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Fait & Cause, Photographie Militante

A MON CORPS DÉRANGEANT

24 juillet 2024/par Faitetcause

France / Pays-Bas – 2011/2014

Ce travail photographique est un hymne au corps « différent », au corps considéré parfois comme dérangeant. C’est avant tout un hymne aux émotions, aux sentiments, à ces amours souvent insoupçonnées et que l’on voudrait quelquefois interdire.

À chacun le droit de sentir, de s’émouvoir, d’aimer, croit-on. Autant de droits fondamentaux auxquels l’individu n’a pourtant pas forcément accès. Comme si chacun pouvait tout avoir, comme s’il suffisait de vouloir.

Ce travail se veut un hymne au corps que l’on évite ou que l’on cache. Ce corps tordu qui – comme tout autre – exprime sa sensualité, ses émotions, pour une ode à l’amour, réalité partagée par tous, quels que soient son apparence, son héritage, son handicap.

Dans une société où l’omniprésence des codes érotiques est une banalité quotidienne, le diktat de l’image est une constante à laquelle on ne peut échapper. Pourtant, à l’heure où nous sommes submergés d’images sur la sexualité, et que nous-mêmes les véhiculons, le corps de l’autre « différent » contrarie.
Alors que les médias nous vantent sexe et caresses pour le bien-être de chacun… tous se réfèrent aux stéréotypes propres à notre époque et ne s’éloignent guère des standards existants. Il est peu coutumier de s’appesantir sur la différence. Le handicap est fui, occulté, et la sexualité des personnes handicapées taboue.

De par leur condition, mais aussi trop souvent parce que « ceux qui peuvent » – proches, personnel médical, ou même parfaits inconnus – ont choisi de leur imposer des limites, les personnes handicapées n’ont pas forcément accès à la sexualité. C’est ainsi qu’au nom du bien pour tous, de la bienséance, de la morale, la majorité bien-pensante dicte ce qui est convenable et ce qui doit être permis ou non. L’individu se retrouve dès lors dans un cadre de vie préétabli par les « bienveillants » et auquel on voudrait qu’il se conforme. Et le regard porté sur le handicap devient source de discrimination.

Rencontres passagères ou relations durables, ce reportage a été effectué avec le concours de divers couples.
Parmi eux, certains n’ont pas la chance d’avoir trouvé de partenaire, et revendiquent malgré tout le droit à la sexualité. C’est ainsi que les images d’Aminata et Daniel, réalisées au Pays-Bas, apportent un éclairage distinct qui n’exclut en rien tendresse et attention.
Apparue dans les années 1980, l’assistance sexuelle reste un sujet tabou en France où les autorités l’assimilent à la prostitution… notamment parce qu’aucun cadre légal ne lui est accordé. Droit à la sexualité pour les uns, marchandisation des rapports sexuels pour les autres, le sujet fait débat et divise tandis que des formations très encadrées sont dispensées dans plusieurs pays d’Europe.

La situation des personnes handicapées n’est-elle que le reflet de la perception qu’un peuple a de ses semblables « différents »?
Sous prétexte de corps « abîmés », les personnes handicapées auraient-elles moins de droits que les autres ? Leur accès à la sexualité serait-il secondaire ? Aurions-nous tendance à oublier qu’il y a une personne derrière un handicap ?
La véritable barrière entre personnes valides et handicapées est la plupart du temps dressée par les valides. Elle n’est en général justifiée que par des préjugés. Et lorsqu’ils s’effondrent, il ne reste que deux êtres face à face qui se découvrent… si semblables.

Dans ce reportage, il s’agit de poser un regard différent sur autrui. Ici les handicaps se dévoilent, là ils se font plus discrets… et les images se font moins gênantes. Preuve en est que tout est question d’appréciation.

Pourquoi, au fond, suis-je troublé par cette différence ? N’est-ce pas à moi de m’adapter ?
Faire le premier pas, passer outre les modèles établis et les préceptes « vertueux », c’est le chemin que n’ont pas hésité à parcourir les personnes photographiées. Elles osent s’afficher pour défendre une cause qui paraît être la leur, alors qu’elle est celle de tous : l’amour n’est-il pas universel ?

Jérôme Deya

 

INCONVENIENT NUDES
(À mon corps dérangeant)
France – Netherlands – 2011- 2014
This work is a hymn to unusual bodies, bodies some people think should be veiled.
It is above all a hymn to emotions, sentiments, and to the often unexpected loving relationships
that some people would wish to ban.

Everyone should have the right to feel, to have emotions, and to love. It’s as though everybody could have it all, as though you only had to wish for it to happen. These fundamental rights are nonetheless not shared by everyone.

This documentary is intended to be an ode to bodies which may cause some to avert their gaze, or which may simply remain hidden away. The twisted body, which, like any other, expresses its sensuality and emotions in the name of an ode of love, a reality felt by all of us, whatever our appearance, background, or disability.

In our society where erotic codes have become omnipresent and banal, the dictate of the image has become an inescapable constant. But while we are overwhelmed with images of sexuality, in which we are ourselves in collusion, these unusual bodies still bother us.
The media may extoll the virtues of sex and the caress for well-being of one and all, but they only refer to the stereotypes of our times and differ little from prevailing standards. It’s a rare thing indeed to see someone dwell on what is actually different. Handicap is shunned, hidden away, and the sexuality of people with disabilities is taboo.

Primarily because of their physical condition – but all too often also because “the sexually able-bodied” (friends and relations, medical staff, or even complete strangers) set up barriers – people with disabilities may not have access to sexuality. Thus in the name of the common good, and of lofty morals, the majority dictates what is acceptable, what should be allowed or not. The individual then finds him or herself confined to a pre-defined lifestyle to which he or she is expected to adapt. And society’s view of the handicap becomes a source of discrimination. »

Jérôme Deya

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/07/Recto-Concours-SOPHOT4.-J.Deya_.jpg 2362 1680 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-07-24 08:36:462026-02-27 16:16:19A MON CORPS DÉRANGEANT

AU-DELÀ DE L’URGENCE

3 mai 2024/par Faitetcause

Le Samusocial de Paris est un acteur central de la lutte contre l’exclusion. Aller vers, accueillir, soigner et héberger les personnes et les familles en grande précarité sont au cœur de ses missions. Organisé en Groupement d’Intérêt Public, il fédère les énergies d’équipes de professionnel·les et de partenaires publics et privés, autour de valeurs communes : l’égalité entre tous les individus, la solidarité collective pour venir en aide à toute personne en situation d’exclusion, la dignité pour toutes et tous.

Le Samusocial de Paris a une histoire militante, qui est aussi celle de la lutte contre l’exclusion. En 1993, face à l’augmentation du nombre de personnes sans abri depuis les années 1980 et aux défaillances des dispositifs pour leur venir en aide, Xavier Emmanuelli propose à Jacques Chirac, alors maire de Paris, de créer un dispositif d’urgence sociale. Dès sa création le Samusocial de Paris imagine des réponses innovantes à des besoins non couverts, mobilise des partenaires publics et privés, se rend auprès des personnes qui ne demandent plus rien.

Les équipes du Samusocial de Paris vont vers les personnes sans domicile, les écoutent, les accueillent, les orientent, les soignent, les hébergent, les accompagnent, en fonction de leurs besoins, envies et capacités pour les aider à sortir de la précarité. Derrière chaque personne accompagnée, ce sont plusieurs professionnel·les qui interviennent : soignant·es, travailleuses et travailleurs sociaux, mais aussi juristes, agent·es de restauration, animateur·rice·s, agent·es d’accueil, chauffeur·e accompagnant social, écoutant·es, et tant d’autres.

A l’occasion de ses 30 ans le Samusocial de Paris souhaite mettre en lumière ses professionnel·les et les personnes qu’ils·elles accompagnent, à travers le regard de la photographe Florence Levillain, qui en a capté les multiples visages.
Au-delà de l’urgence, les images révèlent la réalité d’un accompagnement multi-dimensionnel, celui de l’approche holistique tant défendue par le docteur Xavier Emmanuelli, dès la création du Samusocial de Paris. Il avait lors la volonté d’allier soutien médical, social et psychologique. Trente ans plus tard, cette approche s’est élargie à la prise en compte de l’ensemble des besoins de la personne – besoins qui peuvent évoluer dans le temps – pour l’aider à retrouver son autonomie dans toutes ses dimensions – matérielle, relationnelle, culturelle, juridique et sociale. La personne est ainsi accompagnée dans sa globalité.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/05/St-Michel-couloir72dpi1920px.jpg 1281 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-05-03 12:38:512024-10-19 17:38:18AU-DELÀ DE L’URGENCE

LOGISTIQUE

24 avril 2024/par Faitetcause

Dans une économie mondiale bouleversée par la crise sanitaire, le secteur du transport et de la logistique s’est avéré vital lorsqu’il a fallu maintenir à flot la chaîne d’approvisionnement ; le pays entier s’est aussi rendu compte de la nécessité des emplois qu’elle génère, mais pour autant, la question de la visibilité de la logistique et de la reconnaissance de ses travailleurs et de ses travailleuses reste entière.

Peu présente dans l’iconographie, ou même l’actualité, la logistique façonne pourtant nos paysages en France par l’implantation d’immenses et mystérieux entrepôts le long des grands axes de communication, souvent éloignés des centres villes, et elle emploie des dizaines de milliers de personnes, aux métiers et qualifications variées.

C’est ce monde assez peu connu, rouage essentiel de notre économie et de notre société, dont nous sommes toutes et tous les usager.e.s, que j’ai exploré afin de livrer des scènes de vie au travail, des portraits, accompagnés de témoignages, ainsi que des photos de paysage. J’ai arpenté des plateformes logistiques, mais aussi les routes qui les desservent pour y rencontrer celles et ceux qui y travaillent, à toute heure du jour et de la nuit. La « supply chain » ne dort jamais…

Si on voulait donner une définition rapide et synthétique de la logistique, on pourrait dire que c’est l’art et la manière de mettre à disposition un produit donné au bon moment, au bon endroit, au moindre coût et avec la meilleure qualité. Si d’un côté logistique rime avec Amazon et artificialisation des sols, crispant de nombreux esprits et faisant se déployer des banderoles de protestation, la filière est néanmoins le cinquième recruteur en France, comptant 1,8 million d’emplois en France, soit 4 fois le secteur automobile. J’ai donc souhaité m’intéresser aux gens de la filière, les rencontrer, savoir quels étaient leurs métiers, leurs itinéraires, connaître leur ressenti après la crise sanitaire et donner une visibilité à des professionnel.le.s qui n’ont probablement pas eu la reconnaissance qu’ils méritaient. Ce n’était pas pour eux que les casseroles résonnaient à 20 heures pendant le confinement du printemps 2020, et pas de mots doux non plus accrochés aux balcons. Comme beaucoup l’ont pourtant dit : « Si on n’était pas là, les frigos seraient vides ».

Au terme de nombreux échanges avec des experts, des chercheurs, différentes associations professionnelles (logisticiens purs ou acteurs de l’immobilier qui hébergent ces activités), j’ai pu réaliser ces reportages dans 5 entreprises, révélant des univers multiples ; j’y ai croisé le chemin de femmes et d’hommes qui chaque jour, à leurs postes, s’efforcent de satisfaire nos besoins essentiels mais aussi des désirs plus futiles ou compulsifs encouragés par une société de consommation toujours plus gourmande et frappée d’hyperactivité.
Parcours dans l’alimentaire avec FM Logistic, STEF et Biocoop, dans la cosmétique de luxe avec FM Logistic de nouveau, le textile avec la marque de vêtements féminins ba&sh et la messagerie avec Mondial Relay.
Les reportages ont été réalisés en Ile-de-France et dans le Loiret.

Ce reportage, pensé comme une mise en lumière de personnes trop souvent dans l’ombre, entend montrer ce que nous sommes nombreux à ne pas voir et à ignorer : le « back office » de notre consommation de biens et marchandises. Comme le disait Washington, agent de quai en messagerie : « Je crois que beaucoup de gens ne se rendent pas compte, il faut venir nous voir pour comprendre à quel point nous travaillons dur ».

Sophie Loubaton


« 
Ces photographies ont été produites dans le cadre de la grande commande nationale « Radioscopie de la France : regards sur un pays traversé par la crise sanitaire » financée par le Ministère de la culture et pilotée par la BnF. »

 


LOGISTICS

When the global economy faced severe disruption during the COVID crisis, the transport and logistics sector emerged as a vital element in keeping the supply chain intact. The whole country came to realise the importance of the sector’s labour force, but the visiblity of the industry and of its workers remains an open question.

Even though it is not an activity that the public identifies easily with, and is generally absent in the media, the logistics industry has nonetheless sculped the French countryside through the creation of huge, mysterious warehouses along major highways, often far from any major towns. It employs tens of thousands of people, with various roles and multiple qualifications.

I wanted to study this universe upon which we all depend, which remains relatively unknown even though it is an essential part of our economy and of our society. I photographed scenes of daily life at work, made portraits and interviews, as well as photographs of the landscape. I spent time visiting warehousing hubs, but I also explored the roads that feed them in order to meet those who work there, night and day. The supply chain never sleeps….

If you had to define logisitics in a quick and simple manner, you could say that it is the art of getting a given product to the right place, at the right time, as cheaply as possible and with the highest degree of quality. While for some, logistics means Amazon with its appetite for transforming greenfield sites into hangars, leading to protest marches, it is still the industry which is the fifth biggest employer in France, with 1,8 million employees, or four times those of the automotive sector. It is for that reason I decided to go out and meet the people working in logistics, to understand their jobs, their relationship with work, and to hear how they felt after the COVID crisis. Finally I hoped to give some visiblity to these professionnals whose real value was probably never fully recognised. The chorus of saucepans at 8pm during the confinement of Spring 2020, accompanied by words of encouragement hung from balconies, was not for them. However, as many of them remarked, « if we had not been there, the fridges would have gone empty ».

Following many discussions with experts, researchers, various professional organisations (either pure logistics operators or the owners of real estate dedicated to that activity) I was able to carry out this documentary in five different companies operating in different spheres ; I came across men and women who worked every day to satisfy our essential needs but also our most futile or compulsive desires, fuelled by a consumer society permanently wanting more and more.
A journey through the realm of food distribution at FM Logistics, STEF and Biocoop, of luxury cosmetics, again with FM Logistics, of textile with the women’s clothes brand ba&sh, and of parcel delivery with Mondial Relay, on site in the greater Paris region and the Loiret.

This documentary was designed to spotlight those who are too often in the shadows, showing what many of us never see and ignore : the « back office » of our consumption of goods. As Washington, a materials handler for a parcel distribution company, said, « I think that many people don’t realise just how hard we work, they should come and see to understand ».

Sophie Loubaton

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/04/LOUBATON_SOL175_22102_217e_HDrapido72dpi1920px.jpg 1440 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-04-24 16:17:232026-02-09 16:33:47LOGISTIQUE

GLASGOW DISPARAÎT

23 mars 2024/par Faitetcause

Photographe et cinéaste Chris Leslie est reconnu comme un chroniqueur important de l’histoire récente de la ville de Glasgow, sa ville natale. Il en documente depuis 9 ans la transformation.
C’est à partir de 2006 que la physionomie de la cité écossaise a été radicalement transformée.
Depuis, 30% des immeubles HLM de la ville ont été détruits entraînant une dispersion de communautés entières d’habitants.

Le photographe s’est alors questionné sur l’évolution de sa ville face à ces bouleversements spectaculaires. À travers ses chroniques, illustrées d’entretiens et d’archives collectées auprès d’anciens comme de nouveaux habitants, Chris Leslie nous restitue les histoires de ces personnes dont le quotidien semble être de faire face à un cycle interminable de démolition et de destruction.

C’est par le biais de la photographie mais aussi du court-métrage qu’il témoigne de ces transformations. Chris Leslie est un photographe et cinéaste documentaire récompensé par le prix BAFTA Scotland (New Talent) de Glasgow. C’est en 1996 dans les Balkans déchirés par la guerre qu’il entreprend un premier projet photographique comme bénévole dans un orphelinat de Sarajevo. Durant quatre étés, il travaille avec des enfants, enseignant les principes de base de la photographie.

En 2010, il est diplômé de Distinction en MA en Photographie Documentaire du London College of Communication. Son projet final était un projet multimédia, qu’il poursuit aujourd’hui sous le titre « Disappearing Glasgow ».

 


DISAPPEARING GLASGOW
By Chris Leslie

Photographer and filmmaker Chris Leslie is widely acknowledged as the most consistent chronicler of the city’s recent history. This new multimedia exhibition and accompanying book ‘Disappearing Glasgow’ documents an era of spectacular change in Glasgow through photography and film.

The skyline of Glasgow has been radically transformed as high rise tower blocks have been blown down and bulldozed. 30% of the cities High Rise flats have disappeared since 2006, communities dispersed across the city and the East End has ‘been raised from the ashes’ via the Commonwealth Games. Does this Disappearing Glasgow herald a renaissance in the city?

For the past 9 years Chris Leslie has self funded his own photography / multimedia project documenting this latest round of regeneration/demolition in his home city. By recording interviews and archive gathering with current and former residents he tells the stories of those on the frontline of what seems an endless cycle of demolition and destruction in Glasgow. The project exists as photographs as well as short multimedia films and objects found on the journey.

A photo book of Disappearing Glasgow was published in Oct 2016 by Freight Publishing – selling out of 1500 copies in 3 months. A second edition is planned for release in April 2017.

 


GLASGOW DESAPARECE

Fotógrafo y cineasta, Chris Leslie es uno de los cronistas más conocidos de la historia reciente de Glasgow. Su nueva exposición multimedia (fotografías y videos) y su libro, Disappearing Glasgow, son el testimonio de los cambios extraordinarios operados en la ciudad.

La destrucción de las torres de viviendas, ha transformado radicalmente el horizonte de la ciudad. Desde el 2006, 30% de los edificios HLM (Viviendas a alquiler moderado) ha desaparecido, dispersando a sus ocupantes a través de todo Glasgow. Y gracias a los Juegos del Commonwealth, el barrio East End ha “resucitado de sus cenizas”. ¿Quizás esta “desaparición” de Glasgow  solo sea la premisa que anuncia su renacimiento?

Durante nueve años Chris Leslie ha autofinanciado su proyecto de reportaje en torno a esta última fase de demolición/transformación de su ciudad natal. A través de sus crónicas y comentarios, ilustrando las entrevistas y recogiendo los testimonios de los antiguos y nuevos habitantes, el fotógrafo describe la historia y la vida cotidiana de esa gente frente a un ciclo sin fin de demolición y destrucción.

Este proyecto está constituido de fotografías, cortometrajes y también de objetos encontrados en los diferentes lugares durante el reportaje.

El libro Disappearing Glasgow fue publicado por primera vez en octubre el año 2016 por Freight Publishing y ha sido reimpreso en abril de 2017.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/03/01-Recto-2017-C.-LESLIE.jpg 1690 2364 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-03-23 12:18:342026-03-18 16:18:25GLASGOW DISPARAÎT

LES SOUFFRANCES DE L’ÂME

13 novembre 2023/par Faitetcause

QUELQUES EMPRUNTS D’ÂMES

Novembre 2022. Cela fait maintenant quatre fois que je me rends en Belgique, au sein du foyer de vie « CHRYSALIS ». Ce lieu accueille onze personnes handicapées mentales qui, comme des milliers d’autres, n’ont pas trouvé de refuge en France, soit par manque de structures d’accueil, soit à cause de leurs troubles du comportement.

Ce lieu, au sein duquel sont apaisées bien des détresses, est empreint d’une grande humanité. Il y règne un véritable esprit de famille, dans lequel je me sens bien.

Après avoir expliqué le sens de ma démarche aux éducateurs, toute l’équipe a adhéré à mon projet. Leur présence constante à mes côtés fut essentielle, notamment dans les moments délicats.

À chaque séjour, je restais deux semaines. J’étais en immersion totale. Du matin au soir, je déambulais avec les résidents. Je partageais leur vie quotidienne. Ma chambre, située non loin des leurs, me permettait de ne rater aucun petit moment de vie.

La communication ne fut pas aisée. La quasi-totalité d’entre eux n’ayant pas l’usage de la parole, j’ai dû me contenter de regards furtifs, de petits gestes de tendresse bien rassurants, mais aussi de moments de colère et d’agressivité.

Pour un photographe, vivre dans ce lieu, c’est comme entrer en religion. Cela demande une attention et une disponibilité permanentes. Ici on ne triche pas. Chaque photographie se mérite. Point de mitraillage intempestif, mais douceur et délicatesse. On ne vole pas l’image, on l’emprunte avec modestie. Il faut savoir se retirer et poser son appareil photo lorsque la situation s’envenime, rester libre dans sa tête pour saisir au vol un moment d’humanité, tenter de déchiffrer les codes pour entrer dans leur monde. Ne rien forcer. Bref, les aimer.

Ce mystère de la maladie mentale m’a bouleversé. Comment ces personnes hors normes s’approprient-elles ce lieu de vie ? Comment se manifestent leur souffrance, leur difficulté d’être ? Quelles relations entretiennent-elles avec l’équipe d’éducateurs, qui les accompagne dans leur douleur et leur enfermement ? Beaucoup de questions et bien peu de réponses.

Cette famille, je vous la donne à voir, à regarder, à considérer, à ressentir. Je vous la présente comme dans une pièce de théâtre. En voici les acteurs : Stéphanie, Joël, Mario, Chantal, Patrick, Sandra, Monique, Willy, Lily, Jordan et Vincent. Ils vont évoluer devant vous, au gré de leurs humeurs et de leurs angoisses.

Chacun d’eux vit dans un monde dont personne n’a les clefs, un univers incompréhensible, imprévisible et chaotique. Ils déambulent dans leur labyrinthe intime. Parfois, ils sont sereins et apaisés. Moment magique, leur visage s’irradie, ils semblent heureux, l’espace d’un instant.

Jean-Louis Courtinat

 

 

UNE ALTERNATIVE À LA PSYCHIATRIE ?

Rien ne me destinait à m’occuper de personnes handicapées mentales. Un jour, je rencontre une femme âgée qui vit seule avec sa fille de 42 ans, atteinte de débilité profonde. Cette maman est désespérée car elle ne trouve aucune structure susceptible de prendre en charge sa fille. Que deviendra-t-elle lorsque sa mère décèdera ?
Ce type de situation n’est malheureusement pas rare.
Je me suis donc lancé un défi : créer un petit espace de vie, afin d’y accueillir des personnes handicapées mentales qui ne trouvent aucun lieu pour vivre.

En 2002, j’ai créé l’association CHRYSALIS située près de Bruxelles. Au début, nous prenions en charge des malades venant de Belgique. En 2004, nous avons été contactés par des familles et des associations d’autistes françaises qui ne trouvaient aucune structure adaptée pour leur enfant et qui refusaient le placement en isolement à l’hôpital psychiatrique.

Stéphanie est la première femme que nous ayons accueillie. Elle a vécu durant six ans dans une chambre d’isolement d’un hôpital près de Paris. Stéphanie est très lourdement handicapée. Elle marche difficilement et ne parle pas. Elle s’est malgré tout parfaitement intégrée au sein de notre structure.
Mario, autiste, fut le deuxième à être admis dans notre centre en septembre 2004. Rejeté par toutes les structures car trop violent, ses parents étaient désespérés. Aujourd’hui, Mario ne présente plus aucun signe d’agressivité. Il vit dans un monde qui lui est propre.
Sandra était en cellule d’isolement en France depuis neuf ans. Atteinte de schizophrénie, on lui avait retiré toutes ses dents afin qu’elle ne morde pas les patients. Nous l’avons prise en charge en juillet 2005. Sandra est en souffrance permanente. Elle manifeste sa douleur par des crises de violence envers les autres. Sa maman l’a reniée et ne veut plus entendre parler d’elle.
Puis vinrent Chantal, Joël, Monique et Patrick après avoir vécu pendant 20 ans dans un hôpital psychiatrique. Joël a 69 ans. Éternel angoissé, il est devenu la mascotte des éducateurs. Chantal, très séductrice, manifeste parfois de la violence envers les autres résidents. Monique est une dépressive chronique et Patrick, schizophrène, est imprévisible dans ses actes de la vie quotidienne.
Willy nous a été confié par une structure située à Ville Evrard près de Paris. De sa vie, il n’a connu que placements en psychiatrie et violences corporelles. À son arrivée, son visage n’était que souffrance et désespoir.

Lily, réfugiée vietnamienne en France, où elle a séjourné à l’hôpital psychiatrique d’Aulnay-sous-Bois. Pyromane et fugueuse, ne parlant pas le français, elle s’est parfaitement intégrée à l’ambiance d’ouverture et d’affection de notre maison.
Enfin, Jordan et Vincent nous ont été confiés par leurs parents respectifs qui n’ont pas réussi à trouver un lieu d’accueil en France. Ni l’un ni l’autre n’a accès à la parole. Jordan a beaucoup de difficultés à canaliser une énergie débordante et Vincent, autiste, se balade en permanence au sein de l’institution.
Notre but est de pratiquer la psychothérapie institutionnelle dans une entité n’excédant pas dix à quatorze patients. Ils évoluent dans une ambiance familiale qui les apaise et diminue leur souffrance.
À Chrysalis, les résidents sont chez eux. Ils circulent librement et prennent les repas en commun. Leurs différentes pathologies favorisent le vivre-ensemble et renforcent l’esprit de groupe. Le contact avec la nature et les activités extérieures permettent d’atténuer leurs angoisses.
Pour autant, ce n’est pas simple tous les jours. Tous sont en demande d’affection permanente. Il arrive que Chantal soit envahie par ses vieux démons et se mette à délirer, que Sandra ait une crise de panique ou que Patrick sombre dans la démence.
C’est à ce stade que la relation entre les éducateurs et nos résidents est primordiale. Eux seuls sont capables d’évaluer la situation et, par la discussion, de les calmer et de leur redonner un peu de sérénité. Le malade est accepté avec son passé, sa souffrance et ses angoisses. Au fil du temps, il se construit une histoire personnelle et positive, à laquelle il peut s’identifier et qui lui permet de retrouver la confiance en soi et la reconnaissance.

La plupart des résidents ont peu ou pas de contacts avec leur famille. Nous le regrettons beaucoup. Idéalement, nous souhaiterions avoir des échanges réguliers, afin qu’ils nous aident dans notre approche et dans l’évolution de leur enfant. Chaque situation familiale étant particulière, nous respectons leur choix.
Chaque jour, je me demande quel est l’avenir de notre structure. François Tosquelles, Jean Oury, Fernand Deligny et Michel Hock furent les précurseurs de ce mouvement original baptisé psychothérapie institutionnelle.
Aujourd’hui, cette pratique est dénoncée par la Haute Autorité de santé en matière d’autisme, comme étant une pratique non consensuelle, donc non recommandable, à l’instar de la psychanalyse.
Pouvoir continuer à offrir à ces êtres exclus de notre société un cadre familial et humain dans lequel ils se sentent heureux et en sécurité, tel est mon souhait le plus cher.

Edith Allaert Bertin

 


 

 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Vincent-©JLCourtinat72dpi1920px.jpg 1920 1280 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:27:512025-03-15 17:25:53LES SOUFFRANCES DE L’ÂME

T’ES DANSANT !

13 novembre 2023/par Faitetcause

Danseurs Seniors des territoires ruraux :
réseaux de sociabilité et nouvelles représentations des personnes âgées.

 

Je vous emmène dans la France des thés dansants qui colorent les campagnes françaises les plus isolées et animent la vie des personnes âgées. Aujourd’hui, on compte un demi-million de seniors en situation de mort sociale en France (1), un chiffre en constante augmentation. Or la production de lien social pour des personnes vivant relativement isolées représente une des fonctions sociales essentielles du thé dansant. Depuis la période de crise sanitaire, la participation à ces rassemblements dansants s’est révélée comme un véritable antidote à la solitude des seniors. Elle s’organise autour de rituels qui se rapportent tant à la convivialité (repas) qu’à la présentation de soi (habillement, maquillage, etc.). La fréquentation des thés dansants, appréhendée ici comme une forme d’objet photographique total, m’a permis de documenter un espace-temps singulier tout en brossant un portrait des seniors, de leur condition de vie, de leurs relations sociales et amoureuses. Durant ces moments privilégiés de sociabilité du bal de l’après-midi, les corps se parlent, les regards se font complices au rythme d’un pasodoble, d’une valse ou d’une java.

Ce travail est aussi une manière d’aborder la ruralité et de la mettre en perspective avec le vieillissement démographique des territoires. Ces images ont été réalisées en Corrèze, en Haute Vienne et dans le Lot, trois départements parmi les plus ruraux de France métropolitaine. La plupart des seniors m’ont ainsi ouvert leur porte de leur quotidien, me donnant à voir une autre identité, détonnant souvent avec la tribu des danseurs, notamment quand il s’agit d’anciens agriculteurs ou agricultrices. La rencontre avec ces personnalités hors du commun – au regard de leurs activités et de leur caractère le plus souvent joyeux et optimiste – ont fini par me convaincre que les thés dansants pouvaient bien tenir lieu de pépinière à centenaires ! Ici, les valétudinaires n’ont pas leur place et les plaintes liées à l’âge sont vite emportées par le son de l’accordéon.

En captant ces scènes d’un hors temps vernaculaire, j’ai souvent eu l’impression de basculer dans une autre dimension car cette pratique de loisirs des seniors demeure peu connue du grand public et bien peu légitime aux yeux de la culture dominante. Pourtant, l’univers du thé dansant regroupe toute une micro-société du spectacle vivant où musiciens et organisateurs, frappés aussi de plein fouet par la crise sanitaire, témoignent tous d’une fréquentation en baisse. Du côté des seniors de retour sur la piste depuis le covid, il est devenu d’autant plus important de profiter du temps présent et des joies de la danse : « À notre âge, on veut profiter de ce qui nous reste » résume bien leur état d’esprit. Ainsi, loin des clichés associant la vieillesse à la tristesse et à la dépendance, j’ai voulu montrer comment pouvaient se construire, à travers ces moments de divertissement intemporels, de nouvelles représentations du Bien-Vieillir.

Corinne Rozotte

 

(1) Baromètre sur la solitude et l’isolement des plus de 60 ans en France, Petits Frères des Pauvres, septembre 2021.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/RectoTES-DANSANT-.png 865 1300 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:27:512026-05-15 19:08:29T’ES DANSANT !

LE CHEMIN DE LA DERNIÈRE CHANCE

13 novembre 2023/par Faitetcause

En 2022, la grande majorité des personnes qui ont traversé la région du Darién qui sépare physiquement les deux Amériques étaient des Vénézuéliens, souvent exténués par des années de chaos économique. Mais parmi les migrants qui traversent la jungle, ils sont nombreux aussi à venir de Cuba, d’Haïti, d’Équateur et du Pérou. Il y a également de plus en plus d’Afghans qui fuient les talibans. Les migrants voyagent en short et sandales, leurs affaires dans des sacs plastique, des bébés dans les bras et des enfants leur tenant la main. Il est difficile de savoir combien arrivent sains et saufs et combien n’arrivent jamais.

Le Visa d’Or humanitaire du CICR a été attribué le 21 juin à l’unanimité à Federico Ríos Escobar, photographe colombien pigiste pour de nombreux médias internationaux. Réalisé entre septembre 2022 et mars 2023, son travail illustre avec force les conditions de vie des migrants tentant la traversée de la région du Darién, qui relie l’Amérique du Sud à l’Amérique du Nord.

 

L’enfer du Darien
La jungle très dense du passage du Darien, à cheval sur la frontière de la Colombie et du Panama, devient chaque jour un peu plus un lieu de transit pour des dizaines de milliers de personnes. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le nombre de migrants qui traversent le Panama après avoir emprunté la périlleuse et dangereuse jungle du Darien a atteint un record en 2022, doublant presque les chiffres de l’année précédente. Selon le gouvernement panaméen, près de 250.000 migrants et réfugiés ont traversé le pays en 2022, contre quelque 133.000 en 2021.

Le photoreportage « La région du Darién : le chemin de la dernière chance » de Federico Rios Escobar a été réalisé avec la journaliste Julie Turkewitz, cheffe du bureau des Andes pour le New York Times.

 

 

Visa d’Or humanitaire du CICR, 13ème édition
Créé en 2011, le Visa d’Or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est un prix de photojournalisme qui récompense une fois par an un photojournaliste professionnel ayant couvert une problématique humanitaire en lien avec un conflit armé ou une autre situation de violence. Ce prix s’intègre dans le prestigieux festival international de photojournalisme : Visa pour l’image.

Doté de 8 000 euros, ce prix répond au double objectif de valoriser le travail d’un photojournaliste couvrant un conflit armé ou une autre situation de violence mais également de promouvoir les principes fondamentaux du droit international humanitaire.
Federico Ríos Escobar a reçu son prix le 6 septembre à Perpignan lors de la 35ème édition du festival international de photojournalisme « Visa pour l’Image ».

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/RiosEscobar-Colombie_004-72dpi1920px.jpg 1280 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:27:512026-06-10 17:40:45LE CHEMIN DE LA DERNIÈRE CHANCE

FRANCE PÉRIPHÉRIQUE

13 novembre 2023/par Faitetcause

Le titre « France Périphérique » est emprunté à l’ouvrage éponyme du géographe Christophe Guilluy qui aborde les problématiques politiques, sociales et culturelles de la France contemporaine par le prisme du territoire. Il s’intéresse à l’émergence d’une « France périphérique » qui s’étend des marges périurbaines les plus fragiles des grandes villes jusqu’aux espaces ruraux en passant par les petites villes et villes moyennes. Il souligne que désormais 60 % de la population – et les trois quarts des nouvelles classes populaires – vivent dans cette « France périphérique », à l’écart des villes mondialisées

En 2019 la France métropolitaine comptait 9,2 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (INSEE, le seuil de pauvreté s’établit à moins de 1102€ de revenu disponible par mois), soit 14,8 % de la population. Comble pour l’un des premiers producteurs agricoles mondiaux, entre 5 et 7 millions de personnes ont eu recours à l’aide alimentaire en 2020 (Secours Catholique).

Je m’intéresse aux évolutions qui modifient la société française en profondeur, sur le long terme. La pauvreté a baissé à partir des années 1970 jusqu’au début des années 1990. Elle est ensuite restée plutôt stable jusqu’aux années 2000, puis elle a augmenté surtout en 2008 avec la crise financière. Ce mouvement de hausse constitue un tournant dans l’histoire sociale de notre pays. La dégradation économique enregistrée depuis 2008 pèse tout particulièrement sur les moins favorisés (L’Observatoire des inégalités). L’objectif est de constituer un témoignage photographique de la pauvreté dans l’hexagone.

Au/delà des statistiques, le phénomène est peu visible. Pourquoi ? Les analyses de Pierre Bourdieu et Michel Legros peuvent nous éclairer. Selon le premier, l’invisibilité sociale est un effet de la domination. L’espace social est un espace clivé, divisé entre dominants et dominés. Dans la conception la plus large, l’invisibilité concerne tous ceux que les dominants estiment ne pas relever d’une vie normale et accomplie.

Pour Michel Legros (Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale) l’invisibilité peut constituer un mode de régulation de la pauvreté. Il s’agit alors de rendre les pauvres invisibles. Les politiques urbaines notamment visent à « nettoyer » l’espace public, en évitant que les pauvres ne l’occupent trop massivement pour ne pas déranger le reste de la population. La rénovation urbaine a pu conduire à repousser les pauvres toujours plus loin en périphérie, et la politique de mixité sociale passe en réalité par l’expulsion plus ou moins directe et négociée de catégories que l’on ne souhaite plus voir dans les espaces rénovés. (ONPES).
L’étude du Crédoc (1), « Le regard des Français sur les pauvres », m’a incité à démarrer ce projet en 2015. Selon cette enquête « 37 % des Français pensent que les personnes qui vivent dans la pauvreté n’ont pas fait d’effort pour s’en sortir alors qu’ils n’étaient que 25% en 2009 au déclenchement de la crise ».

Je souhaite par ce témoignage rendre visibles et concrètes les conditions de vie d’une partie de nos concitoyens. Que des visages se substituent aux statistiques afin d’apporter au public des éléments de sensibilisation et de compréhension.

Pierre Faure

(1) CRÉDOC : Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de vie. L’enquête portait sur un échantillon représentatif de 2 000 personnes de décembre 2013 à janvier 2014 publiée le 12 septembre 2014.

 


 

Biographie

Pierre Faure est né en 1972 à Nice et travaille sur l’ensemble du territoire français. Il a étudié les sciences économiques. Il est membre du Studio Hans Lucas depuis 2013.

Il produit d’abord un travail dans lequel l’abstraction et les évocations organiques occupent une place centrale (séries « rhizomes », « plis » et « palimpsestes ») ; des séries qui interrogent le regard du spectateur et jouent avec les notions d’échelle et de perspective.
Il aborde ensuite la question sociale en réalisant un travail d’immersion au sein d’une communauté
Tzigane d’Île-de-France (2011-2012). En 2013 et 2014 Pierre Faure s’intéresse à la vie de personnes en grande précarité accueillies en centre d’hébergement d’urgence et tente de saisir dans ce quotidien les figures d’une humanité blessée (« Les Gisants », 2013, « Le Bateau », 2014). En parallèle à ces travaux il poursuit depuis 2010 une série sur les arbres urbains, interrogeant la place du végétal en milieu urbain.
Depuis 2015 il documente la pauvreté en France, en parcourant l’ensemble du pays, il y consacre environ deux cents jours par an.
Pierre Faure répond à des commandes corporate, essentiellement dans le domaine social (Fondation Abbé Pierre, Emmaüs, CASP).

Prix Roger Pic, 2016
Prix Camille Lepage, 2017
Prix I shot it, 2017
Finaliste du prix de l’académie des Beaux-Arts, 2017
Bourse Albert Kahn, 2018
Prix Fidal, 2018
Prix du Dôme, 2018
Finaliste du prix Eugène Smith, 2019
Finaliste du Prix Collection Florence et Damien Bachelot, 2020
Bourse du CNAP, 2020
Nominé pour le prix de l’académie des Beaux-Arts, 2020
Mention d’honneur du prix Caritas, 2020
Lauréat de la commande « Radioscopie de la France », 2022

Représenté par la Voz’Galerie.

www.pierre-faure.com
Tel 06 52 27 70 38 – pierre.faure@protonmail,com
Membre du studio Hans lucas.

Expositions, Distinctions

– Exposition France périphérique, Galerie FAIT & CAUSE, mai-juillet 2022
– Exposition France périphérique & Les Gisants, la Maison de la photographie, octobre-novembre 2021
– Exposition Prix Caritas photo sociale, Galerie Agnès B., septembre 2021
– Exposition « Mémoires et ruralités », Le Champs des Impossibles (Christine Ollier), juillet-septembre 2021
– Bourse photographie documentaire du CNAP, France périphérique, 2020.
– Livre « Les jours couchés », aux éditions Sur la crête, 2020.
– Nominé pour le prix de l’académie des Beaux-Arts 2020
– Exposition « Les jours couchés », Galerie Carré d’Art, Rennes, mars-septembre 2020
– Exposition « France périphérique », Chateau Coquelle, Dunkerque, février-mai 2020
– Exposition « France périphérique », Bourse du talent, BNF décembre 2018-mars 2019
– Exposition « France Périphérique », Quinzaine photographique Nantaise, 2018
– Exposition « France Périphérique », Festival Barrobjectif 2018
– Exposition « France Périphérique », Promenades Photographiques de Vendôme, 2018
– Lauréat prix AEDH – Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme, 2017
– Nominé pour le prix de l’académie des Beaux-Arts 2017
– Prix Camille Lepage, 2017
– Festival de Pierrevert, Juillet 2017
– Exposition galerie FAIT & CAUSE, Finaliste concours SOPHOT, mai-juin, 2017
– Exposition Les Gisants, What’s up photodoc, Paris, avril 2017
– Exposition collective, Espace Beaurepaire, 21-26 février 2017
– Musée de Compiègne, octobre 2016 janvier 2017
– Exposition collective Galerie FAIT & CAUSE, Paris nov. déc. 2016
– Nuits noires photographies, Talence, septembre 2016
– Prix Roger Pic, «Les Gisants», exposition La Scam, juin octobre 2016
– Exposition «Les Gisants» décembre 2015, janvier 2016, BnF
– Exposition «Les Gisants», exposition Espace Jemmapes, Paris, janvier 2016
– Exposition collective, Les rencontres photographiques du 10e, Paris, oct.-nov. 2015
– Exposition personnelle «Les Gisants», Chapelle de Montfuron, Les Nuits Photographiques de Pierrevert, juillet août 2015
– Projection «Les Gisants», Triennale d’Hambourg, juin 2015
– « Tziganes », Galerie La jetée, Marseille, février 2015
– « Les Gisants », Paris Photo, La Gaîté Lyrique, novembre 2014
– Exposition collective, Muséum national d’Histoire naturelle, octobre 2014
– Finaliste Bourse du talent, Portraits, 2014
– Projection « Roms «, Les Nuits Photographiques de Pierrevert, juillet 2014
– Projection «Arbres», Présences photographiques, Montélimar juin 2014
– Projection «Tziganes, Conférences Amnesty international, Versailles juin 2014
– Galerie FAIT & CAUSE, Paris, finaliste concours Sophot, juin- juillet 2014
– Exposition collective Hans Lucas, Espace Beaurepaire, Paris, avril 2014
– Exposition personnelle, Musée des Beaux Arts de Mulhouse, «Roms», Mulhouse, nov. 2013 – Janv. 2014
– Exposition collective, Lauréats Nikon Photo Contest 2012-2013, Tokyo, du 28 août au 10 septembre 2013, Osaka, du 3 au 16 octobre 2013
– Galerie l’Atelier du Midi, exposition collective, Arles, juillet et sept. 2013
– Galerie FAIT & CAUSE, finaliste concours Sophot, mai-juillet 2013
– Projection « Arbres » et» «Passants» Les Nuits Photographiques de Pierrevert , Prix découverte et Prix du public, juillet 2013
– Coup de coeur du jury, Concours SFR jeunes Talent 2012
– Exposition collective, Centre Culturel Valery Larbaud, Prix du Jury, Vichy, juin-juillet 2012
– Exposition personnelle, Galerie Fontaine Obscure, Aix-en-Provence, mars 2012
– Projection «Rhyzomes», Festival Voies-off, Arles, juillet 2011
– Document-terre, exposition collective, Maison de la culture d’Amiens, juin-oct. 2011
– Festival MAP, Toulouse mai 2011
– Photo Off galerie Basia Embiricos, Paris, novembre 2010

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Invitation-©PF-3701-72dpi-1920px.jpg 1440 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:25:592026-07-24 17:26:23FRANCE PÉRIPHÉRIQUE
Sameer AL-DOUMY

LES ROUTES DE LA MORT

13 novembre 2023/par Faitetcause

Sameer Al-Doumi a reçu le 1er septembre dernier le Visa d’Or humanitaire* du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) lors de la 34ème édition du festival international du photojournalisme de Perpignan, Visa pour l’image. « Les routes de la mort », travail au long court réalisé pour le compte de l’AFP, raconte la vie tragique des migrants tentant depuis Calais de traverser la Manche. En 30 images, Sameer Al-Doumy vous invite à une plongée dans le quotidien de ces déracinés mais aussi du rôle des autorités sans oublier celui des organisations humanitaires.

 


QUI MIEUX QUE SAMEER AL-DOUMY POUVAIT RACONTER L’ÉPREUVE DE LA MIGRATION ?

Ce jeune photographe syrien, âgé de 24 ans et devenu récemment français, a lui-même connu le sort de milliers de migrants en parvenant à fuir la Syrie. Son reportage a touché le jury à la fois pour la qualité du travail photographique et pour l’humanité du récit. Un travail mené durant deux années aux côtés de ses frères d’exil.
Sameer Al-Doumi raconte à travers ses clichés l’espoir et le désespoir, ces vies croisées sur des camps de fortune ou sur les routes. Des hommes, des femmes et des enfants qui essaient illégalement de traverser la Manche au péril de leur vie juste pour atteindre le Royaume-Uni, afin de commencer une nouvelle vie. Pour 3 000 euros par personne, ils embarquent à bord d’un canot pneumatique muni d’un tout petit moteur.
Entre le début de l’année 2021 et le naufrage du 24 novembre 2021 qui fit 27 morts au large de Calais, 31 500 migrants ont traversé la Manche depuis la France pour se rendre au Royaume-Uni.
En 2019, avait été exposé à la galerie FAIT & CAUSE Abdulmonam Eassa, autre jeune photographe syrien devenu français. Liés par une indéfectible amitié née dans la Syrie en guerre où ils ont grandi, les deux sont aujourd’hui, malgré leur âge, des photojournalistes reconnus.

*Créé en 2011, le Visa d’or humanitaire du CICR est un prix de photojournalisme doté de 8000 euros. Il récompense chaque année un photojournaliste professionnel ayant couvert une problématique humanitaire en lien avec un conflit armé. En 2022, le thème était « déplacés, réfugiés et migrants ».

Le Jury 2022 se composait de :
• Isabelle de la Gasnerie, rédactrice en cheffe photo au quotidien La Croix
• Luc Mathieu, grand reporter au quotidien Libération
• Cyril Drouhet, directeur photo et reportages du Figaro Magazine
• Claude Guibal, grand reporter, Pôle international de Radio France
• Luc Hermann, journaliste producteur associé de Premières Lignes TV
• Marie-Hélène Barberis, recherchiste-documentaliste indépendante
• Lucas Menget, directeur adjoint de la rédaction de France Info
• David-Pierre Marquet, conseiller en affaires publiques, CICR, Bruxelles
• Florian Seriex, porte-parole du CICR, Genève
• Véronique Gaymard, productrice/Journaliste Radio France Internationale.

 

Biographie
Sameer Al-Doumy est un photographe franco-syrien né en 1998. Il est à peine âgé de 13 ans quand il assiste aux premières manifestations en Syrie contre le régime de Bachar el-Assad aux côtés de ses grands frères qu’il aide à filmer ces événements.
En 2014, il se forme à la photographie à l’aide de tutoriels trouvés sur Internet, et commence à travailler comme stringer pour l’Agence France-Presse (AFP) sous un pseudonyme pour se protéger et protéger les membres de sa famille couvrant la guerre et le siège dans sa région qui était assiégée par le régime syrien.
Sameer Al-Doumy travaille toujours pour l’AFP en France depuis son arrivée en juin 2018. Il a reçu de nombreux prix internationaux, dont le premier prix dans la catégorie Spot News Stories du World Press Photo 2016.

 


Fatal Crossings
The report, covering the period from August 2020 to May 2022, presents the migration crisis as experienced in the north of France.
Many migrants have spent years crossing country after country, fleeing war or natural disaster, then reach the city of Calais on the French side of the strait that is the narrowest part of the English Channel. There they spend weeks in makeshift camps hoping and waiting to reach the United Kingdom, their ultimate destination. People smugglers charge 3,000 euros for each passenger boarding an inflatable dinghy with a small outboard motor to cross the Channel and land illegally in England in their quest for a new life. On November 24, 2021, an inflatable dinghy with 27 migrants on board sank off the coast of Calais. These tragedies have no effect on migration policies, yet, according to observers, such policies aimed at border security are the cause of these dramas.
Between January 2021 and November 24 when the tragedy occurred, a total of 31,500 migrants crossed the Channel from France to the United Kingdom. For, since Brexit, with more stringent security checks at the port of Calais and the entrance to the Eurotunnel where migrants hide on board vehicles, more and more have been attempting to cross aboard flimsy dinghies. The crossing is fraught with danger and now, after the Mediterranean, the fear is that the English Channel could become a new maritime cemetery.

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/AlDoumy-Calais_002-1920px-72dpi.jpg 1280 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:25:592026-07-31 16:58:54LES ROUTES DE LA MORT

LES SACRIFIÉS

13 novembre 2023/par Faitetcause

54 Photographies de :

Jon Amad,  Stefano Belacchi,  Daniel Beltrá,  Aitor Garmendia,  Aaron Gekoski,  Jan van IJken | Precious Animals,  Britta Jaschinski,  Konrad Lozinski,  Selene Magnolia,  Jo-Anne McArthur,  Kristo Muurimaa,  Adam Oswell,  Dulce Ramírez,  Carlota Saorsa,  Andrew Skowron,  Luis Tato,  Gav Wheatley

 

Nous savons que ce n’est pas bien…

Nous savons depuis longtemps que notre comportement en tant que consommateurs est écologiquement irresponsable. Néanmoins, au lieu de chercher sérieusement des alternatives, nous préférons, en tant qu’individus, regarder ailleurs et accepter les élevages industriels afin d’avoir nos morceaux de viande à disposition. Pour suivre les dernières tendances de la mode, nous portons des vêtements produits dans des conditions scandaleuses. Pour nous distraire, nous visitons des zoos et allons dans des cirques où les animaux sont condamnés à vivre loin de leur habitat naturel. L’idée que nous pouvons utiliser certaines espèces pour nos besoins est ancrée en nous : nous les capturons et les emprisonnons, portons leur peau, mangeons leur chair et faisons des expériences sur leur corps au nom de la science, pour le progrès de l’humanité…
Comment se fait-il que nous fassions une telle différence entre animaux domestiques et animaux de ferme ?

Outre les dégâts écologiques massifs causés par l’utilisation des animaux dans l’agriculture – entre autres, la contribution de l’élevage industriel au réchauffement climatique qui est supérieure à celle de l’ensemble du secteur des transports dans le monde – les animaux, qui sont transportés vivants comme des « meubles » et tués pour leur viande, sont insuffisamment protégés par les lois en vigueur.
Les règles pour un élevage digne et respectueux sont attendues depuis trop longtemps alors que le nombre de victimes animales ne cesse d’augmenter avec la surpopulation de la planète.

À travers cette exposition la galerie FAIT & CAUSE essaye à nouveau de sensibiliser le public et les médias à la souffrance animale et entend favoriser un changement progressif de nos comportements pour un monde meilleur, plus juste pour les animaux qui ne peuvent pas se défendre.

 

Le projet HIDDEN – Animals in the Anthropocene, a été initié par l’organisation We Animals Media dirigée par Jo-Anne McArthur. Elle réunit 40 photographes parmi les photojournalistes animaliers les plus connus. Leurs photos témoignent de ce sujet cruel et douloureux des conditions de vie déplorables que les animaux endurent au quotidien dès leur naissance et jusqu’à leur mort.

 


 

Lorsque la souffrance d’une créature te fait mal,
ne détourne pas ton regard mais au contraire,
rapproche-toi d’elle le plus possible
et essaie de l’aider.

Léon Tolstoï

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/00-HID_Couverture_Lozinski72dpi.jpg 1280 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:25:592025-01-23 13:37:03LES SACRIFIÉS
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    58 rue Quincampoix
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    En période d’exposition
    ouverture du mercredi au samedi
    de 13h30 à 18h30. Entrée libre
    M° Rambuteau – Les Halles

    Pour Que l’Esprit Vive

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