Franck were exceptions. Taking interest in the elderly was considered as being counter productive for a young photographer seeking to make a name.

Today hundreds of quality documentaries on this subject exist in France alone, and it has become a recognised photographic theme in its own right. Photography now presents a complex and varied panorama view of old age, just as reality itself has become varied and complex. Styles and approaches vary.

One can only rejoice at the contribution that photography has made to highlighting the problems of the elderly, which is an important subject in contemporary society. The role played by the association les petits frères des Pauvres along with many friends from the world of photography, in the development of the interest for the elderly amongst photographers, is also a source of delight.

The exhibition Objectif Vieillesse, organised to mark the Association’s 70th anniversary, is thus part of this movement and fulfils the vocation of the petits frères des Pauvres to spotlight the plight of the elderly.

Michel Christolhomme
President of the association Pour Que l’Esprit Vive

 

 


 

« Los hermanitos de los pobres » y la fotografía

La Asociación les petits frères des Pauvres (los Hermanitos de los pobres) ha utilizado la fotografía como medio de comunicación tanto institucional como activista en la década del ’80, con un proyecto de una gran exposición sobre el tema de la vejez, con motivo de los 40 años de su fundación.

En Francia, la asociación fue entonces una de las primeras organizaciones humanitarias a haber comprendido la importancia de la influencia de la fotografía como arte mayor en nuestra sociedad.

Es precisamente a partir de ese momento que estalla efectivamente el número de eventos fotográficos (exposiciones, espectáculos, festivales, retrospectivas, premios), que aparecen las instituciones públicas y privadas específicas (centros, fundaciones, fondos), lugares especializados (galerías, centros de exposiciones, museos), que se han desarrollado publicaciones (libros y revistas) y la mercantilización de la fotografía (afiches, postales, carteles, productos derivados…).

Es a partir de este momento también que los fotógrafos han ganado un estatus y una reputación comparables a las de otros artistas y que nace un verdadero mercado lucrativo y especulativo de la fotografía.

El proyecto de esa exposición (llevada a cabo en colaboración con el fotógrafo Jean-Marc Vantournhoudt) tuvo su origen gracias a dos encuentros decisivos: en primer lugar con Martine Franck (agencia Magnum), que propuso inmediatamente realizar un reportaje sobre la labor de la Asociación y en segundo lugar, con Robert Delpire (entonces director del Centro Nacional de la Fotografía que acababa de crear).

La exposición compuesta de más de ciento cincuenta imágenes de fotógrafos del siglo XX fue presentada en el Palais de Tokio, en París y distribuida en Francia y en otros países (incluyendo el Canadá, con motivo de la apertura del Museo de la civilización, en Quebec).

Esto condujo a la publicación de un catálogo titulado Un si grand âge, (Una gran edad), prologado por Danielle Sallenave.

El reportaje de Martine Franck fue también el objeto de una exposición y de un libro, De temps en temps (De tiempo en tiempo), con prólogo de Claude Roy. Este trabajo constituye un modelo de lo que puede hacer – un fotógrafo – para una asociación.

 

Poco después, Robert Delpire propuso la creación de La Agenda des petits frères (La Agenda de los hermanitos) ilustrándola con fotografías dedicada a un tema diferente cada año.

Fueron así publicadas entre 1989 y 2002 las catorce agendas de (animales, flores, música, deportes,…) con imágenes de fotógrafos de prestigio y fama mundial, como Cartier-Bresson, Doisneau, Erwitt, Penn, Riboud…

Esta serie de Agendas des petits frères permitió dar una nueva imagen de la asociación y acceder a un público insensible hasta el momento (incluidas las empresas).

Coincidiendo con la publicación de estas agendas y retomando algunas de sus fotos, la Asociación publicó una serie de afiches y camisetas destinada a los más jóvenes.

Debido a la calidad de publicación y de sus imágenes, estas catorce Agendas des petits frères (totalizan más de 700 imágenes) y constituyen una de las más bellas antologías temáticas fotográficas existente.

 

Al mismo tiempo, la Asociación desarrolló un ambicioso proyecto de una serie de reportajes fotográficos sobre la pobreza en Europa a fines del siglo XX. De nuevo con la colaboración de Jean-Marc Vantournhoudt. Más de quince fotógrafos participaron en su realización (entre ellos, Jean-Louis Courtinat, Luc Delahaye, Martine Franck, Milomir Kovacevik, Sarah Moon, Sebastião Salgado,…). Este conjunto de reportajes fue el objeto de una exposición en el Hotel de Ville de París (La Municipalidad de París y fue la primera exposición fotográfica en ese lugar) y en Barcelona, ​​así como también un libro llamado Pauvres de nous (Pobres de nosotros).

Además de estos proyectos institucionales, desde los años 80 la Asociación ha encargado a una serie de fotógrafos la realización de un trabajo más personal sobre la vejez y la pobreza.

La representación de la vejez en fotografía ha cambiado mucho durante estas tres últimas décadas. Ella respondía más que todo a viejos estereotipos: inspirada de la literatura del siglo XIX (Hugo, Daudet …) y otros cuyo propósito era generar emociones inmediatas (ternura o compasión).

Los temas realmente interesantes sobre las personas mayores retuvieron la atención de los fotógrafos sólo en raras ocasiones. Ejemplos como Mario Giacomelli con su trabajo en el hospital de Senigallia o el de Martine Franck eran muy raras excepciones. Interesarse en las personas de edad era casi una contra-indicación para un joven fotógrafo en busca de reconocimiento.

 

En Francia, contamos hoy con cientos de reportajes de calidad sobre la vejez, tema que ocupa un lugar muy importante entre los diferentes sujetos fotográficos. La visión que la fotografía muestra hoy de las personas mayores es diversa y compleja, como lo es también la realidad misma compleja y diversa, con estilos y enfoques muy diferentes.

Podemos alegrarnos por la contribución que la fotografía ha podido aportar a los problemas de la vejez, una de las grandes problemáticas de nuestro tiempo y, por supuesto, del papel desempeñado por la Asociación les petits frères des Pauvres y con ella la de varias personalidades amigas del mundo de la fotografía en el desarrollo del interés de los fotógrafos por las personas de edad.

La exposición OBJECTIF VIEILLESSE (Objetivo Vejez) organizada con motivo del aniversario de sus 70 años de existencia, forma parte de este movimiento y tiene la vocación de alertar y dar testimonio de la acción de esta asociación.

Michel Christolhomme
Presidente de la Asociación Pour Que l’Esprit Vive

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/OBJECTIF-VIEILLESSE-Recto-BD.jpg 811 1214 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:11:242026-01-14 17:33:21OBJECTIF VIEILLESSE

L’UNE ET L’AUTRE

13 novembre 2023/par Faitetcause

À l’occasion de la Journée de la femme et du Mois de la photo, la galerie Fait & Cause présente, tous les deux ans, les travaux de femmes victimes d’exclusion, résidentes de Cœur de femmes, une des structures d’accueil de l’association Aurore.
Ces travaux sont réalisés grâce au concours d’Olympus, qui fournit les appareils, et des photographes Sarah Moon et José Chidlovsky, qui en assurent la direction dans les locaux de Cœur de femmes.

Ces travaux qui prennent la forme de récits photographiques intitulés « Carnets de route » exposent les parcours des unes – Adèle, Bahia, Blandine, Gaby, Marie, Natasha, Salah – et d’autres encore. Ils révèlent l’identité blessée de ces femmes qui trouvent, à travers cette expérience, un langage pour exprimer leurs doutes, leurs espoirs, leur quotidien dans des situations de transit et de reconstruction de soi. La photographie est alors moins un moyen d’expression scolaire, avec des références, celles d’un métier ou d’un art, qu’une expression de soi, chaque fois singulière, inédite et renouvelée.

Eugène Smith dit que parfois « la photographie est une petite voix ». On peut dire, en regardant ces photos, que c’est cette même petite voix mise en scène à travers ces récits photographiques qui force l’écoute, le respect et l’émotion, devant les vies de ces femmes dont la douleur, mais aussi les joies, le travail, les amitiés, resteraient sans cela anonymes.

100 Voix !  est une association créée en janvier 2012 à l’initiative de l’association Aurore.

Elle a pour objet l’apprentissage du récit par l’image (photo et vidéo) afin de permettre aux personnes en situation d’exclusion et de précarité accueillies par Aurore de se reconstruire et de recouvrer leur propre identité. S’adressant aux publics pris en charge par l’association Aurore, 100 Voix ! se consacre à des hommes et des femmes en marge du tissu social, du fait de problèmes psychiques, sanitaires ou matériels.

100 Voix ! : l’exclusion et la précarité racontées par celles et ceux qui la vivent.
Afin de permettre à cette population marginalisée de retrouver confiance en elle et de reprendre pleinement sa place dans la société, la reconstruction et l’appropriation de l’image de soi est un enjeu incontournable. C’est pourquoi 100 Voix ! propose aux personnes en situation d’exclusion des ateliers photo et vidéo animés par des photographes professionnels.

 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/siham_gamouzi._carnet.__dedans_dehors_2__72dpi.jpg 257 500 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:11:242026-02-05 14:35:13L’UNE ET L’AUTRE

FLEUVES FRONTIÈRES

13 novembre 2023/par Faitetcause
UNE EXPOSITION SUR LES GRANDS FLEUVES FRONTIÈRES
L’idée est séduisante en ces temps où l’accès à l’eau devient une question essentielle pour l’humanité. Pourquoi le Nil, le Brahmapoutre, le Colorado et le Jourdain ? Parce que ces quatre fleuves comptent parmi les plus déterminants pour nos civilisations. Qu’adviendra-t-il du Nil, s’interroge Franck Vogel, quand les besoins des riverains auront largement dépassé le débit du fleuve ? Combien de temps pourra résister le Brahmapoutre face à la multitude de barrages qui vont se dresser sur son parcours en Chine et en Inde ? Comment préserver le Colorado, étrillé à un point tel que ses eaux n’atteignent même plus son embouchure, dans le golfe de Californie ? Et qu’en sera-t-il du Jourdain, pressuré et souillé, alors qu’il se révèle un enjeu stratégique majeur dans les négociations de paix au Proche-Orient, région semi-aride ? Le défi est aujourd’hui lancé ! Comme il doit l’être pour d’autres fleuves, comme le Gange, l’Amazone, le Mékong ou le Zambèze.
L’eau, rappelons cette évidence, c’est la vie. Un bébé humain à la naissance est composé aux trois quarts d’eau, un cerveau humain adulte de 80 % d’eau ! Et plus encore pour certains animaux marins, comme les méduses. Or, contrairement aux apparences, l’eau est rare sur terre. Une mince pellicule de surface sous forme d’océan représente l’essentiel de l’eau de notre planète, le volume restant se partageant entre les nappes aquifères, les lacs, les rivières et les fleuves. Ces fleuves, précisément, sont comme des traits d’union entre les terres émergées et l’océan : ils drainent les continents et apportent tout à la mer… Ils ont, de ce fait, toujours constitué des frontières naturelles.Face à la démographie exponentielle de l’humanité et plus encore à son comportement irresponsable, les problèmes actuels sont bien connus : destruction des écosystèmes, des rives et des mangroves ; pollution aiguë de l’eau et des estuaires ; dissémination d’espèces exogènes envahissantes au détriment des poissons endémiques ; surpêche dans les cours d’eau et les estuaires ; enfin et surtout, dérèglement climatique qui affecte déjà le débit des eaux fluviales et provoque une remontée du niveau des mers qui noient épisodiquement estuaires et deltas. À de longues périodes de sécheresse, succèdent des précipitations intenses et des inondations dramatiques.Les images de Franck Vogel constituent de précieux outils pour un scientifique. En se succédant ainsi dans le temps en séquences révélatrices, elles mettent en évidence la dynamique des écosystèmes. Qu’ils traversent l’Égypte ou l’Inde, les États-Unis ou le Proche- Orient, ces grands fleuves sont aussi d’extraordinaires frontières en géopolitique. L’homme s’y agglutine et crée des désordres considérables. Ils représentent de très menaçants socio-écosystèmes en évolution rapide. Imaginons ces mêmes fleuves il y a 12 000 ans, avec seulement quelques millions d’humains sur terre, à l’orée de la domestication animale et de l’agriculture, déroulant leurs majestueux rubans d’eau pure, à peine affectée par la boue des crues… Et regardons-les aujourd’hui : contraste ô combien saisissant ! Rien n’est perdu pourtant, il faut se battre pour un avenir soutenable, pour préserver nos fleuves, ces merveilleux témoins de l’évolution humaine.Retroussons donc nos manches et cessons ces agressions permanentes vis-à-vis de nos rivières. Interdisons toute pollution, nos cours d’eau ne sont pas des poubelles ! Développons une culture réelle de l’impact de sorte que plus aucun aménagement ne se fasse sans une réflexion approfondie sur l’évolution postérieure de l’écosystème. Ces fleuves sont nos lignes de vie, ils nous sont indispensables, comme ils l’ont toujours été pour l’humanité. Sur l’autre rive, toujours démarrait l’inconnu ! Gilles Bœuf.Gilles Bœuf est biologiste, spécialiste de la biodiversité, professeur à l’Université Pierre-et-Marie-Curie, ancien président du muséum national d’Histoire naturelle et conseiller scientifique auprès de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal.

TRANSBOUNDARY RIVERS
WILL WAR FOR WATER HAPPEN?
Water is a precious commodity that will continue to be appreciated in the coming years. Conflicts arising from control of territories rich in fresh water are increasing, placing the transboundary rivers in the heart of the water war.
Franck Vogel proposes a photographic itinerary to discover four iconic rivers, from the Brahmaputra to the Nile, the Colorado and the Jordan River.
Brahmaputra becomes an economic and energy issues for India and China, which have engaged in a race to the construction of hydroelectric dams.
For centuries, access to the Nile water is a major challenge for Egypt. It has been the center of conflict in Sudan.
The Colorado is, meanwhile, the lifeline of the American Southwest. But it is also the only river in the world that does not flow into the sea : the US dams now prevent  it from flowing into Mexico.
The Jordan River was reduced to a trickle in recent years, as most of the water is diverted for irrigation of agricultural land and water supply of Israeli cities.
In this book of photographs, complete with explanatory captions, maps and infographics, Franck Vogel puts within reach every understanding of the economic, ecological and geopolitical issues related to the question of water.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/9102-Vogel-1.jpg 1668 2362 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:11:242026-05-15 19:07:25FLEUVES FRONTIÈRES
Page 5 sur 14«‹34567›»

Pages

  • Accueil
  • Bibliothèque
  • Contact
  • Expositions
  • Faire un don
  • Galerie
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité
  • Test Mohammed

Catégories

  • Aucune catégorie

Archive

    Image

    Lettre d’information

      

    58 rue Quincampoix
    75004 Paris – France
    +33 (0)1 42 74 26 36
     

    En période d’exposition
    ouverture du mercredi au samedi
    de 13h30 à 18h30. Entrée libre
    M° Rambuteau – Les Halles

    Pour Que l’Esprit Vive

    Association loi 1901 reconnue d’utilité publique

    Siège social :
    20 rue Lalande
    75014 Paris – France
    T. 33(0)1 81 80 03 66
    www.pqev.org
    © Copyright FAIT & CAUSE    Contactez-nous Politique de confidentialité Mentions légales
    Faire défiler vers le haut

    Nous utilisons des cookies sur notre site internet pour vous offrir l'expérience la plus pertinente en mémorisant vos préférences et vos visites répétées. En cliquant sur "Accepter tout", vous consentez à l'utilisation de TOUS les cookies. Toutefois, vous pouvez visiter "Paramètres des cookies" pour fournir un consentement contrôlé.

    AccepterRefuserParamètres

    Paramètres des cookies & protection de la vie privée



    Comment nous utilisons les cookies

    Nous pouvons demander que les cookies soient réglés sur votre appareil. Nous utilisons des cookies pour nous faire savoir quand vous visitez nos sites Web, comment vous interagissez avec nous, pour enrichir votre expérience utilisateur, et pour personnaliser votre relation avec notre site Web.

    Cliquez sur les différentes rubriques de la catégorie pour en savoir plus. Vous pouvez également modifier certaines de vos préférences. Notez que le blocage de certains types de cookies peut avoir une incidence sur votre expérience sur nos sites Web et les services que nous sommes en mesure d'offrir.

    Cookies essentiels pour le web

    Ces cookies sont strictement nécessaires pour vous délivrer les services disponibles sur notre site et pour utiliser certaines de ses fonctionnalités.

    Du fait que ces cookies sont absolument nécessaires au bon rendu du site, les refuser aura un impact sur la façon dont il fonctionne. Vous pouvez toujours bloquer ou effacer les cookies via les options de votre navigateur et forcer leur blocage sur ce site. Mais le message vous demandant de les accepter/refuser reviendra à chaque nouvelle visite sur notre site.

    Nous respectons votre choix de refuser les cookies mais pour éviter de vous le demander à chaque page laissez nous en utiliser un pour mémoriser ce choix. Vous êtes libre de revenir sur ce choix quand vous voulez et le modifier pour améliorer votre expérience de navigation. Si vous refusez les cookies nous retirerons tous ceux issus de ce domaine.

    Nous vous fournissons une liste de cookies déposés sur votre ordinateur via notre domaine, vous pouvez ainsi voir ce qui y est stocké. Pour des raisons de sécurité nous ne pouvons montrer ou afficher les cookies externes d’autres domaines. Ceux-ci sont accessibles via les options de votre navigateur.

    Code de Suivi Google Analytics

    Ces cookies collectent des informations de manière compilée pour nous aider à comprendre comment notre site est utilisé et combien son performantes nos actions marketing, ou pour nous aider à personnaliser notre site afin d’améliorer votre expérience de navigation.

    Si vous ne souhaitez pas que votre visite soit pistée sur notre site vous pouvez bloquer ce pistage dans votre navigateur ici :

    Autres services externes

    Nous utilisons également différents services externes comme Google Webfonts, Google Maps, autres hébergeurs de vidéo. Depuis que ces FAI sont susceptibles de collecter des données personnelles comme votre adresse IP nous vous permettons de les bloquer ici. merci de prendre conscience que cela peut hautement réduire certaines fonctionnalités de notre site. Les changement seront appliqués après rechargement de la page.

    Réglages des polices Google :

    Réglages Google Map :

    Réglages reCAPTCHA :

    Intégrations de vidéo Vimeo et Youtube :

    Politique de Confidentialité

    Nous utilisons également différents services externes comme Google Webfonts, Google Maps, autres hébergeurs de vidéo. Depuis que ces FAI sont susceptibles de collecter des données personnelles comme votre adresse IP nous vous permettons de les bloquer ici. merci de prendre conscience que cela peut hautement réduire certaines fonctionnalités de notre site. Les changement seront appliqués après rechargement de la page.

    Réglages des polices Google :

    Réglages Google Map :

    Réglages reCAPTCHA :

    Intégrations de vidéo Vimeo et Youtube :

    Accepter les réglagesMasquer uniquement les notifications