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Fait & Cause, Photographie Militante

GRANDMOTHER POWER
A GLOBAL PHENOMENON

11 janvier 2024/par Faitetcause
Grandmother Power: A Global Phenomenon (powerHouse Books) est le cinquième livre de Paola Gianturco, qui est grand-mère elle-même. Paola Gianturco a décidé de documenter les femmes qui luttent pour apporter la lumière partout dans le monde. Son œuvre dresse le portrait d’un mélange d’activistes qui travaillent dans leurs communautés pour la responsabilisation et l’amélioration des conditions de vie de leur génération.Les livres de Paola Gianturco dégagent pour le lecteur la chaleur d’une lumière puissante, celles des succès arrachés à l’adversité. Grandmother Power continue sur cette voie, offrant un regard positif sur ces femmes qui ont atteint une nouvelle phase dans leurs vies. Leurs familles sont autonomes, leurs enfants maintenant parents de leur propre descendance, et avec leur indépendance retrouvée, ces grand-mères peuvent se consacrer totalement à leurs communautés.Il en résulte une palette étonnante d’histoires réjouissantes récoltées à travers le monde, traitant de problèmes aussi variés que le sida, la préservation culturelle, l’environnement, les droits de l’homme, l’éducation, la justice, la vie spirituelle, la santé, la politique, et l’énergie. Par exemple, en Argentine, un groupe de grand-mères s’est réuni pour rechercher les enfants kidnappés pendant la dictature militaire instaurée entre 1976 et 1983 durant laquelle 30000 personnes « disparurent », dont des bébés et des enfants enlevés dans des centres de détention pour être élevés en « patriotes ».Un tel dévouement passionné reflète l’engagement pour les droits des femmes et des enfants qui anime également Paola Gianturco. Avec ses photographies, elle rend un hommage appuyé à ces héroïnes méconnues de notre monde, qui vivent et meurent en combattant pour le bien, la justice, et l’honneur.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/med_gp_hirescvr12jpg-1.jpg 340 259 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:23GRANDMOTHER POWER
A GLOBAL PHENOMENON

UNE VIE DE PHOTOGRAPHE
CAMBODGE 1958-1964

11 janvier 2024/par Faitetcause
Avec une prédilection pour le format carré de son Rolleiflex dans lequel ses images et ses compositions respirent avec naturel et élégance, Micheline Dullin se confronte aux grands chantiers du moment. C’est dans ces images, y compris dans celles prises d’hélicoptère, qu’apparaît le plus clairement son sens du cadrage et de la lumière, dans sa capacité à organiser le désordre obligatoire d’un chantier pour le rendre lisible, dans la précision – qui n’exclut pas une certaine fantaisie jubilatoire – de l’organisation des plans, dans la recherche de la distance la plus juste.
Extrait du texte de Christian Caujolle."Je suis arrivée au Cambodge par l’Unesco; enfin mon mari de l’époque y travaillait. J’ai connu d’abord le père, le Roi Sihanouk, puis le fils, le Prince Norodom Sihanouk; Nous avons cinq ans de différence. Et puis la princesse Monique.
Je me souviens que je suis arrivée pour la Fête des Eaux, tout le monde était là, mais la Reine était malade.
Et puis Le Prince m’a dit "Bonjour petite madame! Je vois que vous avez un appareil photo; Si vous voulez prendre des photos de moi, allez-y, ne vous gênez pas!" avec sa voix haut perchée.
Et c’est comme ça que j’ai commencé. J’avais mes entrées au Palais. Et faire partie des Nations Unies me permettait d’aller aux soirées, là ou les journalistes américains n’allaient pas.Le Prince Sihanouk était très fort pour organiser des piques-niques, il disait "Allez vous, vous allez chercher ça et ça, et vous, allez chercher vos maillots de bains"! Je me souviens être descendue chercher les pellicules dans l’avion qui allait chercher les croissants !"
Propos de Micheline Dullin recueillis le 15 octobre 2012, par téléphone, par Vinca Dupuy-Basak.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/61mlndzjftl__sl500_aa300-1.jpg 300 300 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:23UNE VIE DE PHOTOGRAPHE
CAMBODGE 1958-1964

SAILBOATS AND SWANS

11 janvier 2024/par Faitetcause
Le dernier travail de Michal Chelbin, réalisé au sein de sept prisons en Ukraine et en Russie au cours des six dernières années, explore ce que signifie d’être enfermé et constamment surveillé – et considère le sort de ceux qui sont enfermés dans ce monde clos à l’intérieur du nôtre. Les portraits de Chelbin sont réputés pour leurs contrastes visuels – entre l’ancien et le nouveau, l’étrange et l’ordinaire, la fantaisie et la réalité – et parviennent à dévoiler les qualités non immédiatement apparentes des individus.
Le titre Sailboats and Swans (voiliers et cygnes) se réfèrent aux peintures murales et papiers peints bucoliques, presque moqueurs, qu’elle a découverts en prison. Ces contradictions de la vie en prison y abondent : femmes habillées d’uniformes fleuris, meurtrières servant de nounous aux enfants d’autres prisonnières dans la nouvelle prison pour femme, jeunes filles accomplissant leurs peines aux côtés de grand-mères  contemplant peut-être leur propre futur – et mélange hypnotique de peur et de cruauté dans les prisons pour hommes, où les puissants corps tatoués sont réduits à l’état de zombies, érodés par la tâche quotidienne d’essayer de survivre dans un monde dénué de tout espoir.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/med_michalchelbin_cover_large_v2jpg.jpg 340 312 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-12 09:24:40SAILBOATS AND SWANS

VIOLENTOLOGY

11 janvier 2024/par Faitetcause
Dès son titre, l’ouvrage de Stephen Ferry affiche son exhaustivité. « Violentology » est directement dérivé du nom des sociologues colombiens spécialisés dans la violence politique et « manuel » est emprunté au registre technique. La situation ne se limite pas a une simple guerre des drogues et Stephen Ferry en fait la démonstration par son approche large du conflit, sa collaboration avec des spécialistes colombiens, reporters et chercheurs, la sobriété de son traitement visuel, la diversité des techniques photographiques, la densité des textes, la variété des ressources documentaires et sa mise en perspective historique. La frise chronologique inaugurale fait remonter l’histoire de la guerre civile colombienne a 1810. Depuis, chaque décade ou presque est témoin de sanglantes oppositions politiques et sociales dont la dernière en date, débutée en 1964 et nommée « conflit colombien » par manque de consensus, a généré le second plus important déplacement de population après le Soudan. La frise se termine à la fin du livre, définissant le cadre d’investigation de l’auteur et donnant une matérialité à la longévité du conflit. C’est une guerre complexe impliquant guérillas marxistes, milices paramilitaires d’extreme droite et forces de sécurité gouvernementales et entrainant dans sa chute la population civile. Elle se déploie dans une hémorragie de violences, de meurtres, de disparitions – pertes humaines auxquelles répondent d’inexorables pertes matérielles – et, très largement, de menaces. A chaque paramètre de cette équation insoluble correspond un chapitre. L’introduction est consacrée aux reporters locaux, qui rendent compte au risque de leur vie de la réalité d’un conflit caricaturé à l’extérieur des frontières. C’est un reportage du photographe colombien Jesus Abad Colorado qui a éveillé l’intérêt de Ferry en 2000 et dont les compères sont devenus des alliés d’investigation. C’est également les archives des quotidiens locaux qui ont aiguisé sa connaissance du conflit et dont il présente une sélection d’images datées des années 50… Laurence Cornet
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/images_copy11-1.jpg 180 279 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:29VIOLENTOLOGY

CONVERSATIONS WITH THE MOB

11 janvier 2024/par Faitetcause
La photojournaliste Megan Lewis a passé plus de deux ans et demi à vivre avec le « Mob » (tribu) aborigène des Martu dans le parc national de Rudall River en Australie occidentale, pour documenter leurs vies. La confiance et l’amitié que Lewis a développé avec le Mob a donné naissance à un extraordinaire travail dont une partie est publiée dans Conversations with the Mob, un livre de 240 pages qui offre une plongée fascinante dans la culture aborigène et la vie du peuple Martu, avec honnêteté, compassion et humour. Parmi d’autres récompenses, Lewis a reçu le prestigieux prix Walkley d’excellence en photojournalisme pour ce travail.Le peuple Martu est l’un des derniers groupes indigènes dans le grand désert de sable australien à être entré en contact avec les blancs. Cette région de l’Australie a un climat très difficile, avec des températures montant régulièrement au-dessus de 50°C durant l’été. Elle se trouve littéralement au milieu de nulle part, à des centaines de kilomètres de la ville la plus proche. Sèche, chaude et aride, cette terre est étrangère à la plupart des Australiens. Les Martu, ou le « Mob » comme ils se désignent eux-mêmes, sont environ 850 et habitent un territoire à peu près grand comme la Grande Bretagne. Durant les six premiers mois que Lewis a passé avec le Mob, elle a parcouru près de 30 000 kilomètres, voyageant à travers le désert entre les quatre villages des Martu. 
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/mob_cover_mainedn-1.jpg 190 250 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:30CONVERSATIONS WITH THE MOB
ANON

ANON.

11 janvier 2024/par Faitetcause

Anon. est probablement le (ou la) photographe le plus prolifique de toute l’histoire de la photographie. Son œuvre court, sans interruption décelable, sur plus de cent soixante-dix années. Elle couvre tous les champs, toutes les écoles, toutes les tendances. Sa production est quantitativement vertigineuse, presque infinie, son recensement strictement impossible ; quant à la permanence et à la vivacité de son processus créatif, il semble qu’elles ne connaissent pas de répit. Anon. est en quelque sorte le soldat inconnu de la photographie : il n’a pas de nationalité, d’âge, de sexe, de visage ou de filiation, mais il témoigne (on pourrait dire il incarne) de centaines de milliers d’inconnus qui se sont livrés ou se livrent à la passion de la photographie, des premiers temps de son invention aux pratiques les plus récentes issues des nouvelles technologies. Car Anon., et c’est là sa caractéristique première et remarquable, n’a pas d’identité…

Photo Poche se devait de faire place à cette source intarissable et essentielle que constitue la photographie anonyme; passionné de longue date par cette iconographie particulière, Robert Delpire a conçu la sélection de l’ouvrage à partir de fonds connus de lui et d’archives personnelles constituées avec patience et délectation.

Comme le note Anne-Marie Garat dans la passionnante introduction qui ouvre ce nouveau titre : “La photographie d’anonymes couvre un champ infini, duquel l’œuvre, voire le chef-d’œuvre ne sont pas absents, obscures photos perdues dans l’insignifiance du nombre, en attente d’un regard qui les découvre.” Parce qu’elle renvoie à l’extraordinaire succès populaire de sa pratique, la photographie anonyme a longtemps souffert d’une forme de dédain. Sans doute aussi, la nécessité dans laquelle nous sommes d’identifier un auteur, d’associer un nom à une œuvre humaine nous met-elle dans une forme d’embarras dès que nous contemplons une image qui ne délivre rien d’autre que sa seule singularité. Sans opérateur connu, impossible de comprendre, de deviner ou de mener enquête sur ce qu’il nous est donné de voir : qui sont ces gens représentés ? Quels sont ces lieux ? Pourquoi cette scène ?

Puisant dans l’extrême diversité du genre, Anon. réunit quelques trésors et découvertes dont l’inventivité ou la beauté plastique ne cessent de fasciner. Drôles, insolites, tragiques, étranges, poétiques, les photographies de toutes époques qui composent ce Photo Poche forment un florilège de la passion universelle et intime que la photographie suscite depuis son avènement.

Ce qu’Anne-Marie Garat souligne encore magistralement en ces termes : “La photo d’anonyme, dans son épuisante cacophonie visuelle, sa magnifique impureté, constitue un panorama total de l’exercice photographique, mémoire collective des tensions propres à l’histoire du médium, à ses mutations techniques, ses coups de force artistiques et ses audaces expérimentales comme ses usages conventionnels ; répliques, en mineur ou en majeur, de ses fractures, de ses fulgurances.”

 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/anon_couv_300-1.jpg 340 224 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172026-03-16 15:57:49ANON.

BHOPAL SECOND DISASTER

11 janvier 2024/par Faitetcause
Beaucoup de gens n’avaient jamais entendu parlé de Bhopal avant le 3 décembre 1984, le jour où la nouvelle de l’explosion de l’usine de pesticide de l’Union Carbide mit cette ville indienne au centre de l’attention internationale pour de terribles raisons.L’accident d’Union Carbide (devenue aujourd’hui DOW Chemical) survint aux petites heures du matin, un nuage mortel d’isocyanate de méthyl se répandant au-dessus des résidents de Bhopal pendant qu’ils dormaient. Épais comme du brouillard, le gaz imprégna les bâtiments décrépis où s’entassaient les populations pauvres. Dans le chaos et la panique qui s’en suivirent, près d’un demi-million de personnes furent exposées à ces émanations toxiques. Des milliers de gens s’effondrèrent inconscients, beaucoup moururent, la vie les quittant alors qu’ils respiraient les fumées mortelles. En quelques jours, 8 000 personnes avaient péri, et des milliers d’autres étaient sérieusement malades.Aujourd’hui, près de trois décennies plus tard, plus de 30 000 personnes vivent encore dans les bâtiments imprégnés par le gaz qui n’ont jamais été nettoyés, et dont les réserves d’eau souterraines sont fortement polluées. Anomalies congénitales, maladies neurologiques, et autres graves problèmes de santé pèsent sur une population qui reste largement ignorée du reste du monde.C’est pourquoi le livre d’Alex Masi, Bhopal Second Disaster, est un travail aussi important : ce jeune journaliste britannique ramène l’attention du public sur ce qui est considéré comme le pire accident industriel du monde, et ses dégâts continuant de s’étendre encore aujourd’hui.
 En avril 2009, Masi visite Bhopal pour la première fois. Sorti diplômé en photojournalisme du London College of Communication deux ans plus tôt, il souhaite explorer les sujets liés aux injustices, particulièrement celles liées aux droits de l’enfant. Après avoir réalisé des projets en Afrique du Sud et en Israël, il se rend en Inde. Masi a certes entendu parler de Bhopal, mais il n’est pas au courant que rien n’aété fait pour assainir les logements des habitants qui sont donc encore exposés.Sur une période de trois ans, Masi fait huit visites à Bhopal, où il collabore avec l’ONG Bhopal Medical Appeal (BMA), dont le personnel travaille sans relâche avec les gens souffrant de ce désastre. BMA apporte son soutien grâce à la clinique de santé gratuite, Sambhavna Trust, et le centre de rééducation de Chingari pour les enfants nés avec des anomalies sévères.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/med__bhopalcovcompsa1selected1jpg-1.jpg 227 340 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:31BHOPAL SECOND DISASTER

L’ALGÉRIE

11 janvier 2024/par Faitetcause
À l’automne 2011, Steidl a publié sous l’égide de Martin Parr The Protest Box, qui rassemble des éditions en fac-similés de cinq livres de photos devenus introuvables, traitant chacun à leur façon du thème de la résistance politique. Algerien (Algérie), de Dirk Alvermann, est l’un de ceux-ci. En rendant visite au photographe, dans son studio, pour discuter des détails du reprint, Gerhard Steidl découvrit l’histoire captivante de la première publication, ce qui le décida à en procurer une nouvelle édition.Jeune homme rebelle fasciné par la lutte du peuple algérien pour sa liberté, Dirk Alvermann avait vingt ans lorsqu’au début des années 1950 il franchit la frontière très surveillée de la Tunisie pour gagner l’est algérien, aux côtés d’une unité du FLN, et livrer un témoignage photographique des événements. De retour en Allemagne de l’Ouest, il entreprit de faire publier ses clichés par Rowohlt Verlag. Ernst Rowohlt, le fondateur – âgé – de la maison d’édition, examina la maquette et promit à Alvermann qu’il publierait le livre. Mais quand celui-ci eut terminé la mise en page, les rênes de la maison était entre-temps passés dans les mains de Heinrich Maria Ledig-Rowohlt. Alvermann avait conçu son ouvrage pour être un livre de poche afin d’avoir le public le plus large possible. Il souhaitait qu’il passe de main en main, comme un manifeste politique : de ce point de vue, le format « rowohlts-rotations-romane », qui avait vu le jour en 1950, semblait idéal.Juste à cette époque, une délégation officieuse du FLN était en visite à Bonn, alors capitale de la République fédérale. Elle menait des négociations avec Hans-Jürgen Wischnewski, député d’opposition social-démocrate au Bundestag. Alors que ces discussions avaient lieu, l’organisation terroriste La Main rouge fit exploser une voiture piégée dans un attentat qui coûta la vie à de nombreuses personnes. La situation politique tendue, la crainte de s’aliéner des lecteurs ou des auteurs francophiles expliquent que Ledig-Rowohlt ait alors préféré retirer l’ouvrage de son catalogue de nouveautés. La guerre d’Algérie et le combat du FLN étaient manifestement des questions trop embarrassantes dans la République fédérale du chancelier Adenauer, qui avait fait de la réconciliation avec la France l’un de ses objectifs majeurs. Alvermann trouva meilleur accueil pour son projet politique et photographique en RDA : la maison d’édition de Berlin-Est Rütten & Loening était disposée à publier son livre, à condition cependant que ce soit sous un grand format. Alvermann, lui, tenait à l’idée du format de poche, qu’il avait en tête lorsqu’il avait conçu la mise en page. Un accord finit par être trouvé : le livre allait sortir en petit format mais sous une couverture reliée.Cette nouvelle édition de L’Algérie revient au dessein premier du photographe : le livre adopte le traditionnel format « rororo » sous la couverture cartonnée souhaitée et, s’agissant du contenu, correspond jusque dans le moindre détail au projet initial. Les photographies sont accompagnées de documents politiques d’époque, extraits de rapports militaires, de journaux ou de pamphlets.Plus de cinquante ans après sa première publication, il est plus d’actualité que jamais puisqu’il évoque la lutte d’un peuple contre l’oppression et le despotisme, qu’il s’agisse hier du colonialisme européen ou aujourd’hui d’une dictature autochtone.Traduction : Lionel Leforestier ALGERIAIn the fall of 2011, Steidl published The Protest Box under the aegis of Martin Parr, a collection of exact replicas of five out of print photo books that each in their own way focused on the theme of political opposition. Algeria (Algérie), by Dirk Alvermann, is one of those. While visiting the photographer in his studio to discuss the details of the reprint, Gerhard Steidl discovered the captivating story of the book’s first printing, which convinced him to acquire an original copy.A young rebel fascinated by the Algerian people’s fight for liberty, Dirk Alvermann was only 20 in the early 1950’s when he crossed the heavily controlled Tunisian border towards eastern Algeria where he photographed the events alongside an FLN unit. Upon his return to West Germany, he presented his pictures to Rowohlt Verlag. The publishing house’s aged founder Ernst Rowohlt studied his proposition and promised he would publish a book.However, by the time the page layout was finally finished, the publishing house had changed hands and was being run by Heinrich Maria Ledig-Rowohlt. Alvermann had imagined his book as a small paperback capable of touching the widest number of readers possible. He hoped it would pass from reader to reader, like a political manifesto: from this point of view, the “rowohlts-rotary-romane”1 format, which was developed in 1950, seemed ideal.
 At this very moment, an official FLN delegation was in Bonn, then capital of the German Republic. They were undergoing negotiations with Hans-Jürgen Wischnewski, deputy of the social-democratic opposition at the Bundestag. While discussions were taking place, the Main Rouge2 terrorist organization set off a car bomb killing several people. The political situation was tense, the fear of alienating French readers or writers led Ledig-Rowohlt to remove the book from its catalog of new releases.The war in Algeria and the FLN combat were issues far too embarrassing for Chancellor Adenauer’s Federal Republic, one of whose primary goals was reconciliation with France. Alvermann found a better reception for his political and photographic project in East Germany where Rütten & Loening Books were ready to print his book under the condition that it run with a glossy large format. Alvermann was attached to his idea of a small paperback, the format he had imagined when preparing the layout. They came to an agreement, the book would run in a small format but with a bound cover.This new edition of Algeria was coherent with the photographer’s first intention: the book ran in the traditional “rororo” format with a hard-backed cover and included, editorially, the entirety of the original project. The pictures featured were accompanied by political documents of the time period, excerpts from military reports, newspapers or flyers.More than 50 years after its first printing, it is now more relevant than ever with its observation of a people’s fight against oppression and despotism, whether referring to European colonialism of the past or of today’s local dictatorships.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/med_alvermann_alg_covjpg-1.jpg 283 173 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:032024-01-11 22:03:03L’ALGÉRIE

SEEUROPEANS

11 janvier 2024/par Faitetcause
Seeuropeans est une galerie de portraits réalisés sur les plages européennes entre 1994 et 2002.À priori, toutes les plages se ressemblent ; de même que se ressemblent tous ceux qui les fréquentent. Pourtant, les portraits signés Alessandro Albert & Paolo Verzone soulignent leurs nombreuses différences.
Qu’elles soient réalisées à Brighton en Angleterre à Tysöland en Suède, en passant par Nice ou Ibiza, à Helsinki en Finlande ou à Jumala en Lettonie, comme en Roumanie ou en Italie, ce qui se dégage de ces photos, c’est combien, sur la plage, peuvent s’exprimer de manière surprenante les particularités de la société à laquelle on appartient.
« Quatre yeux, un seul appareil et un projet commun, Paolo Verzone et Alessandro Albert
ont construit leur Europe. (…) Pas de vision technocratique donc, pas de perspective politico-sociologique ou d’analyse savante, mais, entre sérieux du travail et forme originale de vacances, ils ont constitué le rare album d’une famille qui n’existe pas. »
« Des hommes, des femmes, des couples, des ados, des vieux, des minces et des gras, des bruns et des blonds, des longilignes et et des bodybuildés, des élégants ou des négligés, des enfants barboullés et des jeunes filles en fleur, des copains et des copines, des familles et es tout seuls (…) tous ont en commun une caractéristique strictement photographique qui concerne la frontalité de leur position face aux photographes. L’échange de regards est alors inévitable (…). »

Christian Caujolle
(extrait)

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/couv_seeuropeansbd-1.jpg 255 255 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:032024-01-11 22:03:03SEEUROPEANS

À JEUDI 15H

11 janvier 2024/par Faitetcause
À jeudi 15h recouvre deux ans de portraits photographiques d’un jeune homme, Xavier, que le photographe Steeve Iuncker a rencontré en 1996 et qui était porteur du VIH.
Pendant deux ans et jusqu’à sa mort, dont ils savaient tous deux qu’elle surviendrait bientôt, Xavier et Steeve se sont retrouvés tous les jeudis, à quinze heures. Xavier a activement pris part à ce travail et les deux hommes se sont photographiés mutuellement, au format 6×6, en noir et blanc et en couleurs. « Je souhaitais ainsi saisir l’évolution de son regard photographique au fil du temps et de nos rendez-vous », explique Steeve Iuncker. Chaque semaine, Xavier sélectionnait ses portraits préférés parmi ceux réalisés lors de la séance précédente et expliquait à Steeve son choix en quelques mots qui sont repris dans le livre.
Xavier est mort un jeudi. Steeve Iuncker interroge de façon inlassable, radicale, politique au vrai sens du terme, la (ou les ) fonction (s) de la photographie et de l’image dans le domaine de l’information et du documentaire d’aujourd’hui.
 
A quoi cela peut-il servir de valoriser l’image fixe ? Comment se situer par rapport à son histoire, ses histoires ? Quels dispositifs mettre en place, dès la prise de vue et jusqu’à la mise en forme et l’utilisation pour être, sinon justes, du moins pertinents ? Ce sont là les questions de base qui fondent et agitent un travail en permanente évolution, attaché à définir de façon précise ses cadres, sa relation au texte, ses principes (ou absences) de narration, sa mise en danger du regard, du voyeurisme, des conventions.
Steeve Iuncker ne chasse pas les icônes. Il montre. De façon réaliste, libre et salutaire. Il nous demande seulement d’accepter de voir. D’être responsables et lucides.

Christian Caujolle
SEE YOU ON THURSDAY AT 3 « See you on Thursday at 3 » covers two years of photographic portraits of Xavier, a young man with HIV, who the photographer Steeve Iuncker met in 1996.  Xavier met with Steeve every Thursday at three o’clock for two years up until his death, which both knew was soon to happen.  Xavier was an active participant and they photographed each other, in 6×6 black and white and colour formats.  “I wanted to capture the evolution of his photographic eye as our meetings went on”, explained Steeve Iuncker.  Every week, Xavier chose his favorite portraits taken during the previous session, explaining his choice to Steeve in a few words that appear in the book.  Xavier died on a Thursday.

Steeve Iuncker examines the function(s) of photography, and of images in general, in the area of information and documentary today in a manner which is tireless, radical and political (in the real sense of the term).
What use is there in the promotion of a static image?  How to position oneself with respect to its story or stories?  What mechanisms need put in place, from the framing of the image to its production and use, in order to get the exact message across, or to be at least relevant?
Those are the fundamental questions which initiate and stimulate a project which is in permanent evolution, trying to define as precisely as possible the image itself, its relation to text, the content (or absence) of description, the risk taken with the viewer, with voyeurism, with fixed conventions. 
Steeve Iuncker is not a “chaser of icons”.  He shows what he sees.  Realistic, free of constraint, worthwhile.  He asks only that we accept to see.  To be responsible and lucid.
Christian Caujolle

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/steeve_iunker-1.jpg 250 212 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:032024-01-11 22:03:04À JEUDI 15H
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    Lettre d’information

      

    58 rue Quincampoix
    75004 Paris – France
    +33 (0)1 42 74 26 36
     

    En période d’exposition
    ouverture du mercredi au samedi
    de 13h30 à 18h30. Entrée libre
    M° Rambuteau – Les Halles

    Pour Que l’Esprit Vive

    Association loi 1901 reconnue d’utilité publique

    Siège social :
    20 rue Lalande
    75014 Paris – France
    T. 33(0)1 81 80 03 66
    www.pqev.org
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