• Expositions
  • Galerie
  • Bibliothèque
  • Menu Menu
Fait & Cause, Photographie Militante
©Jean-Louis Courtinat

VIVRE AVEC TOIT

13 novembre 2023/par Faitetcause

Pendant deux années, j’ai vécu auprès d’hommes et de femmes qui venaient de retrouver un toit après avoir vécu très longtemps dans la rue.
Comment appréhendaient ils leur nouvelle vie ? – Comment se reconstruisaient ils ? – Quel était leur quotidien ?
C’est ce que je voulais savoir. Je me suis vite aperçu des limites de la photographie.
Tous exprimaient leur soulagement d’avoir un logement, la difficulté de réapprendre à vivre dans un espace réduit, leur incapacité à se prendre en charge au quotidien.
Ces sentiments étaient intraduisibles en photographie. J’ai donc pris un petit carnet dans lequel j’ai inscrit méticuleusement leurs propos. J’ai respecté leur style, leur façon de s’exprimer, leurs non-dits, leurs erreurs et leurs contradictions. Pas d’interview brutale, mais une succession de petites réflexions intimes qu’ils m’ont confiées au fil du temps.
Toutes les personnes que j’ai suivies ont plus de cinquante ans. Elles ont toutes connu une enfance difficile. La plupart ont rejeté leur famille ou été rejetées par elle. Beaucoup sont fatiguées, malades, dépressives, en cours de soins ou sous dépendance chimique. La plupart se sentent inutiles au monde, se replient sur elles ou se retirent de la vie sociale. Certaines expriment leur solitude, leur souffrance, leur impossibilité d’échanger, de discuter, de partager leurs émotions. Beaucoup ont un sentiment de culpabilité et se sentent responsables de leur exclusion. Toutes vivent des minima sociaux. Plusieurs ont de toutes petites retraites. Nombre d’entre elles ont de graves problèmes de dépendance à l’alcool.

Avoir un toit même si ce n’est qu’un taudis est primordial pour elles. Toutes m’ont parlé du désir de se poser, d’avoir une adresse, un lit, des clefs, une boîte aux lettres, bref d’être reconnues malgré leur pauvreté.
Le plus difficile pour moi fut de suivre plusieurs personnes en même temps. Il m’a fallu une organisation très précise pour conserver une pression sur elles sans jamais les gêner dans leur quotidien. J’ai dû composer avec les rendez-vous manqués, les changements d’adresse, les hospitalisations, les retours à la rue et les ruses pour éviter les marchands de sommeil ulcérés par ma présence.
J’avais élu mon quartier général à « l’Etape », lieu de vie des petits frères des Pauvres qui accueillent des personnes dans la précarité. J’arrivais pour le petit-déjeuner, je discutais avec les gens, je leur parlais de mon projet. Beaucoup ont refusé. Peur de se montrer, de parler ou d’être reconnu par leur famille. Il m’a fallu énormément de temps, d’écoute et de proximité pour gagner leur confiance. Au début je leur donnais des photographies. J’ai vite renoncé car je leur offrais une image d’eux qu’ils refusaient de voir. Finalement j’ai fait peu de photos. On se rencontrait régulièrement. On prenait un café, on discutait. Je me sentais plus bénévole que photographe et cela me plaisait.

Aujourd’hui et comme à chaque fois que je termine un long travail, je me demande si ce que j’ai enregistré est aussi riche que ce que j’ai vécu. Ai-je été à la hauteur de la confiance qu’ils m’ont donnée ? Ai-je saisi l’essentiel ? Le cœur du propos se trouve-t-il d’ailleurs dans ce qui est montré ou dans ce qui ne l’est pas ? Je sais qu’il faut beaucoup plus que des photos pour que ces êtres fragiles ne portent plus le fardeau des préjugés et des tabous qui les livrent à l’oubli de tous.
Makou, Ginette, Daniel, Max, Patrick et vous tous avec qui j’ai passé ces moments forts, ce travail est aussi le vôtre. Puissent vos textes et mes images provoquer chez ceux qui les verront de la compassion et le simple désir de mieux vous connaître. C’est mon vœu le plus cher.

Jean-Louis Courtinat

 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto-VIVRE-AVEC-TOIT_Invit.-FC72dpiL1920px.jpg 1372 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232026-03-12 14:36:58VIVRE AVEC TOIT

L’UNE ET L’AUTRE

13 novembre 2023/par Faitetcause

« L’Une et l’Autre » présente le travail de quinze femmes qui, dans le cadre d’ateliers initiés par l’association « 100 Voix ! » dans les premiers mois de l’année 2012, sont parties à la recherche d’elles-mêmes. Elles ont en commun d’avoir eu à faire à une période de leur vie à plus fort qu’elles… la maladie, la souffrance insurmontable de la disparition d’une mère, d’un père ou d’un enfant, la trahison d’un être cher, les coups de parents à la dérive, la violence conjugale, le viol, l’exil, la détention.

Elles en sont sorties brisées et envahies par une meute de sentiments acharnée à les dépouiller de leur singularité. La perte de la confiance en soi s’est agrégée à celle de la confiance en l’autre, la fierté a abandonné la place pour la honte, le désarroi et le doute ont contribué à l’avènement d’un sentiment d’impuissance et de résignation. Toutes, un jour ou l’autre, ont connu la rue, non pas comme une artère qui donne un sens aux vies mais comme une prison à ciel ouvert dont on ne s’échappe pas et d’où le cours du temps s’est à tout jamais tari.La plupart des photographes présentées réside à la maison « Cœur de Femmes » qui accueille des femmes de tous âges venant de la rue. D’autres sont hébergées à la résidence Suzanne Képès qui prend en charge des femmes ayant été les victimes de violences ou au Centre d’accueil et de stabilisation de l’Olivier qui reçoit des personnes ayant passé de longues années sans domicile fixe.

Ces trois structures sont gérées par l’association « Aurore » qui est à l’initiative de la création de « 100 Voix ! ». La réappropriation de l’image de soi est un enjeu décisif pour toute personne se trouvant en situation de grande précarité ou d’exclusion. Dans un monde où la liberté individuelle et la considération de soi sont proportionnelles à la réussite sociale, celle ou celui qui se trouve dépourvu de ressource après avoir été meurtri et abîmé par la vie, est en perte d’identité. Quand bien même a-t-il des papiers, sa photo est celle d’un étranger à l’âme absente. Une perte vertigineuse au cours de laquelle son image se brouille et se désagrège pour finir par être recouverte par celle que leur renvoie la société : une image qui réduit leur identité à leur condition sociale d’assistés ou de parias, une image gangrenée par le sentiment coupable de l’échec, une image qui relègue aux oubliettes leur appartenance à la communauté humaine. « L’Une et l’Autre » porte en elle le témoignage du pouvoir de la photo à modifier le regard sur soi et sur le monde de celui qui photographie. C’est aussi une leçon de vie.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/DSC0180172dpi.jpg 850 850 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232026-01-30 16:06:12L’UNE ET L’AUTRE

LA VIE À DURÉE DÉTERMINÉE

13 novembre 2023/par Faitetcause
Une plongée dans la France des travailleurs précaires
à travers de cinq portraits.
Juin/septembre 2012

En France, certaines personnes peuvent travailler des années sans se voir jamais proposer un CDI. Ou ne peuvent avoir d’autre choix que de cumuler plusieurs emplois pour gagner un SMIC.

En France, il arrive qu’à la fin d’une journée de travail en intérim, la mission ne soit pas reconduite le lendemain, et ce, sans préavis.

En France il est fréquent que des travailleurs sans papiers aient à payer des impôts.

Nous les croisons, nous vivons à côté d’eux sans bien connaître leurs conditions d’existence.

Ils sont peu syndiqués, rarement défendus, peu présents dans les médias, plus préoccupés par leur survie que par leurs droits.

Pourtant ils vivent tous l’emploi, l’éducation et le logement précaires, l’endettement et la difficulté de se projeter dans l’avenir.

Pendant plusieurs mois, aux quatre coins de la France, j’ai suivi au plus près ces travailleurs précaires dans le bâtiment, l’industrie, l’agriculture, la restauration, les services.

Levé avant l’aube comme la plupart d’entre eux, embarqué dans leurs galères de transport, d’horaires, d’organisation pour s’abriter, se nourrir, s’occuper de leurs enfants, j’ai pu photographier de l’intérieur ces vies minuscules, les explorer.

Le plus difficile pour moi a été de les convaincre de me laisser entrer dans leur monde. Certains sont à la limite de la légalité, d’autres dans l’illégalité, d’autres dans la «débrouille».

Ma règle n’a jamais varié depuis que je porte entre mes mains un appareil photo.

L’engagement dans les sujets que je développe nécessite beaucoup de temps, de patience et surtout de curiosité.

Etre au plus prêt des gens que je photographie, c’est explorer leur vie, à leur côté, avec eux, en étant le plus juste possible. Et sans surjouer l’empathie, ou pire, la plainte.

Car ces gens n’ont de cesse de se battre.

 

 

Biographie

Olivier Jobard est né en 1970. Il intègre en 1990 l’école Louis Lumière qui lui propose d’effectuer son stage de fin d’études à l’agence Sipa Press. En 1992, il rejoint l’équipe des photographes de Sipa qu’il quitte en 2011. Il est aujourd’hui diffusé par l’agence Myop.

Il couvre de nombreux conflits dans le monde : Croatie, Bosnie, Tchétchénie, Afghanistan, Soudan, Sierra Leone, Liberia, Côte d’Ivoire, Colombie, Irak…

En 2000, il se rend à Sangatte. Son approche photographique change alors, il se consacre principalement à un travail au long cours sur les problématiques d’immigration, en Europe et dans le monde.

Suite à sa rencontre avec Kingsley au Cameroun en 2004, il le suit tout au long de son périple de l’Afrique vers la France.

Puis pendant deux années, Olivier Jobard a concentré son travail sur la « forteresse Europe » : de l’Ukraine à la Pologne, de la  Turquie à la Grèce, de la Syrie à l’île de Lampedusa, il documente les nombreuses routes migratoires clandestines qui mènent aux frontières européennes.

Après avoir témoigné des expériences d’immigration, c’est aujourd’hui l’intégration des immigrés dans leur pays d’accueil qui est au centre de son travail photographique.

 


 

LIFE ON A SHORT-TERM CONTRACT

In France, there are people who work at the same job for years without ever having a full-time contract.  There are those who have no choice but to cumulate several jobs just to earn the minimum wage.

In France, temps find themselves jobless at the end of their day’s work, with no prior notice, just because their contact has been cancelled.

In France, workers might not have their papers but they still pay tax.

We meet them every day, we live next door to them, but don’t really know anything of the conditions in which they live.

Not many are union members and there is no-one to defend them.  You don’t hear about them in the papers because they are more worried about survival than fighting for their rights.

However they all suffer from insecurity whether it be in employment, education or lodgment; they are burdened with debt, and have difficult imagining a future.

This is a report on the France of hire-and-fire workers, as seen through five portraits.

 

June – September 2012
Project made possible thanks to funding from the Photoreporter Festival of Saint Brieuc.

 


 

LA VIDA A CORTO PLAZO

La condición de los trabajadores precarios en Francia, ilustrada a través de cinco retratos.

En Francia, algunas personas pueden trabajar durante años sin que nunca se les proponga un CDI (contrato a duración indefinida). O tener solo la opción de aceptar varios empleos para poder ganar el SMIC (salario mínimo legal).

En Francia, puede que al final de una jornada de trabajo en calidad de “reemplazante temporario”, la misión no sea renovada para el día siguiente, y sin previo aviso.

En Francia, a menudo, los trabajadores indocumentados suelen pagar impuestos.

Los cruzamos cada día y vivimos junto a ellos, pero sin conocer sus condiciones de vida.

En general, no están sindicalizados, raramente defendidos, muy poco presente en los medios de comunicación y más preocupados por sobrevivir que por sus derechos.

Sin embargo, todos viven en la precariedad del empleo, la educación, la vivienda, el endeudamiento y la dificultad de proyectarse hacia el futuro.

 

Junio/Septiembre 2012

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto3PrixS.2013-O.Jobard.jpg 1687 2373 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232026-02-18 14:09:32LA VIE À DURÉE DÉTERMINÉE

LES MANGEURS DE CUIVRE

13 novembre 2023/par Faitetcause

La « ceinture de cuivre » katangaise, à l’extrême sud-est de la République démocratique du Congo, recèle 10 % des réserves mondiales de cuivre et 34 % de celles de cobalt. Début 2011, le cours du cuivre a atteint son record historique : 10 000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange. Depuis, la tendance s’est confirmée, maintenant le cours est à plus de 8 000 dollars la tonne. Profitant de ce boom sans précédent et d’une libéralisation organisée par la Banque Mondiale au début des années 2000, d’immenses fortunes se bâtissent à la faveur d’une gestion particulièrement opaque des revenus du secteur minier. Jusqu’à présent, seules quelques multinationales et une poignée d’individus proches du pouvoir ont les moyens d’en profiter. Paradoxalement, la situation des quelques 200 000 « creuseurs » katangais qui survivent grâce à cette activité et constituent encore la majorité de la main d’œuvre, s’est aggravée. Les investissements des multinationales occidentales, indiennes ou chinoises les ont chassés des sites les plus riches. Forcés à revendre leur production à bas prix aux partenaires gouvernementaux ou contraints de se rabattre sur l’exploitation des rejets industriels, ils amoindrissent encore leur espérance de vie comme leurs revenus. Des années de travail sur le sujet et de nombreux voyages dans la province m’ont familiarisé avec les personnes impliquées dans les activités minières au Katanga. Petit à petit, j’ai réussi à obtenir l’accès aux sites d’extraction des multinationales, à leurs entrepôts et à leurs usines.  J’ai pu être accepté dans la communauté des nouveaux entrepreneurs, ce qui m’a permis de documenter leurs vies privées (fêtes, week-ends…). Le but de ce projet est d’apporter une meilleure compréhension du monde des affaires et de l’extraction minière au Katanga, où les besoins locaux semblent ignorés. C’est aussi une illustration de l’effet tant de la libéralisation récente de l’économie mondiale que de la ruée pour les matières premières en Afrique et une dénonciation du refus des sociétés internationales à partager leurs profits. Ceci n’est pas l’histoire des minerais de sang, issus de conflits, avec des images de rebelles et de kalachnikovs, sur lesquelles les campagnes de plaidoyer internationales se concentrent généralement. C’est plutôt l’histoire, plus difficile à illustrer, de l’énorme écart entre une population locale cherchant des matières premières pour le compte d’industries étrangères et de traders installés à Londres ou New York, pariant sur un bénéfice  rendu possible grâce à une main d’œuvre exploitée et sous-payée.

 

Biographie
Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressée à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique pour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. En 2012, Gwenn Dubourthoumieu a remporté la 2ème place aux NPPA Best of Photojournalism Awards dans la catégorie  «The Art of Entertainment», le Coup de Coeur de la 50ème Bourse du Talent dans la catégorie « portraits », fait parti des 12 photoreporters sélectionnés au festival en Baie de St Brieuc, a été sélectionné dans la catégorie «Fine Art – Portrature» aux Sony World Photography Awards, et a reçu le prix spécial du jury au 8th Days Japan International Awards. En 2011, Gwenn Dubourthoumieu a reçu la mention spéciale au prix Roger Pic et le prix de l’enquête au Festival Européen de Journalisme de Lille pour son reportage sur les enfants sorciers de Kinshasa. La même année, il remporte la bourse «Getty Images Grants for Good» pour sa série « Des Vies Violées » traitant du problème des violences sexuelles en République Démocratique du Congo. En 2010, il faisait déjà partie des finalistes de cette même bourse et avait reçu le Prix Spécial du Jury au Festival SCOOP d’Angers pour son travail «État d’Armes».

En tant que photographe, Gwenn Dubourthoumieu travaille encore régulièrement avec des ONG et des fondations. Sa collaboration avec le Centre Carter à notamment été récompensé aux Photo Philanthropy Professional Awards en 2012.

Correspondant photo pour l’Agence France Presse en République démocratique du Congo de septembre 2010 à décembre 2011, il est aujourd’hui installé à Paris.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto3PrixS2013-G.Dubourthoumieu.jpg 1687 2362 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232026-02-18 13:45:49LES MANGEURS DE CUIVRE

PARIS POUR TOUS

13 novembre 2023/par Faitetcause

CAPITALE VACANCES a pour objet de lutter contre l’isolement des personnes âgées rurales, par l’organisation d’actions culturelles et sociales, dont notamment des séjours de vacances à Paris.

Une catégorie d’exclus : les vieillards ruraux
La majorité de ces vieillards ne part pas en vacances alors même que cela peut être considéré aujourd’hui comme un indice d’exclusion (cf. Loi 98-657 du 29-07-1998 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions – Art. 140).
Ils constituent en effet la catégorie de personnes âgées la plus défavorisée en France.
Pour un très grand nombre – vivant à domicile ou en établissement – les problèmes liés à leur vieillissement (deuils, diminution de la mobilité, perte d’autonomie, handicap, maladie…) sont aggravés par le contexte géographique.

Beaucoup connaissent :
– la précarité matérielle due à la modicité de leurs revenus (et souvent, pour ceux qui vivent à domicile, un habitat dépourvu du confort minimum) ;
– la solitude à cause de l’éloignement géographique notamment de leur famille ;
– des conditions de vie quotidienne particulièrement difficiles en raison de la disparition des commerces de proximité, des transports en commun, des services (sanitaires, administratifs…) ;
– le manque d’offres culturelles et de loisirs.
Malheureusement, leur situation ne peut qu’empirer avec la désertification de l’espace rural dont les conséquences ne touchent pas seulement les personnes âgées mais l’ensemble de la population rurale et concernent l’équilibre général de notre société.

Aussi, l’action de CAPITALE VACANCES s’inscrit-elle dans une vision sociétale globale et est sous-tendue par l’idée de la nécessité d’un aménagement social et culturel du territoire.
A cet objectif s’ajoute celui de créer une structure immobilière alliant un hôtel pour ces vacanciers et un espace culturel ouvert au public.
Les SéjoursCAPITALE VACANCES organise entièrement ces séjours (préparation, programmation, déroulement, suivi…) et propose des vacances touristiques et culturelles, à des personnes âgées vivant en milieu rural ou semi-rural (à domicile ou en établissement) que l’absence de moyens matériels, l’état physique ou psychologique, l’isolement réduisent à ne jamais pouvoir quitter leur lieu de vie.
Chaque fois, Capitale Vacances incite les proches, les aidants naturels et professionnels, les bénévoles locaux, à participer à l’organisation, à l’accompagnement et au déroulement de ces séjours de façon à enrichir et renforcer le rapport qu’ils entretiennent avec les personnes âgées.
La configuration de chaque groupe est limitée afin, non seulement d’approfondir les relations entre tous les participants et que ces liens perdurent, mais également :
– de garder un fonctionnement aussi souple et adaptable que possible ;
– de créer chez les personnes accompagnées le sentiment de la prise en compte de leur singularité ;
– d’imposer au public l’image de la prééminence de l’individu et de valoriser – dans l’action sociale – le principe du petit nombre.

CAPITALE VACANCES
Association loi 1901 à but non lucratif
69 bd de Magenta, 75010 Paris – Tél. 01 55 25 22 24
www.capitalevacances.com

 


 

CAPITALE VACANCES works to alleviate the isolation of rural elderly people through cultural and social activities, especially by means of holidays in Paris.

Rural elderly people: a group cut off from society.

Most of these old people never go on holiday, a fact which can be considered today as an indicator of social exclusion (under the terms of French statute n°98-657 dated July 29, 1998 concerning measures addressing social exclusion – Art. 140).

Amongst all the old people in France, this group is indeed the least well-off.

For many of them – either living at home or in an institution – the problems associated with their old age such as loss of a loved one, loss of mobility or independence, handicap or illness, are aggravated by their isolation in the countryside.

Along with this isolation, many suffer from:

– a lack of material comfort due to their low income (and often even those who live at home lack basic amenities) ;

– loneliness due to living far from their families;

– the complications of daily life with the closure of local shops, and restriction of transport and medical or administrative services in rural areas

– a lack of leisure or cultural activities.

Unfortunately, things can only get worse with the gradual abandon of the countryside, which affects not only the elderly but the rural population as a whole, ultimately upsetting the general balance of society as we know it.

 

CAPITALE VACANCES has a global vision of society and is based on the conviction that the organisation of any country needs to take social and cultural factors into account.

An additional objective is the creation of a physical structure designed to work both as a hotel for the participants in its activities and as a cultural centre open to the public.

 

The excursions
CAPITALE VACANCES organises the complete package (preparation, planning and running of activities, follow up…) and offers cultural and leisure excursions to elderly people living at home or in institutions, in country areas, whose loneliness, and lack of financial, physical or psychological means precludes any idea of leaving their place of residence.

For each trip, Capitale Vacances encourages family members, and professional or voluntary aides to take part in the organisation and running of the excursion in order to enrich and strengthen the relationship that they share with the old.

The size of each group is limited, not only to allow participants to bond and form lasting friendships, but also :

  • to allow for a maximum of flexibility and adaptation in the running of the trip
  • to develop the feeling amongst the participants that they are really taken into account as individuals
  • to underscore the importance of the individual in the public eye and to promote the principle of social action applied to small groups

 


 

PARIS PARA TODOS
Vacaciones en la Capital

CAPITALE VACANCES
Asociación ley 1901 sin fines de lucro

 

CAPITALE VACANCES (Vacaciones en la Capital) tiene por objetivo luchar contra el aislamiento de los ancianos que viven en zonas rurales, organizando actividades sociales y culturales e incluyendo sobre todo estadías de vacaciones en París.

Una categoría de excluidos: Las personas de edad en medio rural.

La mayoría de estos ancianos no sale nunca de vacaciones, lo que puede ser considerado hoy en día como un índice de exclusión (Ley de 29 de julio de 1998 sobre la lucha contra la exclusión – Art. 140).

De hecho, los ancianos en Francia son la categoría más desfavorecida.

Para muchos – ya sea que vivan en familia o en una institución – los problemas asociados al envejecimiento (pérdida de la movilidad, pérdida de la independencia, pérdida de un ser querido, discapacidad, enfermedad…) se ve agravada por el contexto geográfico en el que viven.

Muchos conocen:

– La precariedad, debido a sus bajos ingresos (Para aquellos que viven en su domicilio, a menudo sin un mínimo de confort ni comodidad).

– La soledad, a causa de la distancia respecto a la familia.

– Las condiciones de vida especialmente difíciles debido a la desaparición de los comercios, transportes públicos, servicios (de salud, administrativos…)

– La falta de opciones de distracción cultural.

Desgraciadamente, con la desertificación de las zonas rurales, la situación sólo puede empeorar y las consecuencias no sólo afectan a las personas de edad, sino a toda la población rural en general, afectando al equilibrio general de la sociedad.

 

Además, la acción de CAPITALE VACANCES (Vacaciones en la Capital) se inscribe en una visión global de la sociedad, sosteniendo implícitamente la necesidad de una planificación social y cultural de todo el territorio nacional.

A esto se añade la intención de poder combinar en un mismo lugar de la capital, un hotel para estos turistas particulares y un espacio cultural abierto al público.

 

Las Estadías
La asociación CAPITALE VACANCES organiza estas vacaciones parisinas íntegramente (preparación, programación, desarrollo, cuidados y atención) proponiendo excursiones culturales y turísticas, a los ancianos de zonas rurales o semi-rurales (en domicilio o en institución) a quienes la falta de recursos materiales y el estado físico o psicológico, condenan a un aislamiento permanente.

A cada ocasión, CAPITALE VACANCES incita a los familiares, los amigos, los profesionales próximos y a los voluntarios locales para que participen a la organización, preparación y desarrollo de estas estadías, a fin de fortalecer y enriquecer la relación con sus mayores.

La configuración de cada grupo se ve limitada (10 ancianos + 5 acompañantes) para favorecer el desarrollo de las relaciones entre los participantes y que estos encuentros perduren, pero también:

– Para mantener un funcionamiento lo más flexible y adaptable posible;

– Crear en las personas acompañadas el sentimiento que han sido tomadas en cuenta en su individualidad;

– Imponer al público la imagen de la primacía de la persona, valorizando – en la acción social – el principio de un número reducido de personas.

 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/6_copy67.jpg 332 500 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232026-02-09 16:24:32PARIS POUR TOUS
Denis DAILLEUX

ÉGYPTE, LES MARTYRS DE LA RÉVOLUTION

13 novembre 2023/par Faitetcause

*Mahmoud

Quand nous nous sommes rencontrés, un an après la révolution, j’étais au bord d’abandonner ce travail de mémoire.
Nous avons commencé par photographier un père que j’avais rencontré place Tahrir et qui faisait les cent pas avec la photo de son fils accrochée sur son cœur. Cette première rencontre fut douloureuse parce que cet homme avait non seulement perdu son fils mais n’était également pas reconnu comme père de martyr, le corps du garçon n’ayant pas été retrouvé.
Nous sommes sortis, toi et moi, ébranlés par cette rencontre, c’est à ce moment-là que je t’ai demandé de m’aider à trouver des parents qui accepteraient de témoigner.
Durant quatre mois, nous avons rencontré vingt familles. Chaque fois que nous étions accueillis par les parents, tu avais d’abord besoin d’échanger quelques mots autour d’un thé sucré que tu accompagnais toujours d’une cigarette. Lors de ces rencontres tu as très souvent pleuré. Je ne faisais les images qu’après vos longs échanges terminés.
Les prises de vue se déroulaient toujours en ton absence et dans le silence.
Une nuit, après deux mois nourris de toutes ces rencontres, tu m’as envoyé un sms qui disait « La mort est à ma porte. » Je t’ai répondu alors que si c’était trop douloureux pour toi, j’interromprais ce travail.
Deux semaines se sont écoulées et tu as décidé de poursuivre. J’étais d’accord, à condition que tu te protèges de toute cette détresse. Je t’ai dit  « Essaie de ne pas trop pleurer ».
Après avoir réalisé le dernier entretien, ce fut comme une évidence : nous avions terminé. Nous souhaitions rassembler tous les parents au sein d’un livre et d’une exposition. Sans doute notre manière de leur rendre hommage et peut-être apaiser leur peine, soulager leur chagrin, leur colère.
Nous avions décidé de prolonger ce témoignage en photographiant la fureur de vivre des jeunes Égyptiens du Caire depuis la révolution, mais tu as trouvé la mort en te baignant dans la mer Rouge par une journée d’été 2012.
Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme toi, un être élégant, unique par ta force et ta fragilité. Quand nous étions ensemble, tu étais égyptien, j’étais français, nous appartenions au monde.

Denis Dailleux

 

* Mahmoud Farag, artiste et vidéaste égyptien a travaillé avec Denis Dailleux sur ce projet en réalisant au Caire les entretiens avec les familles des victimes. Ces entretiens, retranscrits en arabe, sont traduits et mis en forme par Abdellah Taïa. Malheureusement, Mahmoud est décédé brutalement en Égypte lors de l’été 2012 sans avoir achevé son travail de retranscription et de rédaction, tâche qu’Abdellah Taïa a bien voulu accomplir.

 


 

EGYPT
The Martyrs of the Revolution

Mahmoud
When we first met, a year after the revolution, I was about to abandon my work on this subject.
We started by photographing a father who I had met at Tahrir Square, walking around in circles with a photo of his son attached to his chest. It was a poignant meeting, because this man had not only lost his son, but as the youth’s body was never found, he was not seen either as the father of a martyr.
When we left, you and me, shaken by this experience, I asked you to help me to find parents who would be prepared to tell their story.
Over the space of four months, we met twenty families. At every meeting, you always had to have a few words with the parents, over a sugary tea which you invariably accompanied with a cigarette. You often wept during those meetings. I would take the photos only after you had finished your long discussions.
I took my photos without you and in silence.
One night, after two months full of such meetings, you sent me a texto saying « I am at death’s door ». I answered you to say that if it was too difficult, I would stop the project.
Two weeks went by and you decided to continue. I agreed, provided that you shield yourself from all the distress. I said “try not to cry too much”.
After having done the last interview, it became obvious : we had finished our work. We had wanted to gather all the parents together in a book and an exhibition. That was certainly our way to pay tribute to them and maybe to ease their suffering, their sadness, their anger.
We decided to continue the work by photographing the enthousiasm for life that we saw amongst the young Egyptians in Cairo after the revolution, but you died while swimming in the Red Sea on a summer’s day in 2012.
I have never met anyone like you, an elegant being, unique in your strength and your fragility. When we were together, you were Egyptian, I was French, we belonged to the world.

Denis Dailleux

* Mahmoud Farag, an Egyptian artist and video producer, worked with Denis Dailleux on this project interviewing the families of victims in Cairo. These interviews, transcribed in Arab, were translated and edited by Abdellah Taïa. Sadly, Mahmoud died unexpectedly in Egypt in Summer 2012 without having been able to complete this work, a task that Abdellah Taïa was happy to assume.

 


 

EGIPTO : LOS MÁRTIRES DE LA REVOLUCIÓN

Mahmoud*

Un año después de la revolución, cuando nos volvimos a encontrar, yo estaba a punto de abandonar este trabajo sobre la memoria.

Empezamos por fotografiar a un padre que yo había conocido en la Plaza Tahrir y que erraba con una foto de su hijo prendida sobre el pecho. Este primer encuentro fue muy doloroso porque este hombre no sólo había perdido a su hijo, pero tampoco fue reconocido como el padre del mártir, ya que el cuerpo del joven nunca fue encontrado.

Tanto a ti como a mi, este encuentro nos perturbó mucho y fue entonces que te pedí me ayudaras a encontrar otros padres que estarían dispuestos a declarar.

Durante cuatro meses, logramos encontar a veinte familias. Cada vez que estos padres nos daban la bienvenida, tu conversabas con ellos primero para intercambiar algunas palabras con un té dulce que siempre acompañabas de un cigarrillo. En estas reuniones a menudo llorabas. Yo esperaba hasta el final y realizaba siermpre las fotografías después, en tu ausencia y en silencio.

Una noche, después de dos meses de reuniones como estas, me enviaste un mensaje de texto diciendo « La muerte está en mi puerta « . Te dije entonces que estaba dispuesto a interrumpir el trabajo si ésto era demasiado doloroso para ti.

Dos semanas después decidiste continuar. Estuve de acuerdo, siempre y cuando te protegieses de toda esa angustia. Y te dije:  » Trata de no interiorizar tanto « .

Después de realizar la última entrevista, fue como una revelación : habíamos terminado. El objetivo era reunir a todos esos padres en un libro y una exposición. Probablemente nuestra forma de honorarlos y tal vez aliviar su dolor, su tristeza y su rabia.

Decidimos entonces prolongar este testimonio fotografiando el furor de los jóvenes egipcios del Cairo después de la revolución, pero desgraciadamente tu fallesiste en el Mar Rojo bañándote en un día de verano en 2012.

Nunca conocí a alguien como tú, un ser refinado, fuerte y frágil a la vez. Cuando estábamos juntos, tú eras egipcio yo francés, y pertenecíamos al mundo.

Denis Dailleux

*Mahmoud Farag, artista camarógrafo egipcio colaboró con de Denis Dailleux en este proyecto, realizando las entrevistas con las familias de las víctimas en El Cairo. Desafortunadamente, Mahmoud murió repentinamente en Egipto durante el verano de 2012, sin haber terminado su trabajo de transcripción y de escritura, por lo cual Abdellah Taia ha aceptado amablemente de interpretarlas y traducirlas.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/7402-Dailleux-2.jpg 2362 1661 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232026-02-27 16:29:39ÉGYPTE, LES MARTYRS DE LA RÉVOLUTION
Bruno PACCARD / Ernest PIGNON-ERNEST

DANS LES PRISONS DE LYON…

13 novembre 2023/par Faitetcause

Les auteurs :
L’artiste Ernest Pignon-Ernest et le photographe Bruno Paccard ne se connaissaient pas avant de travailler sur les prisons de Saint Paul et Saint Joseph. Ernest Pignon Ernest est considéré comme l’un des précurseurs du street art en apposant des images peintes ou dessinées sur les murs de la ville. Bruno Paccard, lui, est un photographe basé à Lyon.

Saint Paul et Saint Joseph :
Saint-Paul et Saint-Joseph sont deux prisons de Lyon construites au XIXème siècle par Louis Baltard et Antonin Louvier.
Devenues vétustes et surpeuplées, elles ont été désaffectées en 2009 après que les détenus ont été transférés dans un nouveau centre pénitentiaire.
Un projet, porté par la Sofade, l’Université catholique de Lyon et Habitat et Humanisme, prévoit la création de bureaux, de logements sociaux et d’un campus universitaire (de 5 000 étudiants) dont l’inauguration est prévue en 2015.Bruno Paccard et Ernest Pignon-Ernest
Le photographe Bruno Paccard vit et travaille à Lyon. Ces prisons ont longtemps fait partie de son environnement. Il a été missionné par les Archives municipales de la ville pour y réaliser un reportage après leur fermeture.
Plasticien, initiateur de l’art urbain, Ernest Pignon-Ernest a réinscrit sur les murs de ces prisons désaffectées (où il avait animé vingt ans plus tôt des ateliers de peinture), le souvenir de ceux qui y ont été incarcérés.
Nés à Nice et dans le même quartier, mais à quatre années de distance, Ernest Pignon-Ernest et Bruno Paccard y ont passé – sans se connaître – leur enfance et leur adolescence.
Ils se sont rencontrés, à Lyon, au moment où ils travaillaient l’un et l’autre dans les prisons Saint-Paul et Saint- Joseph désaffectées.
De cette rencontre sont nées une amitié et des images croisées. Michel Onfray, Philosophe de l’autonomie de pensée et de vie, personne ne pouvait mieux que Michel Onfray, présenter les images de Bruno Paccard et d’Ernest Pignon-Ernest.
Sans juger des raisons qui ont amené à l’enfermement des condamnés pendant près de deux siècles, il y a dans le fait même de la détention une atteinte d’ordre ontologique qui dépasse tel ou tel cas particulier et demande à se fondre, se reconnaître en une seule image à la fois unique et multiple, singulière et universelle. Ernest Pignon-Ernest
Dans ces bâtiments d’un autre âge, en parcourant ces graffitis, comment ne pas entendre l’écho des cris, des hurlements, des pleurs, des plaintes que renvoyaient ces murs glauques.

Comment ne pas ressentir la rage dans ces pauvres mots : « Ici, les rats te serrent la main, ils mangent mieux que nous, subit, mais n’oublis pas. »
Une phrase à laquelle je pense souvent et qui se passe de commentaire : « La prison c’est dure, la liberté c’est sure, Aïe, Aïe ! ». Bruno Paccard Dans l’absolu, toute prison est barbare parce qu’elle met l’homme en cage et lui fait payer d’avoir pu être barbare une fois, un jour, une heure, une seconde fatale (mais pas forcément…) par un châtiment qui est la réitération de l’offense.
…
La prison est pleine de boucs émissaires qui dispensent d’avoir à emprisonner les coupables véritables : ceux qui animalisent des personnes auxquelles elles reprochent un jour de se comporter comme des animaux… Michel Onfray

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto72dpiL1920px_001.jpg 1368 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232026-02-27 16:35:18DANS LES PRISONS DE LYON…

ÉFFACÉS DU MONDE

13 novembre 2023/par Faitetcause
Ethiopie / Burkina Faso – 2013

Effacés. Les gens que je photographie le sont à plusieurs niveaux : ils sont placés au dernier rang de leur société et sont souvent rejetés par leur communauté, car ils sont la preuve vivante d’une malédiction pour leur famille et pour leur village.
Effacés aussi car la maladie dévore leur visage. Noma vient du grec numein : dévorer.
Ils sont nés pauvres et subissent les mauvaises conditions de vie qui en découlent. Ils sont donc plus fragiles et vulnérables devant toutes les sortes d’infections.

Le Noma n’est pas assez reconnu et particulièrement des populations qui en sont les premières victimes aujourd’hui : les villages reculés du monde, où la pauvreté, la malnutrition sévère et le manque d’hygiène en sont les conditions de développement.
Le Noma existait encore en Europe jusqu’au début du XXème siècle. Des cas ont cependant été décelés pendant la deuxième Guerre Mondiale dans les camps de la Mort.

Aujourd’hui, chaque jour encore, plus de 400 enfants de moins de six ans sont touchés par cette maladie qui dévore irrémédiablement leur visage. Quelques heures après les premiers symptômes et l’inflammation qui gangrène de manière foudroyante, débutant par la bouche, il est déjà trop tard ! Il détruit à la fois les tissus mous et osseux. Le Noma nécessite donc une prise en charge dès les premiers symptômes sans quoi il risque d’entraîner la mort pour 80% des victimes. 20% vivent avec un visage meurtri et un traumatisme important.
Les associations, qui travaillent principalement en Afrique, ont besoin de soutien.
En Amérique du Sud et en Asie du Sud, où il est certain que le Noma existe, aucune association ne s’est encore créée pour aider les enfants qui meurent tous les jours dans l’indifférence.

Lorsque j’ai découvert le Noma en 2012, je me suis aperçue que souvent, les associations qui œuvrent pour aider les personnes qui en sont atteintes présentent sur leur site des images qui illustrent trop brutalement l’horreur. Cela dessert l’objectif qui est de fédérer le plus grand nombre de personnes à la cause de cette maladie encore taboue en Europe. Etant très sensibilisée aux problématiques sociales et humanitaires en France et à l’étranger, mes sujets de prédilection portant sur des causes oubliées de l’actualité, il m’est apparu évident de travailler sur ce sujet.
Début 2013, j’ai donc contacté certaines de ces associations pour les aider à faire connaitre leurs actions. C’est ainsi que de mars à mai 2013, j’ai suivi « Project Harar » en Ethiopie. Sa mission consiste à soigner des personnes atteintes de malformations au visage souvent dues à des maladies, dont le Noma. J’ai accompagné ensuite en novembre 2013, « Sentinelles » au Burkina-Faso.
J’ai décidé d’aller à la rencontre des malades et de rendre compte de l’importance d’un travail qui permet aux victimes d’avoir un autre destin que celui que la maladie leur inflige.
Je témoigne également de leur courage à faire face et je souhaite mettre en lumière l’engagement des médecins pratiquant l’acte chirurgical et réparateur dans les salles d’opération.
Je souhaite donner une visibilité à ce qu’il est difficile d’affronter pour faire connaître le Noma au plus grand nombre, mais surtout, sensibiliser les populations locales afin d’améliorer la prévention et favoriser une prise en charge plus efficace pour les « petites victimes ».

Comme on me l’a confié : « c’est déjà tellement bien de se retrouver avec quelque chose qui ressemble presque à un nez, de pouvoir desserrer les dents, ouvrir un peu la bouche… que malheureusement, ils ne sont pas toujours au rendez-vous de la prochaine mission quelques mois plus tard ». Ils pourront cependant, pour la plupart d’entre eux, retourner dans leur village avec de nouvelles perspectives de vie car enfin un autre regard sera porté sur eux.
Les personnes photographiées dans cette série sont soit des miraculées du Noma, soit atteintes d’autres maladies faciales.

Mylène Zizzo

Biographie
Originaire de la Ciotat où elle vit, Mylène Zizzo a découvert Ia photographie en 2003, à Madagascar après des études de langues et d’ethnologie. Après plusieurs années de pratique autodidacte et de voyages humanitaires, elle fait le choix de se professionnaliser (London College of An-Londres, EMI-CFD-Paris). Dans ses travaux, elle cherche à confronter le lecteur à une réalité et susciter un questionnement. En 2007, elle travaille sur la remise en route d’un dispensaire au Mali  » Les Maux de visu « , puis en 2009 sur le traitement illégal des déchets et ses conséquences en Italie « Le Triangle de la mort italien ». Récemment, son travail auprès d’une association marseillaise « Serena », vieille de 300 ans et qui vient en aide à des enfants a fait l’objet d’un livre.

 


 

FACELESS
Ethiopia – Burkina-Faso 2013

Faceless. The people in my photos are faceless in several ways: they are at the lowest rung of the social level and are often outcasts in their own communities, because they are the living proof of a curse on their families and their villages.
Faceless also because the illness devours their faces. Noma comes from the Greek numein, to devour.
They are born poor and bear the consequences of the associated poor living conditions. They are thus more fragile and vulnerable to all sorts of infections. Noma is not a well-known illness and its principal victims are even less well-known, living in isolated villages, where poverty, severe malnutrition and a lack of hygiene all contribute to its development.
Noma existed in Europe until the beginning of the 20th century, and some cases were even found in the death camps during the Second World War.
Even today, every day more than 400 children under six are affected by this disease which destroys their faces irredeemably. Only a few hours after the first symptoms appear with an inflammation which starts at the mouths and propagates rapidly, it is already too late! It destroys both soft tissue and bone. Noma victims must therefore before treated immediately; otherwise they have an 80% chance of death. The 20% who survive live on with severe disfiguration and important psychological trauma.

The aid associations, who work principally in Africa, need support. Noma is certainly present in South America and Southern Asia as well, but no association exists there yet to help the children who die every day in general indifference.

When I discovered Noma in 2012, I realized that the associations who work to help the victims of the disease show terribly shocking images on their websites. This does disservice to the aim of rallying the maximum number of people to the cause of combating this disease which is still taboo in Europe. I was already concerned by social and humanitarian problems in France and abroad, my work being concentrated on themes not generally treated by the mainstream media, so it seemed altogether natural that I should work on this subject.

At the beginning of 2013 I contacted certain associations to help them communicate about their work, and so it came about that from March to May 2013 I had the opportunity to follow “Project Harar” in Ethiopia. This project aims to treat people suffering from facial deformations, often caused by illnesses, amongst which the Noma disease. I went on to cover “Sentinelles” in Burkina-Faso in November 2013. I decided to meet the sufferers and to showcase the work that allows victims to enjoy a destiny other than the one that their illness dictates. I bear witness to their courage and I also seek to highlight the work of the doctors who carry out reparatory surgery in the operating theatres. I want to give visibility to something that is hard to look at, raising the profile of Noma, but I want especially to educate the local populations in order to promote preventative action and to improve the treatment of the “little victims”.

As I was once told : “it is so great just to have something that looks almost like a nose, to be able to clench their teeth, open their mouths a little…that unfortunately they don’t always come back for the follow-up appointment several months later”. Most of them can, all the same, go back to their village with new perspectives because at last people will look at them differently. The people whose photos appear here are either miraculous survivors of the Noma disease, or else victims of other facial deformation afflictions.

 


 

OCULTADOS DEL MUNDO
Etiopía – Burkina Faso 2013

Ocultados. Las personas de este reportaje lo son a varios niveles: siempre ocupando el último lugar en la sociedad y con frecuencia rechazados por su comunidad, ya que son la prueba viviente de una maldición para sus familiares y su pueblo.
Ocultados también porque la enfermedad les come la cara. Noma viene del griego numein: devorar.
Nacieron pobres y subsisten en las malas condiciones de vida que resultan. Son más frágiles y de hecho vulnerables a todo tipo de infecciones.

El Noma no es suficientemente conocido aún y en particular por aquellos que son sus primeras víctimas: los pueblos que viven aislados del mundo, donde la pobreza, la malnutrición y la falta de higiene crean las condiciones aptas para su desarrollo.
El Noma existía todavía en Europa hasta principios del siglo XX. Algunos casos, sin embargo, fueron detectados durante la Segunda Guerra Mundial, en los campos de concentración.
Hoy aún, cada día, más de 400 niños menores de seis años de edad son infectados por esta enfermedad que les devora irreparablemente el rostro. Pocas horas después de los primeros síntomas y de la inflamación que gangrena de manera abrumadora comenzando por la boca, que ya es demasiado tarde! Destruyendo la carne y el hueso a la vez. Por ello, el Noma necesita cuidado inmediato desde el primer indicio, de lo contrario puede causar la muerte en el 80 % de las víctimas. 20 % sobreviven con la cara desfigurada y un trauma muy importante.
Las Asociaciones que trabajan por esta causa principalmente en África, necesitan apoyo.
En América del Sur y en el sudeste de Asia, no existe ninguna asociación para ayudar a los niños que padecen y mueren todos los días en la indiferencia.

Cuando descubrí el Noma en 2012, me di cuenta de que a menudo las asociaciones que trabajaban para ayudar a las personas afectadas presentaban en sus sitios web imágenes muy duras e impresionantes para ilustrar los estragos que provoca. Lo que paradójicamente no ayuda a federar el mayor número de individuos a la causa de esta enfermedad que sigue siendo un tabú en Europa. Muy sensible a los problemas sociales y humanitarios en Francia y en el extranjero, mis reportajes se orientan más hacia las causas olvidadas, por ende este tema me parecía evidente.

A principios de 2013, me puse en contacto con algunas de estas asociaciones para ilustrar sus acciones y es así como en mayo de 2013 acompañé en Etiopía a la asociación inglesa « Project Harar ». (Proyecto Harar) Su misión es operar a las personas con deformidades faciales, a menudo debido al Noma. En noviembre de 2013 acompañé en Burkina Faso a la asociación suiza « Sentinelles » (Centinelas).
Quería ir al encuentro de los pacientes para poder mostrar la importancia de una acción que permite cambiar el destino de las víctimas, de aquel que la enfermedad les inflige.
Mostrar el coraje de aquellos niños a enfrentar su realidad y destacar el trabajo y la dedicación de los médicos que practican la cirugía de reparación en las salas de operaciones.
Quisiera dar mayor visibilidad a lo que es difícil de enfrentar para que la gente sepa lo que es el Noma. Pero sobre todo, educar a la población local para mejorar la prevención y la promoción de cuidados más eficaces para las « pequeña víctimas ».

Como me dijeron una vez: « Ya es un logro enorme de poder mirarse con algo que se ve casi como una nariz, de poder aflojar la mandíbula y abrir un poco la boca … pero desgraciadamente, no siempre regresan a los pocos meses (para la próxima operación) y así seguir siendo tratados». Sin embargo, la mayoría de ellos podrá regresar a su pueblo con nuevas perspectivas de vida, y serán mirados de otra manera.
Las personas fotografiadas en esta exposición son todas víctimas del Noma o de otras enfermedades faciales.

Mylène Zizzo

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/01-2018-09-25-1.jpg 867 624 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232026-02-27 14:35:23ÉFFACÉS DU MONDE

TOUT EST FRAGILE

13 novembre 2023/par Faitetcause

Ce projet est né de la rencontre entre un photographe et un metteur en scène dans un lieu magique du sud de la France, la Bergerie de Berdine.
La Bergerie de Berdine est un hameau associatif, communautaire et humanitaire qui a fêté ses 40 ans en 2013. Depuis sa création, l’association accueille sans interruption des personnes en grande difficulté, notamment toxicomanes et alcooliques.
En 1977, elle acquiert un hameau en ruine d’une quinzaine de maisons sur le plateau de Courennes à Saint Martin de Castillon dans le Vaucluse.
Au fil des ans la vie revient… En reconstruisant le village les personnes accueillies se reconstruisent elles-mêmes et retrouvent le goût de vivre grâce à la règle d’abstinence.
Chacun selon ses capacités apporte sa pierre à l’édification du village :
65 logements, réfectoire, cuisine, sanitaires, ateliers : boulangerie, miellerie, fromagerie, menuiserie, poterie, forge, bergeries, coupe et livraison de bois de chauffage, cultures maraîchères… ainsi que des bureaux, hangars agricoles et garages ont été réalisés. Depuis sa création la Bergerie de Berdine a accueilli en moyenne de 100 à 150 personnes par an.
Ainsi cette forme de vie communautaire a permis de répondre à une importante demande d’accueil en proposant à chacun un nouveau départ vers une authentique réinsertion.
Berdine a sa chapelle où se déroulent des réunions quotidiennes, matin et soir, pour faire un point ou donner la parole à qui en a besoin ou envie.
Chacun vient là librement et repart lorsqu’il le désire. La condition, c’est de participer au travail de la communauté. Luc Choquer, touché par l’humanité et le cœur de cette communauté, s’est rendu régulièrement à Berdine pour photographier les Berdinois durant l’année 2013.
Ces photos ont donné lieu à une exposition lors des Rencontres photographiques d’Arles 2013.
Parallèlement à ce travail photographique, suivant les conseils de Jean-Louis Trintignant – un ami et voisin de Berdine – certains se sont mis à faire du théâtre sous la direction d’un metteur en scène parisien, Philippe Combenègre. Il venait animer un atelier plusieurs jours par mois. Ils sont une vingtaine à avoir participé activement et quinze d’entre eux ont répété une pièce de théâtre, Clérambard de Marcel Aymé.
Cette pièce a été jouée pour une représentation exceptionnelle en Arles dans le même lieu et au même moment que l’exposition de Luc Choquer.

Cette rencontre entre la photo et le théâtre a permis de mettre en lumière l’action de cette association, de présenter les Berdinois et de les voir sur scène, donnant naissance à une œuvre à part entière.

 


 

This project was born out of an encounter between a photographer : Luc Choquer and a director : Philippe Combenègre in La Bergerie de Berdine, a magical place in the south of France. Founded forty years ago La Bergerie de Berdine is a community of eighty people who come to re-establish their health, often after addiction either to drugs or alcohol. Some stay a few months, while others have been there for twenty years. Still others have died there. At the moment, one of the residents is a young baby (along with parents!).

Berdine has a chapel in which there are regular meetings, morning and evening, to discuss things and allow those who need or want to speak to express themselves. There is also a cemetery, a vegetable garden, a place where wood is cut for heating, husbandry (sheep, pigs, goats), some behives, areas for the production of goats cheese, organic bread, ceramics and honey. Everyone in the community comes and goes as they please. The only condition is that they participate in the work of the community. Photographer, Luc Choquer, touched by the humanity and heart of the community, regularly goes to Berdine to take photos of its residents.

This event is supported by the Galerie FAIT & CAUSE, La Bergerie de Berdine and Ares association.

 


 

Este proyecto nace del encuentro entre un fotógrafo y un director de teatro, en un lugar mágico al sur de Francia, el Aprisco de Berdine.

El Aprisco de Berdine, es una aldea asociativa, comunitaria y humanitaria que celebró su 40 aniversario en 2013. Desde su creación, la asociación acoge sin interrupción a las personas en gran dificultad, incluyendo los drogadictos y los alcohólicos.
En 1977, la asociación adquiere una aldea en ruinas de una docena de casas en la altiplanicie de Courennes en Saint Martin de Castillon, en el departamento francés de Vaucluse, ubicado en la región Provenza-Alpes-Costa Azul.
A medida que pasa el tiempo, el lugar retoma vida… Al reconstruir el pueblo, las personas acogidas se reconstruyen a sí mismos y encuentran nuevamente ganas de vivir, respetando la regla de abstinencia.
Cada uno según sus capacidades, aporta su contribución a la reconstrucción del conjunto:
65 unidades de alojamiento, comedor, cocina, baños, talleres de panadería, de miel, de queso, de carpintería, cerámica, herrería, cría de ovejas, corte y entrega de leña, horticultura… como así también oficinas, graneros, galpones y garajes. Desde sus inicios, el Aprisco de Berdine acogió un promedio de 100 a 150 personas por año.
Es así como esta forma de vida comunitaria responde a una importante demanda, proponiendo a todos una rehabilitación verdadera para poder recomenzar una nueva vida.
Berdine tiene su capilla propia donde se llevan a cabo reuniones cotidianas, mañana y tarde, para hacer un punto o dar la palabra a los que lo deseen.
Cada individuo va y viene libremente según su voluntad. La única condición es de participar en el trabajo comunitario.
Sensible a la acción y a la humanidad de esta comunidad, Luc Choquer frecuenta Berdine durante el año 2013 para poder retratar a los “Berdineses”.
Estas fotos han dado lugar a una exposición fotográfica en los Encuentros de Arles 2013.
Junto con este trabajo fotográfico y siguiendo los consejos de Jean-Louis Trintignant – un amigo y vecino de Berdine – algunos berdineses comenzaron a hacer teatro bajo la dirección de un director parisino, Philippe Combenègre, que se desplazaba varios días al mes para dirigir los cursos de teatro. Veinte de entre ellos participaron activamente y quince ensayaron una obra de Marcel Ayme, Clérambard.
Esta obra fue realizada para una representación especial en Arles, en el mismo lugar y al mismo tiempo que la exposición fotográfica de Luc Choquer.
Este encuentro entre la fotografía y el teatro contribuyó a destacar la labor de la asociación, a través de los retratos de los “berdineses” y luego viéndolos en escena, con la creación de una obra completa.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto-Choquer.jpg 1689 2362 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232025-11-06 16:07:17TOUT EST FRAGILE

LE MUR ET LA PEUR

13 novembre 2023/par Faitetcause

Quelle que soit l’appellation – mur, barrière ou clôture –, la construction par un état d’une séparation physique avec un pays voisin démontre l’échec de la diplomatie et de la conciliation, laissant la radicalisation l’emporter. Jamais, depuis le Moyen-Age, autant de murs, barrières et clôtures n’auront été érigés à la frontière entre deux pays, ou de plus anciens murs rénovés ou reconsolidés.
Ces murs attisent les tensions, aggravent les précarités, accentuent les fossés culturels et religieux entre les peuples, sans solutionner les problèmes qui poussent les gens à émigrer.

Dès 1993, l’Inde a entamé la construction d’un mur de séparation de trois mille deux cents kilomètres tout au long de sa frontière terrestre avec le Bangladesh. Fait de briques dans quelques villes frontalières et d’une double haute clôture de fils de fer barbelés dans les campagnes et villages, ce mur est le plus long du monde.
Les autorités indiennes en justifient l’édification par la protection de l’infiltration de terroristes islamistes agissant dans certaines régions indiennes indépendantistes, l’immigration économique bangladaise et la lutte contre les trafics illégaux de marchandises.

Cette frontière, sévèrement gardées par la Border Security Force indienne et la Border Guard Bangladesh, est également la plus dangereuse puisque, selon les chiffres officiels, une personne a été tuée tous les cinq jours au cours de ces dix dernières années. La BSF est également accusée d’arrestations musclées, d’actes de torture et de viols. La quasi-totalité des victimes sont des Bangladais qui, pour des raisons économiques, familiales, religieuses, sanitaires, environnementales… tentent de traverser la frontière. Comment les blâmer alors que le pays souffre de tous les maux : grande pauvreté, grave surpopulation, fréquentes tensions politiques, catastrophes naturelles récurrentes… Le rêve d’une vie meilleure l’emporte sur le danger encouru. Le mur à franchir devient le symbole de tout ce que les Bangladais veulent fuir.

Gaël Turine

 


THE WALL AND THE FEAR

Whatever term you use for it – walls, barriers, fences – a state constructing a physical separation from a neighbouring country is a demonstration of the failure of diplomacy and conciliation, leaving only radicalisation to prevail. Never, since the Middle Ages, have so many walls, barriers and fences been constructed on the borders between two countries.

These walls stir up underlying tensions, aggravate precarious situations, and accentuate cultural and religious divides between peoples, without resolving the problems that impel people to emigrate.

Since 1993, India has embarked upon the construction of a three thousand two hundred kilometres dividing wall along the entirety of its land border with Bangladesh. Built of bricks in some border towns and of double-height barbed wire fence in the countryside and villages, it is the longest wall in the world.

The Indian authorities justify its construction on the grounds of protection from the infiltration of islamist terrorists operating in certain Indian regions seeking independence, Bangladeshi economic migration and the fight against illegal goods trafficking.

This border, strictly guarded by the Indian Border Security Force (BSF) and the Border Guard Bangladesh (BGB), is also the most dangerous; according to official figures, one person has been killed every five days in the course of the last ten years. The BSF is accused of violent arrests, acts of torture and rape. Virtually all of the victims are Bangladeshis who, for reasons of economics, family, health, environment, etc., are trying to cross the border. Who can blame them, given the country’s troubles: extreme poverty, massive overpopulation, frequent political tensions, recurrent natural disasters, etc… The dream of a better life outweighs the risk. The wall that bars their way becomes the symbol of everything they want to escape.

Gaël Turine

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto-LE-MUR-ET-LA-PEUR-1.jpg 2353 1690 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:09:232025-04-11 17:19:33LE MUR ET LA PEUR
Page 7 sur 14«‹56789›»

Pages

  • Accueil
  • Bibliothèque
  • Contact
  • Expositions
  • Faire un don
  • Galerie
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité
  • Test Mohammed

Catégories

  • Aucune catégorie

Archive

    Image

    Lettre d’information

      

    58 rue Quincampoix
    75004 Paris – France
    +33 (0)1 42 74 26 36
     

    En période d’exposition
    ouverture du mercredi au samedi
    de 13h30 à 18h30. Entrée libre
    M° Rambuteau – Les Halles

    Pour Que l’Esprit Vive

    Association loi 1901 reconnue d’utilité publique

    Siège social :
    20 rue Lalande
    75014 Paris – France
    T. 33(0)1 81 80 03 66
    www.pqev.org
    © Copyright FAIT & CAUSE    Contactez-nous Politique de confidentialité Mentions légales
    Faire défiler vers le haut

    Nous utilisons des cookies sur notre site internet pour vous offrir l'expérience la plus pertinente en mémorisant vos préférences et vos visites répétées. En cliquant sur "Accepter tout", vous consentez à l'utilisation de TOUS les cookies. Toutefois, vous pouvez visiter "Paramètres des cookies" pour fournir un consentement contrôlé.

    AccepterRefuserParamètres

    Paramètres des cookies & protection de la vie privée



    Comment nous utilisons les cookies

    Nous pouvons demander que les cookies soient réglés sur votre appareil. Nous utilisons des cookies pour nous faire savoir quand vous visitez nos sites Web, comment vous interagissez avec nous, pour enrichir votre expérience utilisateur, et pour personnaliser votre relation avec notre site Web.

    Cliquez sur les différentes rubriques de la catégorie pour en savoir plus. Vous pouvez également modifier certaines de vos préférences. Notez que le blocage de certains types de cookies peut avoir une incidence sur votre expérience sur nos sites Web et les services que nous sommes en mesure d'offrir.

    Cookies essentiels pour le web

    Ces cookies sont strictement nécessaires pour vous délivrer les services disponibles sur notre site et pour utiliser certaines de ses fonctionnalités.

    Du fait que ces cookies sont absolument nécessaires au bon rendu du site, les refuser aura un impact sur la façon dont il fonctionne. Vous pouvez toujours bloquer ou effacer les cookies via les options de votre navigateur et forcer leur blocage sur ce site. Mais le message vous demandant de les accepter/refuser reviendra à chaque nouvelle visite sur notre site.

    Nous respectons votre choix de refuser les cookies mais pour éviter de vous le demander à chaque page laissez nous en utiliser un pour mémoriser ce choix. Vous êtes libre de revenir sur ce choix quand vous voulez et le modifier pour améliorer votre expérience de navigation. Si vous refusez les cookies nous retirerons tous ceux issus de ce domaine.

    Nous vous fournissons une liste de cookies déposés sur votre ordinateur via notre domaine, vous pouvez ainsi voir ce qui y est stocké. Pour des raisons de sécurité nous ne pouvons montrer ou afficher les cookies externes d’autres domaines. Ceux-ci sont accessibles via les options de votre navigateur.

    Code de Suivi Google Analytics

    Ces cookies collectent des informations de manière compilée pour nous aider à comprendre comment notre site est utilisé et combien son performantes nos actions marketing, ou pour nous aider à personnaliser notre site afin d’améliorer votre expérience de navigation.

    Si vous ne souhaitez pas que votre visite soit pistée sur notre site vous pouvez bloquer ce pistage dans votre navigateur ici :

    Autres services externes

    Nous utilisons également différents services externes comme Google Webfonts, Google Maps, autres hébergeurs de vidéo. Depuis que ces FAI sont susceptibles de collecter des données personnelles comme votre adresse IP nous vous permettons de les bloquer ici. merci de prendre conscience que cela peut hautement réduire certaines fonctionnalités de notre site. Les changement seront appliqués après rechargement de la page.

    Réglages des polices Google :

    Réglages Google Map :

    Réglages reCAPTCHA :

    Intégrations de vidéo Vimeo et Youtube :

    Politique de Confidentialité

    Nous utilisons également différents services externes comme Google Webfonts, Google Maps, autres hébergeurs de vidéo. Depuis que ces FAI sont susceptibles de collecter des données personnelles comme votre adresse IP nous vous permettons de les bloquer ici. merci de prendre conscience que cela peut hautement réduire certaines fonctionnalités de notre site. Les changement seront appliqués après rechargement de la page.

    Réglages des polices Google :

    Réglages Google Map :

    Réglages reCAPTCHA :

    Intégrations de vidéo Vimeo et Youtube :

    Accepter les réglagesMasquer uniquement les notifications