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Fait & Cause, Photographie Militante

SOMNYAMA NGONYAMA

11 janvier 2024/par Faitetcause

“Somnyama Ngonyama – Salut à toi ! Lionne noire” est la première monographie française de l’artiste sud africaine militant·e que nous offre Delpire & co. À travers la pratique de l’autoportrait, l’activiste visuel·le – comme ellui* se définit – s’engage depuis plus de 20 ans contre les haines raciales et homophobes. Au fil des 212 pages qui composent cette édition, les portraits de Zanele se déploient dans un noir et blanc profond et contrasté, une dureté qui reflète les combats de l’artiste. Ses œuvres sont ici accompagnées d’un entretien avec Renée Massai, conservatrice en chef au musée Autograph ABP à Londres – dédié à l’exploration de l’identité – et de 24 textes inédits rédigés par des poètes, auteures et commissaires d’exposition.

“La photographie m’a sauvé la vie. C’est la seule chose qui a du sens pour moi.” – Zanele Muholi
Cet ouvrage, était particulièrement attendu en France, tout comme l’exposition qui devait être inaugurée à la Maison Européenne de la Photographie, et dont la date est reportée ultérieurement. Il s’agit ici de la toute première monographie française de Zanele Muholi qui emploie son travail artistique à militer en faveur de la communauté noire lesbienne, gay, bi, transqueer et intersexe, dans une Afrique du Sud post-apertheid. Bien que le pays condamne depuis 1996, toute discrimination liée à l’orientation sexuelle, et qu’il soit le territoire africain le plus avancé en terme de droits LGBT, la situation est particulièrement préoccupante pour cette communauté. Les femmes homosexuelles subissent notamment des viols correctifs dans le but de les “remettre dans le droit chemin”… Zanele utilise son visage pour incarner les luttes et revendique la liberté. À travers la photographie, ellui questionne magnifiquement les idéologies et la représentation du corps et la place des femmes noires lesbiennes dans notre société. Elle met en lumière et donne la voix à ces communautés invisibles qui se cachent pour vivre.

Résolument, Zanele Muholi n’est pas une “Brigitte Bardo black*“, comme semble le penser un journaliste qui vient de publier sur son blog un article entier consacré à l’ouvrage…

 

* Zanele Muholi étant un·e artiste opposé·e à la binarité de genre, nous emploierons un pronom neutre et une écriture inclusive.
** Citation complète : “Fesses nues, allongée sur le ventre d’un lit au draps défaits, Zanele Muholi est une Brigitte Bardo Black particulièrement troublante d’imposer ainsi l’inconditionnalité de sa présence”.

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/Couverture-42.jpg 1499 1241 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:44:182024-01-11 23:44:18SOMNYAMA NGONYAMA

AMERICAN GEOGRAPHY

11 janvier 2024/par Faitetcause

Cet ouvrage marque l’aboutissement de la série au long cours de Matt Black, démarrée en 2013. Le photographe de l’agence Magnum a parcouru les États-Unis, sur près de 160 000 km, dressant un état des lieux sans concession de l’Amérique d’aujourd’hui en s’intéressant plus particulièrement à ces villes périphériques et à la précarité du quotidien, à travers des images fortes en N&B méticuleusement composées.

Ce qui avait commencé comme une histoire sur des communautés isolées est devenu, au fil des ans, le portrait d’un pays de plus en plus divisé où se multiplient les inégalités et disparités. Terminée en 2020, après la visite du dernier état, cette série est accompagnée du carnet de voyage de l’artiste où se mêlent ses notes personnelles et des collections d’objets trouvés.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/Couv.-american-geography-1.png 600 600 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:44:182024-01-11 23:44:30AMERICAN GEOGRAPHY

REPORTERS SANS FRONTIÈRES – PATRICK CHAUVEL

11 janvier 2024/par Faitetcause

Patrick Chauvel, 50 ans sur le front Il y 30 ans, Reporters sans frontières publiait le premier numéro de sa collection 100 photos pour la liberté de la presse. Sur la couverture, on pouvait voir un jeune photographe de guerre, grièvement blessé au Cambodge lors d’un reportage. L’homme aux boucles brunes qui figure sur cette image iconique s’appelle Patrick Chauvel.
Trente ans plus tard, RSF a choisi de rendre hommage à cette légende de la profession. Hommage réciproque, puisque Patrick Chauvel publie ici son premier ouvrage photographique, servi par une nouvelle formule imaginée avec le studio de création de Valence.
«C’est à nous, journalistes, de rechercher la vérité et de la diffuser par tous les moyens. Face à la fatalité des événements, notre jugement est soumis à rude épreuve et l’œil du photographe ne transmet que ce qu’il voit : un instantané de guerre. Mais comme il y a toujours plusieurs photographes, plusieurs journalistes sur un même conflit, cette succession de témoignages finira par raconter « l’histoire-bataille », au plus près de la vérité des faits. » – Patrick Chauvel
De ses reportages à hauts risques, Patrick Chauvel, 50 ans de carrière et plus de 30 conflits couverts au compteur, a ramené des centaines de milliers d’images, comme autant de fragments d’Histoire.
Photographe, documentariste et écrivain, c’est un témoin inestimable de la marche du monde. L’enfer vert du Viêt Nam, les silhouettes cagoulées en Irlande du Nord, Sarajevo assiégée, le purgatoire gelé de la bataille de Grozny en Tchétchénie, Mossoul arrachée aux mains des djihadistes, les talibans après la chute de Kaboul… Patrick Chauvel partage avec RSF certaines des images les plus emblématiques de sa longue carrière. Inlassablement, ce « rapporteur de guerre », comme il se décrit lui-même, persiste à saisir sur le vif l’étincelle humaine dans la nuit de la guerre des conflits. Pour que, devant ses images, nous gardions l’œil et l’esprit toujours ouverts.

Le portfolio, qui s’ouvre sur un avant-propos de Patrick Chauvel, est éclairé par des textes inédits : la guerre du Viêt Nam vue de l’autre côté de la ligne de front, par l’ancien correspondant de guerre nord-vietnamien Chu Chi Thanh ; une réflexion intime du grand Don McCullin sur sa propre carrière de reporter ; un hommage de Jean-Marc Barr, admirateur éclairé du travail de Patrick Chauvel ; un salut confraternel d’Adrien Jaulmes, prix Albert-Londres ; le texte vibrant du journaliste et écrivain Sorj Chalandon, croisé à Beyrouth ; le texte incisif d’une autre légende de la profession, James Nachtwey ; les souvenirs d’une rencontre à Sarajevo du grand reporter Rémy Ourdan ; des moments partagés en Tchétchénie par la psychiatre Frédérique Drogoul ; et l’engagement de Stéphane Grimaldi, directeur général du Mémorial de Caen.
Avec les contributions et éclairages inédits de : Jean-Marc Barr, Sorj Chalandon, Frédérique Drogoul, Stéphane Grimaldi, Adrien Jaulmes, Don McCullin, James Nachtwey, Rémy Ourdan, Chu Chi Thanh

 

Profession: rapporteur de guerre
Ils nous parlent de Patrick Chauvel

Chu Chi Thanh
De l’autre côté
«À l’été 2013, un photographe français est venu chez moi. Il voulait en savoir plus sur le travail des reporters vietnamiens, et leur couverture du conflit. Cet homme s’appelait Patrick Chauvel, et il était marqué par le Viêt Nam. Après l’avoir beaucoup photographié et écrit un livre à ce sujet, Chauvel avait à cœur de montrer la guerre vue de l’autre côté, en particulier notre travail à nous, photographes vietnamiens. »

Jean Marc Barr
Un homme debout
«J’ai été totalement séduit en écoutant ses histoires, j’ai eu l’étrange impression de rencontrer un frère. Il a vu le plus tragique de ce monde, qu’il a appris à regarder avec distance, humour, pertinence et humanité. Il incarne ces personnages qui m’ont inspiré dans mon adolescence, assez courageux pour affronter les murs de l’autorité et le brouillard de la guerre. Toujours prêt à se battre, la tête haute. Pour moi, Chauvel, c’est ça : un homme debout, le doigt sur le déclencheur.»

Frédérique Drogoul
Rencontre en Tchétchénie
«Lors de ces semaines passées en Ingouchie, j’ai été frappée par l’attachement chaleureux et respectueux que Patrick portait aux combattants tchétchènes, rencontrés lors de ses reportages pendant la guerre, cinq ans plus tôt. Ils en discutaient souvent, l’équipe et lui, qui connaissait si bien la Tchétchénie. Un jour, il nous a confié qu’il lui était plus facile, malgré le danger, de filmer les combattants, qui ont choisi leur destin, que de photographier des enfants dans ces camps de tentes grises et boueuses. »

Stéphane Grimaldi
Sans fanfaronnade
«Voilà donc un monsieur qui depuis cinquante ans fait son travail avec honnêteté, lucidité, sans fanfaronnade et sans un rond, et qui lorsqu’il est devant des élèves ne prend pas des airs de diva mélancolique pour parler de son métier. Il a le génie d’embarquer ses auditeurs avec l’élégance de dire simplement les choses. Telles qu’elles sont, pas telle que nos bonnes âmes sensibles et souffrantes voudraient les entendre. »

Adrien Jaulmes
Un reporter intemporel
«Chauvel se projette dans l’action comme le font rarement les journalistes.“« Je peux venir avec vous ?», est la question qui lui a régulièrement ouvert les portes de ses reportages. C’est celle qu’il pose à Sky, le combattant américain d’origine apache avec lequel il se lie d’amitié dans la jungle du Viêt Nam. Cinquante ans plus tard, il la pose encore. Aux combattants irakiens de la Division d’or, qui reconquièrent rue par rue Mossoul prise par les djihadistes. À un ancien ranger américain, qui l’accueille en première ligne avec son groupe de missionnaires un peu cinglés pendant la dernière bataille livrée par les Kurdes contre Daech dans l’est de la Syrie. »

Don McCullin
Montrer, faute d’empêcher
«Depuis que j’ai arrêté de me rendre sur les zones de conflit – la dernière fois, à Alep en 2016, j’ai pris conscience des limites de mon corps, la guerre est une affaire de jeunes gens qui peuvent prendre leurs jambes à leur cou – j’ai ouvert la boîte de Pandore, et les images me poursuivent désormais comme un nuage sombre, un nuage de culpabilité. Je suis hanté, jusque dans ma paisible maison du Somerset, où 10 000 photos et 60 000 négatifs me rappellent constamment ce qu’a été ma vie. Retraité de l’horreur, je tourne désormais mon objectif vers les paysages qui s’étendent devant ma maison. Nombreux sont ceux qui voient derrière mes images les réminiscences des champs de bataille. La guerre a empoisonné mon sang. »

James Nachtwey
Aller où les autres ne peuvent pas aller
«Nous assistons tous au déroulement de l’Histoire, en temps réel. Et si les journalistes vont là où les autres ne peuvent pas aller, c’est pour montrer le coût humain des politiques menées et pointer les responsabilités des dirigeants. S’ils y risquent leur vie, c’est parce qu’ils pensent que les faits qu’ils rapportent, sur le fil acéré de l’Histoire, sont vitaux pour la société.»

Rémy Ourdan
Chauvel, tant qu’il aura des guerres
«C’est ainsi : après plus de cinquante ans de travail, Chauvel se lève chaque jour en se demandant où il pourrait partir. Dans un métier surtout pratiqué par des jeunes gens qui, pour la plupart, s’ils survivent à une guerre ou deux, changent ensuite rapidement de chemin, lui n’envisage jamais de décrocher.»

Sorj Chalandon
Le taiseux du bout du comptoir
«Chez les reporters de guerre, il y a toujours eu les haut-parleurs et les taiseux du bout de comptoir. À Beyrouth, en 1982, un jeune journaliste tout juste descendu de l’avion, avait demandé à Chauvel quelle était la situation sur le terrain. D’une main, il avait broyé le petit bouquet de fleurs posé sur notre table en disant : « C’est comme ça. »

 

Fondée en 1985, Reporters sans frontières œuvre pour la liberté, l’indépendance, et le pluralisme du journalisme partout sur la planète. Dotée d’un statut consultatif à l’ONU et à l’Unesco, l’organisation basée à Paris dispose de 12 bureaux dans le monde et de correspondants dans 130 pays.
Elle soutient concrètement les journalistes sur le terrain grâce à des campagnes de mobilisation, des aides légales et matérielles, des dispositifs et outils de sécurité physique (gilets pare-balles,casques, guides pratiques et assurances) et de protection digitale (ateliers de sécurité numérique).
L’organisation est aujourd’hui un interlocuteur incontournable pour les gouvernements et les institutions internationales et publie chaque année le Classement mondial de la liberté de la presse, devenu un outil de référence.

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/couverture_RSF_PatrickChauvel_2022_002-scaled-e1646314090283-1.jpg 1920 1358 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:44:182024-01-11 23:44:48REPORTERS SANS FRONTIÈRES – PATRICK CHAUVEL

DAVID GULDEN

11 janvier 2024/par Faitetcause

Le lien du photographe et environnementaliste David Gulden avec la terre et la faune du Kenya a commencé à l’âge de 15 ans quand il a accompagné son père à un safari. Ce lien est devenu un plaidoyer, et les 66 photographies en noir et blanc rassemblées dans sa deuxième monographie, Nor Dread, Nor Hope Attend (Damiani), reflètent cet engagement à relayer la vérité sur les impacts des habitats en déclin, tout en montrant simultanément la beauté sauvage à la fois des animaux des plaines africaines et du vaste paysage lui-même.

Le processus de Gulden montre son respect pour les animaux et leur vie quotidienne dont il est témoin. Les images grand format sont présentées sans altérations numériques, telles que composition ou modifications de la réalité physique des images. Lors de la prise de photos, Gulden se rapproche le plus possible, la moitié des images sont prises avec un objectif 50 mm. Il fait confiance au monde naturel de se livrer.

“Quand je photographie, je succombe à la beauté et à la connaissance du sujet. Je ne souhaite pas créer d’images prétendant être plus belles que la réalité photographiée. Je n’essaie pas de redonner à l’ancien un aspect nouveau. Je souhaite montrer l’intemporalité de mes sujets.”

Gulden passe un temps considérable dans la nature, à attendre et à regarder, et sent que cette patience combinée à la curiosité contribue à mettre son travail à part. “En tant que photographe, je ne me considère pas comme un artiste. Ce que je fais n’est pas de l’art, mais la vie m’intéresse . Le seul art que j’emploie est l’art de la curiosité”, partage-t-il.

Le paléoanthropologue et défenseur de l’environnement kenyan Richard E. Leakey a fait campagne pendant des années en faveur d’une gestion consciente des terres de l’Afrique de l’Est. Dans la postface du livre, il note la tendance inquiétante continue des populations humaines et animales à se déplacer dans des directions opposées au Kenya, et la réalité potentielle très réelle que les animaux contenus dans le cadre des photographies de Gulden pourraient bientôt disparaître un jour.

“Peut-il y avoir un avenir pour la faune dans ces circonstances? Je ne suis pas optimiste. La conscience environnementale est bien plus que les éléphants, les hérissons et les vautours; c’est plus que les parcs nationaux. Les biologistes, écologistes et autres experts scientifiques doivent être encouragés et facilité à trouver des solutions à long terme”, écrit-il.

Le spectateur est attiré par les images de Gulden, par leur composition dramatique, et la révélation gratifiante de la vérité sur les animaux que la plupart des individus ne verront jamais en personne. C’est son approche directe et pure du processus photographique, ainsi que sa patience pour rechercher, trouver et oublier ces moments, qui se combinent pour aboutir à une vision riche de la faune kényane. Mais ses images sont plus que de belles images des plaines africaines. Le paysage suggéré au-delà des frontières de l’image implique une histoire plus grande et l’implication d’un récit plus large et plus enchevêtré de l’environnement, de l’habitat et de la conservation en contradiction.

“Le pouvoir des photographies épiques de lions, guépards, léopards et éléphants de David Gulden ne réside pas seulement dans ce que vous pouvez voir, mais dans ce que vous savez se trouve au-delà du bord de l’image. Le lion sur la termitière, le guépard aux yeux plissés , les éléphants traversant la vasière – tous regardent un horizon lointain. Que ce soit dans la peur ou dans l’attente, ou simplement dans la vigilance, nous savons que leur regard se portera de plus en plus sur les personnes, le plastique et la pollution, les poisons du monde moderne. “

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/Couverture-40.jpg 770 800 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:44:012024-01-11 23:44:01DAVID GULDEN
Bénédicte THOMAS

LE MONDE SELON DOWN

11 janvier 2024/par Faitetcause

Etre autonome… un rêve, un combat, une quête, une fierté…
Jour après jour, à force de détermination et de courage, les adultes porteurs de la trisomie 21 acquièrent davantage de confiance et surmontent les difficultés les unes après les autres, inlassablement. Guidés par leur entourage dès le plus jeune âge, ils développent peu à peu leurs compétences, s’adaptent à leur handicap, acceptent leurs différences et s’épanouissent.

Une centaine d’enfants touchés par le syndrome de Down naissent chaque année en Belgique. Deviennent-ils des adultes épanouis et heureux ? Quelle place la société leur accorde-t-elle ? L’image que renvoie Pascal Duquenne dans le film Le Huitième Jour de Jaco Van Dormael reste pour la plupart d’entre nous irréelle ou exceptionnelle. Mais qu’en est-il concrètement aujourd’hui ?

Le monde selon Down présente des instants de vie du quotidien de ces personnes aux qualités humaines remarquables. Ce reportage tend à ouvrir le regard vers une société plus inclusive.

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/Le-monde-selon-Down-Benedicte-Thomas-H1400px.jpg 1400 1010 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:44:012025-11-12 18:14:25LE MONDE SELON DOWN
Couverture

Visages du Mediator

11 janvier 2024/par Faitetcause

Ce travail dévoile les portraits et les blessures de 52 personnes
reconnues victimes du Mediator à l’issue d’une expertise médicale.
Toutes ont subi une ou plusieurs chirurgies à coeur ouvert pour
remplacer ou réparer une ou plusieurs valves cardiaques endommagées
par le Mediator. En 2019, près de 600 personnes opérées cardiaques ont
ainsi été reconnues victimes du Mediator par une expertise médicale
réalisée au cas par cas. Des milliers d’autres victimes sont également
reconnues pour avoir subi des dommages cardiaques sans avoir été
opérées, des centaines souffrent d’hypertension artérielle pulmonaire
(HTAP) liée au Mediator et des centaines sont décédées des suites
de ces complications. Certaines de ces personnes ont aussi été
exposées à l’Isoméride, coupe-faim analogue au Mediator, également
commercialisé par le laboratoire Servier et interdit en 1997 du fait de
sa toxicité. Le Mediator est interdit en 2009.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/15-19.jpg 900 661 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:43:542024-01-11 23:43:54Visages du Mediator

MARCHE OU RÊVE

11 janvier 2024/par Faitetcause

La marche citoyenne et solidaire organisée par l’Auberge des migrants a réuni du 30 avril au 8 juillet 2018 plusieurs milliers de personnes. Promeneurs d’un jour ou marcheurs d’un mois, militants convaincus ou simples curieux ont traversé la France de Vintimille à Calais pendant 70 jours.

Ce cortège est passé par plusieurs villes-étapes dont Nice, Marseille, Grenoble, Paris et Lille. Il a sillonné la campagne française, croisé des vaches et des moutons, franchi des lignes de trains et des rivières, des montagnes et des autoroutes. Des circonspects, des inquiets, des sourires, des questions, des chansons ont jalonné sa route. Chaque soir, après l’effort, c’était le moment d’échanger, de s’écouter, de comprendre.

Associés à cette action citoyenne, les photographes du collectif item ont suivi la marche, se relayant au fil des semaines. Chacun à sa manière raconte un chapitre de cette aventure humaine d’une frontière à l’autre au sein de cette Europe forteresse. Face à la crise contemporaine de l’accueil et de la solidarité, la marche s’est imposée comme une réponse au repli sur soi. Marcher pour partager, pour photographier, pour témoigner, pour rêver et s’éveiller.

 

Photographes :

Franck Boutonnet / Romain Etienne / Jeanne Frank / Bertrand Gaudillère / Nicolas Leblanc / Cyril Marcilhacy / Hugo Ribes / Philippe Somnolet / Kasia Strek / Adrienne Surprenant / Jeremy Suyker et deux photographes invités : Mickaël Duperrin / Etienne Maury

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/marche-ou-reve-COUV-OK-copie.jpg 1620 1114 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:43:542024-01-11 23:43:55MARCHE OU RÊVE

GILLES CARON

11 janvier 2024/par Faitetcause

Comment se situer, vivre et agir dans un « monde imparfait » ? Telle est la question que se pose le jeune Gilles Caron, alors appelé à faire son service militaire pendant la guerre d’Algérie. Devenu reporter au sein de l’agence Gamma, il photographiera entre 1967 et 1970 nombre des conflits de son époque, jusqu’à sa disparition au Cambodge, à l’âge de trente ans. Ce livre propose un parcours à travers quelques-uns de ses reportages les plus célèbres, comme Mai 68 à Paris ou la guerre du Biafra mais aussi d’autres moins connus comme l’anniversaire du Printemps de Prague ou la rébellion armée au Tchad. Les historiens de la photographie Guillaume Blanc, Clara Bouveresse et Isabella Seniuta éclairent le contexte historique et les conditions de production de ces images, pour certaines devenues célèbres, ainsi que leur diffusion par la presse à laquelle elles étaient destinées. Relue ainsi sous l’angle de ses ambivalences, l’œuvre de Gilles Caron traduit la complexité à rendre compte de ce « monde imparfait » dont il choisit, en tant que photoreporter, d’« être imprégné tout entier ». ; textes de Guillaume Blanc, Clara Bouveresse et Isabella Seniuta.

« Il n’y a aucune raison pour que ce monde imparfait et ennuyeux qui m’a été donné à la naissance, je sois obligé de l’assumer et de l’améliorer dans la mesure de mes moyens. On subit toujours, mais de diverses façons. Ne rien faire, c’est désolant. Jouer un rôle, c’est prendre son siècle en main, en être imprégné tout entier. » Gilles Caron, lettre à sa mère, 6 mai 1960.

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/Couverture-31138-1.jpg 712 773 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:43:542024-01-11 23:43:59GILLES CARON

ODYSSÉESS

11 janvier 2024/par Faitetcause

ODYSSÉESS est un travail photographique sur l’exil réalisé dans la ville du Havre. L’Odyssée d’Homère raconte l’histoire d’un retour qui n’en finit pas. Le retour d’Ulysse à Ithaque après vingt longues années d’absence. Ce travail est un écho à ce récit de voyage originel. Aglaé Bory a suivi plusieurs personnes en situation d’exil, demandeurs d’asile ou réfugiés, le plus souvent en attente de statut. La plupart d’entre eux vivent dans des centres d’hébergement en attendant la réponse de l’administration. L’attente est souvent longue et douloureuse. Elle les isole du réel et les enferme dans un espace mental en suspens. A travers cette succession de portraits et de paysages, la photographe voulu créer une correspondance entre leur intériorité et les paysages dans lesquels ces personnes évoluent afin de rendre perceptible ce sentiment d’exil. Elle les a photographiés dans leurs lieux de vie, dans leur territoire quotidien bien que précaire et temporaire. Leurs regards se perdent à travers les fenêtres. Ils sont dans le flou. Ils s’en remettent souvent au ciel, dont l’azur semble pourtant les ignorer.
La mer est le refuge de leur intériorité, de leurs espoirs et leurs promesses. Elle est la réalité physique de la distance parcourue souvent ils l’ont traversée pour arriver jusqu’ici et de l’éloignement. Tous souffrent de déracinement et d’inquiétude quant à leur avenir. Lorsqu’ils ont acquis un statut de réfugié, la rupture avec leur pays d’origine est une obligation, le retour y est impossible. Quand ce statut leur est refusé, le retour devient une obligation, ils doivent quitter le territoire français. Ce retour devient alors le symbole de leur échec quand il ne constitue pas un danger pour leur vie. Le retour est ainsi tout à la fois rêvé et craint.

 

Ce sont des histoires de retours impossibles ou impensables, d’attentes interminables après des parcours migratoires éprouvants et dangereux, d’espoirs de vies meilleures, loin des guerres et des persécutions. Mais que deviendront Mohammed, Ibrahim, Goar, Abdelrazik, Hiba ? Ces derniers attendent tous leur convocation à la Cour Nationale du Droit d’Asile après un refus de l’Ofpra à leur demande d’asile. Notre pays, à l’instar de l’Europe toute entière, traverse une grave crise de l’accueil des personnes migrantes et se retranche derrière ses frontières. L’attente interminable que vivent ces exilés n’est que l’expression de l’hésitation de notre société à les accueillir véritablement.
Ce travail a été réalisé en 2018 dans le cadre d’une résidence photographique dans la ville Du Havre produite par le festival le Goût des Autres. Un film photographique a été projeté lors d’une projection unique durant le festival en janvier 2019.

 

« À travers cette succession de portraits et de paysages, j’ai voulu créer une correspondance entre leur intériorité et les paysages dans lesquels ces personnes évoluent afin de rendre perceptible ce sentiment d’exil. L’attente d’une réponse administrative est souvent longue et douloureuse. Elle les isole du réel et les enferme dans un espace mental en suspens ».

Aglaé Bory

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/Visuel_A_Bory_Laureate_72dpi-1920px.jpg 1920 1920 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:43:332024-01-11 23:43:33ODYSSÉESS

La Mort en marche

11 janvier 2024/par Faitetcause

C’est grâce à une découverte de taille, en 2007, lorsque l’on retrouve au Mexique une valise remplie de 4500 négatifs, réalisés lors de la Guerre d’Espagne et signés par Robert Capa, Gerda Taro et Chim, qu’il est possible de réévaluer le rôle de chacun dans cette couverture du conflit. Et en particulier, celle de Gerda Taro, qui fut l’une des premières femmes photojournalistes. Elle fut également tristement la première à perdre la vie sur le terrain à l’âge de 26 ans. Nous sommes en 1937, lorsqu’un char républicain la heurte violemment alors qu’elle couvre de violents combats qui éclatent autour de Madrid. Elle succombera à ses blessures le lendemain. Son compagnon, Robert Capa lui dédiera cet ouvrage.

La Mort en Marche retrace la lutte de la démocratie face au fascisme. Des images qui mêlent chagrin mais aussi joie et surtout courage. Ce livre est un hommage à tous les sacrifiés pour la démocratie. Il est la reproduction exacte de son édition originale vieille de 82 ans, avec la même mise en page, réalisée à l’époque par André Kertesz, et la préface du journaliste américain Jay Allen. À la différence près que les images ont été reproduites grâce à de nouveaux scans et des négatifs originaux amenant à un inventaire exhaustif des photographies permettant d’identifier la contribution de chacun des photographes, notamment celle de Chim, photographe polonais, qui n’avait jamais été prise en compte auparavant.

Traduit de l’anglais par Sylvie Schneiter.

Relié
Format : 21,4 x 27,9 cm
312 photos en noir et blanc
35 €

 


 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/Jacket_Capa_Death_FR-couv-copie.jpg 675 1024 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 23:43:332024-01-11 23:43:44La Mort en marche
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    58 rue Quincampoix
    75004 Paris – France
    +33 (0)1 42 74 26 36
     

    En période d’exposition
    ouverture du mercredi au samedi
    de 13h30 à 18h30. Entrée libre
    M° Rambuteau – Les Halles

    Pour Que l’Esprit Vive

    Association loi 1901 reconnue d’utilité publique

    Siège social :
    20 rue Lalande
    75014 Paris – France
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