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Fait & Cause, Photographie Militante

FADED TULIPS

11 janvier 2024/par Faitetcause
Je me souviens avoir vu des images du Kirghizstan pour la première fois à la télévision. C’était en mars 2005. On y voyait des hommes aux traits asiatiques, surchauffés, courant vers un imposant bâtiment administratif de style soviétique. On les voyait entrer et saccager ce qu’ils y trouvaient, certains même piller. Puis sur le toit, des hommes brandissaient fièrement un drapeau.
Cet évènement fut appelé la « Révolution des Tulipes ». On pouvait lire dans la presse que le peuple kirghize, motivé par les injustices sociales subies, venait de renverser le régime autoritaire et corrompu du Président Askar Akaev pour y mettre à sa place Kurmanbek Bakiev.
C’est quelques années plus tard, loin de l’actualité, quand le petit pays était complètement retombé dans l’oubli, que j’ai visité le Kirghizstan pour la première fois. Je devais voir ce qu’avait vraiment apporté cette « Révolution des Tulipes » censée
« instaurer une transition démocratique dans le pays ».
Ladite révolution ne semblait avoir été qu’une vulgaire passation de pouvoir. Les élections étaient toujours truquées, les médias censurés, peut-être même plus qu’avant, des opposants politiques étaient arrêtés. Le pays faisait partie des 15 pays les plus corrompus au monde. C’est toujours le cas aujourd’hui, alors que 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté et au moins autant regrette l’époque soviétique. On parle désormais de la « Révolution des Tulipes » comme d’un coup d’état maquillé en révolution populaire.
J’ai continué à visiter le pays au cours de plusieurs voyages. J’ai été confronté à son instabilité croissante, jusqu’à ce nouvel évènement sanglant, en avril 2010.
Nouvelle révolution ; peut-être un peu plus réelle celle-ci. Bakiev, le népotique, est renversé à son tour, après avoir fait tirer sur des manifestants dont 86 seront tués, il se réfugie en Biélorussie, comme l’avait fait Akaev cinq ans plus tôt. S’ensuit une période de grande violence pendant laquelle Osh, la capitale du sud sera le théâtre de clashs ethniques. Officiellement 500 morts, mais près de 2 000 selon de nombreuses sources et près de 400 000 déplacés, en grande majorité Ouzbèke.
Certains disent que le jeune pays ne s’est jamais vraiment remis de l’effondrement de l’URSS, en 1991. Et ce qu’il vit aujourd’hui serait toujours l’apprentissage – douloureux –  de l’indépendance.
William Daniels

 


I remember becoming conscious of Kyrgyzstan for the first time when in march 2005 I watched on TV Asiatic looking men surging toward an imposing soviet-style administrative building. Once inside the building they started to vandalise and loot anything they found and soon after a few men appeared on the roof of the building, brandishing a flag. This event became known as the « tulip revolution » and the press reported that the Kyrgyz people, motivated by social injustice, had overthrown the authoritarian and corrupt regime of president Askar Akayev and replaced him with Kurmanbek Bakiyev.
It was a few years later, with the country removed from the limelight and forgotten, that I visited Kyrgyzstan for the first time. I set out to discover what the tulip « revolution », which was supposed to have lead to a « democratic transition in the country », had really accomplished. This so-called revolution seemed to have been no more than a power grab. The elections were still rigged, some media were censured, political opponents were being arrested and Kyrgyzstan was considered one of the 15 most corrupt countries in the world. Even today, 40% of the population live below the poverty line and many look back to the soviet era with nostalgia. Today people speaks of the tulip revolution as a coup d’etat disguised as a popular revolution.
I continued to visit the country over the course of several trips. I was struck by the growing instability there which eventually lead to the bloody riots of April 2010. This was a new revolution, perhaps a little more authentic this time. The nepotistic Bakiyev was overthrown in his turn and found refuge in Belarus, as Akayev had five years earlier. There followed a period of great unrest during which Osh, the major city in the south, was the scene of ethnic clashes. Officially, around 500 people were killed. In truth, the numbers are probably much higher. 400 000 people, mainly ethnic Uzbeks, were displaced from their homes.
Some say the young country never really recovered from the USSR collapse in 1991 and that what it experiences now would be the paintfull learning of independance.
William Daniels
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/page0001_copy2-1.jpg 400 344 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172025-05-05 16:01:35FADED TULIPS

MARC RIBOUD
PAROLE D’UN TACITURNE

11 janvier 2024/par Faitetcause
Marc Riboud parle à son ami Bertrand Eveno dans ce joli petit livre bien édité chez Delpire. Tout le monde connait ce merveilleux photographe, ou croit le connaitre. Ce livre permet de découvrir un homme plein d’humour.Né en 1923 dans une de ces grandes familles industrielles de la bourgeoisie de Lyon, il ne parle pas d’où le titre. C’est un enfant, observateur silencieux, d’une famille où le père ancien combattant de la première guerre mondiale, se suicida à la veille de la seconde. Pris entre un brillant frère ainé, Jean, qui deviendra le patron de Schlumberger et ; un frère cadet rigolard qui deviendra le patron de BSN Danone, il n’a qu’un talent : la géométrie ! Cette appétence pour les figures des mathématiques va jouer un grand rôle dans sa carrière de photographe qu’il embrasse après avoir rencontré, en famille, Henri Cartier-Bresson. Le maître de « l’instant décisif » lui fait rencontrer Robert Capa qui sera son ami, et son picture éditeur. C’est Capa qui lui fait faire sa première publication dans Life avec la photo du peintre de la tour Eiffel. Dès lors il va parcourir le monde en ayant le souci d’images composées géométriquement. Bertrand Eveno, qui fut PDG de l’Agence France Presse et y imprima sa marque à travers un accord de diffusion historique entre l’agence et Getty images, est un amoureux de la photographie et un grand connaisseur. Ami de longue date de Marc Riboud, il le fait parler pendant de longs entretiens dont les derniers sont très récents.
 Mises à part les savoureuses petites anecdotes sur la vie de l’agence Magnum des années 1950/1960, ce livre est une véritable leçon de photographie dont la lecture est indispensable aux jeunes photographes. Si j’étais riche, je l’offrirais à toute la bande des jeunes photographes, amis de Lucas Dolega et de Rémi Ochlik.Michel Puech
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/med_76389646jpg-1.jpg 250 206 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:19MARC RIBOUD
PAROLE D’UN TACITURNE

CHARDON ROUGE

11 janvier 2024/par Faitetcause
Photoreporter depuis 1998, l’Italien Davide Monteleone est le lauréat 2011 du Prix du meilleur livre européen de photographie (European Publisher’s Award for Photography) décerné par cinq éditeurs européens.
Né en 1974, il suit des études d’ingénieur, avant de s’installer aux États-Unis puis en Angleterre, pays dans lesquels il s’initie à la photographie et au journalisme. En 2001, il s’établit à Moscou où il devient correspondant de l’agence photographique Contrasto. Plusieurs fois récompensé par le prestigieux Word Press Photo, Davide Monteleone collabore régulièrement avec les grands magazines internationaux d’information tout en développant des travaux personnels de recherche et d’investigation.

Popularisé par Tolstoï dans son roman Hadji Mourat, le chardon rouge est, pour les pays du Caucase, la fleur qui symbolise métaphoriquement la résistance et la ténacité. Depuis la première guerre de pacification du Caucase menée par le tsar Nicolas Ier au xIxe siècle, jusqu’aux récentes guerres tchétchènes conduites par l’armée russe, les pays et populations qui constituent cette vaste et riche région du monde n’ont cessé de connaître invasions, conflits et déchirements. Les “républiques”– anciennement rattachées à l’Union soviétique – qui s’étendent de la mer Caspienne à la mer Noire restent encore aujourd’hui marquées par une grande diversité ethnique, linguistique et religieuse. C’est parce qu’il s’est passionné pour l’histoire des peuples de ces pays montagneux, irrigués de multiples cultures, que le photographe a entrepris de dresser un portrait forcément parcellaire de la réalité caucasienne contemporaine.
Parcourant pendant plusieurs années la Tchétchénie, le Daguestan, la Géorgie, l’Ossétie-du-Nord et l’Ossétie-du-Sud (après la guerre de l’été 2008), l’Abkhazie, et plus généralement le Nord Caucase, Davide Monteleone s’attache à témoigner de la vie particulière des populations qui composent ces ensembles nationaux fragiles et convoités. Son but n’est pas de rendre compte de la violence des conflits ou des excès des luttes de pouvoir, mais d’essayer de saisir la trame des jours que tissent, malgré de multiples difficultés, les hommes et les femmes qu’il rencontre. Sous son objectif, une réunion familiale, une scène de rue, un mariage, des portraits de femmes, d’enfants ou de soldats suffisent à exprimer la complexité des existences contraintes de s’inventer un avenir dans des frontières et des identités que l’histoire récente a le plus souvent définies par la force. De ses images fortement construites se dégage subrepticement le sentiment paradoxal d’une forme de proximité et d’intimité avec les personnes photographiées, que dénient parfois les aspects spectaculaires du photoreportage.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/monteleone_couv_fr2_copy1-1.jpg 400 303 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:19CHARDON ROUGE

REVOLUTIONS

11 janvier 2024/par Faitetcause
Ce livre n’est pas un hommage au photographe Rémi Ochlik, décédé à 28 ans le 22 février dernier à Homs en Syrie.
 
Ce livre est la continuité de son travail. Rémi voulait réaliser cet ouvrage, ses chroniques des Printemps arabes. Il n’en a pas eu le temps.
 
Treize mois de reportage. Du 13 janvier 2011 sur l’avenue Bourguiba à Tunis, en Tunisie, jusqu’au 22 février, jour de l’offensive terrestre des troupes du président syrien Bachar el-Assad à Homs. Des prémices de la révolution du monde arabe aux soulèvements de ses populations oppressées, Rémi Ochlik a raconté et immortalisé au fil des mois, des pays, la colère des peuples asphyxiés par les dictatures.
 
"Photographier, c’est une attitude, une façon d’être, une manière de vivre" disait Henri Cartier-Bresson Rémi est né curieux, un père photographe amateur passionné et une envie de découvrir les hommes, de parcourir le monde feront le reste, il sera photojournaliste. Passionnément, il travaillera à nous montrer, à nous raconter, ce monde qui ne tourne pas souvent rond.
 
A Haïti, en 2004, pendant la chute du président Jean-Bertrand Aristide, il écrira :
"On pense à cette étrange dualité que crée la guerre. On vient de vivre des instants terribles, pendant lesquels on aurait vendu les êtres les plus chers pour être loin de cette merde, et pourtant nous voilà, à peine sorti d’affaire, avec une seule envie, une seule idée fixe : y retourner, encore et encore, sentir cette peur à nouveau, cette montée d’adrénaline si puissante. La guerre est pire qu’une drogue, sur l’instant c’est le bad-trip, le cauchemar. Mais l’instant d’après, une fois le danger passé, on meurt d’envie d’y retourner prendre des photos en risquant sa vie pour pas grand chose. Il y a une sorte de force incompréhensible qui nous pousse à toujours y revenir…"
 
Celui que l’on a appelé "l’enfant prodige du photojournalisme" a grandi plus vite que prévu, et même sil ne pourra pas revenir et continuer son travail sur les zones de conflits qui le passionnaient tant, il nous lègue un travail, des photos, un regard particulièrement mature sur l’histoire des printemps arabes.
 
Cet ouvrage réunit ses meilleures images, proches des peuples, proches de ces hommes, combattants insurgés ou rebelles, Tunisiens, Egyptiens, Libyens et Syriens. Rémi Ochlik voulait témoigner, il y est parvenu.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/revolutions2-1.jpg 306 400 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:19REVOLUTIONS

SORTIR DE LA LONGUE NUIT
INDIENS D’AMERIQUE LATINE

11 janvier 2024/par Faitetcause
Patrick Bard arpente l’Amérique Latine depuis plus de 20 ans, son travail est centré sur l’autochtonie : ses paysages, ses natures, ses peuples et sur la lutte contre les stéréotypes des peuples indiens. La plupart des Indiens aujourd’hui n’appartiennent pas à des communautés tribales traditionnelles. Qu’ils vivent en forêt, à la campagne ou dans les villes, qu’ils se situent en Amazonie, dans les Andes, en Mésoamérique, ils sont insérés dans des sociétés ouvertes, en contact avec des populations diverses, inscrits dans des dynamiques nationales et internationales. Ils sont près de 50 millions en Amérique latine et y constituent un archipel de quelques 400 groupes ethno-linguistiques. Depuis un demi-siècle, les Indiens ont entrepris de sortir de la longue nuit inaugurée par la Conquête. Des mouvements d’émancipation ont ébranlé un racisme qui ne dit pas son nom et permis à un nombre de plus en plus grand d’entre eux de recouvrer leur dignité, de marcher la tête haute.Le 12 octobre 1492, vers 10 heures du matin, Christophe Colomb aborda sur une plage des Bahamas et déclencha sans le savoir une révolution planétaire : la découverte d’un immense continent qui allait susciter rêves et passions. Pourtant cette révélation de l’existence des Amériques fut une conquête brutale, violente, meurtrière, comme chacun le sait aujourd’hui. Les peuples amérindiens ont bien failli disparaître à jamais, victimes des guerres, des maladies et des déplacements de populations. Mais ils font toujours partie de ce monde qui est le nôtre à force de résistance et de résilience. C’est le sujet du formidable livre de Patrick Bard et Marie-Berthe Ferrer : 520 ans après Colomb, ils nous entraînent dans un incroyable voyage photographique à travers l’Amérique, de Los Angeles à la Patagonie en passant par les Andes et l’Amazonie. Ils se font les chroniqueurs de toute une humanité qui a recouvré sa dignité…
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/sortir_de_la_longue_nuit2_copy1-1.jpg 400 317 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:20SORTIR DE LA LONGUE NUIT
INDIENS D’AMERIQUE LATINE

SABRA & CHATILA
AU COEUR DU MASSACRE

11 janvier 2024/par Faitetcause
Pas besoin d’être grand clerc ni devin pour prévoir que ce livre va susciter des polémiques et des anathèmes. Il en est toujours
ainsi lorsque l’on s’intéresse de près à la scène israélo-palestinienne, théâtre de toutes les passions. Car rien n’est simple pour un journaliste lorsqu’il s’agit de témoigner de la rivalité des descendants d’Abraham et d’ausculter les convulsions de leur terre trop souvent promise. Pourtant, Jacques-Marie Bourget qui a toujours accepté d’affronter les risques inhérents à son métier de grand reporter et en porte la marque dans sa chair, a pris celui de revenir sur ce sujet tabou : les massacres des camps de Sabra et Chatila en 1982 au Liban alors envahi par l’armée israélienne.
Trente ans après cette tragédie dont les auteurs restent impunis, ce journaliste qui fut grièvement blessé en octobre 2000 en Cisjordanie a voulu rompre le silence assourdissant qui fait insulte à la mémoire des centaines de civils palestiniens abattus, méthodiquement et à bout portant, dans la banlieue de Beyrouth. Ceux qui veulent réécrire l’Histoire pour mieux l’enterrer vous diront que tout cela aurait été exagéré à l’époque par les médias ou même inventé de toutes pièces. Pour avoir été moi-même, en tant qu’envoyé spécial du newsmagazine Le Point, parmi les premiers journalistes qui sont entrés, ce funeste 18 septembre, dans ces pauvres ruelles et bicoques jonchées de cadavres parfois atrocement mutilés – nombre d’entre eux étaient ceux de femmes et d’enfants dont je n’oublierai jamais le dernier regard horrifié – je peux témoigner que ce cauchemar, oeuvre manifeste des milices chrétiennes libanaises, a bien eu lieu toute une nuit durant à quelques centaines de mètres seulement de blindés israéliens en faction… Pour le reste, j’avoue ne pas en avoir appris beaucoup plus depuis, et de façon précise, sur les méandres de la piste sanglante que Jacques-Marie Bourget a remontée.
Mais j’ai la conviction qu’Israël et le Liban, deux pays dont j’ai si souvent partagé les épreuves et qui, tous deux, me sont chers, s’honoreraient à faire un jour toute la lumière sur cette ténébreuse affaire. L’apaisement et la réconciliation, Nelson Mandela, le père de la nation arc-en-ciel, nous l’a montré, passent nécessairement par la recherche de la vérité.

Albert Londres, précurseur du reportage moderne, disait que le rôle du journaliste est de « tremper sa plume dans la plaie ». Voilà qui est fait au moment où celle, immonde pour notre civilisation, de Sabra et Chatila commence à se refermer dans les oubliettes de l’Histoire.

Alain Louyot
Ancien grand reporter au Point et rédacteur en chef « Monde » à L’Express.
Lauréat et membre du jury du prix de journalisme Albert Londres
 
SABRA & CHATILA
Marc SIMON

No need to be an oracle nor a palm-reader to realise that this book would be likely to stir up some controversy.  It is always so when anyone starts to look closely the highly emotive subject of Israeli-Palestinian affairs.  Nothing is easy for a journalist who wants to record the rivalry amongst Abraham’s descendants and to analyse the convulsions of their much- and over-promised land.  Undeterred, Jacques-Marie Bourget, who has always accepted the risks inherent in the job of special correspondent – he bears the wounds to prove it – has taken another risk here in revisiting another taboo: the massacres in the Sabra and Chatila camps in Lebanon, during the invasion by the Israeli army in 1982.
Thirty years after this tragedy, whose protagonists still go unpunished, this journalist wanted to break the deafening silence which does dishonour to the memory of the hundreds of Palestinian civilians who were methodically shot, at close range, in the suburbs of Beirut.  He himself was seriously injured in the West Bank in 2000.  Those who would wish to rewrite history, the better to bury it, would tell you that the media greatly exaggerated it all at the time, or even that it was pure fiction.  Having been there myself as special correspondent for the Le Point news magazine, and having been one of the first journalists that fateful September 18 to explore those poor little streets and houses strewn with bodies – occasionally horribly mutilated, many of them of women and children whose last horrified gaze I will never forget – I can attest that that nightmare went on all night, apparently perpetrated by Lebanese Christian militia, only a few hundred metres from the Israeli armoured vehicles that were posted there….  As for the rest, I admit that I have not learned much more since then of the bloody chain of events that Jacques-Marie Bourget has investigated.
But I am convinced that Israel and Lebanon, two countries close to my heart and whose tribulations I have often shared, would do honour to themselves by one day bringing that dark chapter of their history into the light. 
Nelson Mandela, the father of the rainbow nation, has shown us that a search for truth is key to achieving peace and reconciliation. 

Albert London, a forerunner of modern journalism, said that the role of the journalist is to “dip his pen in the ink of the wound”.  So here it has been done, just at the moment that the wounds of Sabra and Chatila were beginning to close over in the oblivion of time.    Alain Louyot
Former special correspondent at Le Point and editor of the World News section at l’Express magazine.
Winner and member of the jury of the Albert Londres prize for journalism.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/couvsabrachatila-1.jpg 340 257 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:20SABRA & CHATILA
AU COEUR DU MASSACRE

GORILLES – PORTRAITS INTIMES

11 janvier 2024/par Faitetcause
« Croiser le regard d’un grand singe est une expérience singulière qui laisse rarement indifférent. Pour peu qu’on s’y attarde, une drôle de sensation vous envahit : ce regard induirait-il plus que ce qu’il veut bien laisser paraître ? Quelles pensées insondables peuvent donc cacher ces faciès étonnamment humains ? » Côtoyant et photographiant les anthropoïdes depuis plusieurs années, Sébastien Meys et Florence Perroux ont eu envie de nous faire découvrir – ou redécouvrir – le plus impressionnant mais aussi le plus sensible de nos cousins simiesques : le gorille.
Chacun de ces doux géants possède un tempérament et une histoire propres.
Abordés ici comme autant d’individus particuliers, ils nous dévoilent aussi les particularités de leur espèce. Menaçant. Dangereux. Agressif. Ces qualificatifs violents, communément associés aux gorilles, révèlent une profonde méconnaissance de ces primates imposants mais si réservés. Altruisme, empathie, rire, utilisation d’outils : voilà qui leur convient mieux !
Entre Homo et Gorilla il n’y a pas de différence de nature, tout juste de forme et de complexité.
La plupart des photos ont été prises en captivité ou au Rwanda, en milieu sauvage.

Le livre sera complété par une description (sous la plume de Delphine Roullet, du Muséum national d’histoire naturelle) de la condition des gorilles aujourd’hui, dans le monde : leur nombre, leur répartition, leurs conditions de vie, le danger de leur disparition dans certains endroits et les dispositions qui sont éventuellement prises – ou pas.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/couv_gorilles4-1.jpg 340 244 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:21GORILLES – PORTRAITS INTIMES

AMERICA 101

11 janvier 2024/par Faitetcause
Photojournaliste primé et documentariste social, Arthur Grace a voyagé dans le monde entier et à travers l’Amérique missionné par les plus grands journaux ou pour mener à bien ses propres projets depuis le début des années 70. Dans America 101, Grace présente 101 images issues de ses riches archives personnelles sur les États-Unis pour créer un assemblage visuel de ce qui définit et représente les Américains.Organisé en chapitres thématiques, le livre de Grace sonde de manière pertinente et subjective l’ADN de la culture américaine. Fusionnant le style et l’implication d’un photojournaliste avec la distance conceptuelle et critique d’un artiste, ses images explorent une série de thèmes qui résonnent en profondeur avec l’histoire américaine du dernier demi-siècle, révélant les rituels à la fois étranges et familiers de la vie américaine. 
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/28_arthurgraceamerica1019-1.jpg 340 340 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:21AMERICA 101

NARCO ESTADO
DRUG VIOLENCE IN MEXICO

11 janvier 2024/par Faitetcause
Fin 2006, le président du Mexique nouvellement élu Felipe Calderon a déclaré la guerre aux puissants cartels qui passait de la cocaïne colombienne, de la méthamphétamine et de la marijuana produites localement aux États-Unis. Approximativement 50 000 personnes, selon les estimations les plus basses, sont mortes dans les violences qui s’en sont suivies, plus que durant les guerres en Irak et en Afghanistan combinées.Ciudad Juarez, avec ses quatre postes frontières vers les États-Unis d’une importance stratégique cruciale, est devenue le centre de cette guerre des drogues. Avec 3 600 meurtres en 2010, Juarez est la ville la plus dangereuse du monde. 98% des meurtres ne sont jamais résolus. La police et les services médico-légaux courent d’une scène de crime à la suivante et n’ont souvent pas le temps de faire mieux qu’un bref rapport. Les petits criminels et les aspirants gangsters profitent de ce vide légal pour se développer.La violence due aux trafics de drogue au Mexique n’est pas un phénomène isolé sans ramifications mondiales, et présente un aperçu terrifiant d’un possible futur, où le crime organisé aurait réussi à monopoliser la violence à son compte. Les cartels, organisations prédatrices ultra-capitalistes, opèrent dans la plus totale impunité, rendue possible par l’indifférence, l’incompétence, et la corruption d’une partie de l’État.Teun Voeten, 2012.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/med_teun_voetenbookjpg-1.jpg 312 340 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:22NARCO ESTADO
DRUG VIOLENCE IN MEXICO

AMERICAN TESTIMONY

11 janvier 2024/par Faitetcause
“Pour moi, une photo doit vous saisir et vous renverser, elle doit immédiatement révéler que le monde marche sur la tête et que les gens souffrent sans aucune raison.” Cette déclaration de Peter Martens (néerlandais né en 1937 et mort en 1992) est typique de son travail et de sa méthode. Avec son collègue Ed van der Elksen, Martens est devenu l’un des photographes de rue les plus marquants de sa génération aux Pays-Bas.
 
Juste avant sa mort, le photographe sélectionna ses meilleurs travaux issus de ses périples à travers l’Amérique. Exactement vingt ans après, le résultat est finalement publié. Le livre, intitulé American Testimony, est présenté à BredaPhoto. Une sélection de son oeuvre sera également visible à l’exposition en son hommage.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/01/americantestimony-1.jpg 278 230 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-01-11 22:03:172024-01-11 22:03:22AMERICAN TESTIMONY
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    Lettre d’information

      

    58 rue Quincampoix
    75004 Paris – France
    +33 (0)1 42 74 26 36
     

    En période d’exposition
    ouverture du mercredi au samedi
    de 13h30 à 18h30. Entrée libre
    M° Rambuteau – Les Halles

    Pour Que l’Esprit Vive

    Association loi 1901 reconnue d’utilité publique

    Siège social :
    20 rue Lalande
    75014 Paris – France
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