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Fait & Cause, Photographie Militante

TERRES MINÉES

27 août 2024/par Christian Predovic

LES CINQ PHOTOGRAPHES – JANE EVELYN ATWOOD,  CLAUDINE DOURY,  SUSAN MEISELAS,  MARIE-PAULE NÈGRE,  ANNE VAN DER STEGEN – ONT RÉALISÉ DANS CINQ PAYS D’INTERVENTION DE HANDICAP INTERNATIONAL DES REPORTAGES AUPRÈS DE VICTIMES DE MINES ANTIPERSONNEL (AU CAMBODGE. AU KOSOVO. AU NICARAGUA. EN CASAMANCE ET EN THAÏLANDE). LES REPORTAGES NE VISENT PAS AU SENSATIONNEL MAIS AU CONTRAIRE À MONTRER LA VIE QUOTIDIENNE DE CELLES ET CEUX DONT LA VIE A ÉTÉ DÉFINITIVEMENT CHANGÉE PAR L’EXPLOSION D’UNE MINE. LES CONTRIBUTIONS DES ÉCRIVAINS – DARIO FO,  ZOÉ VALDÉS,  MIA COUTO,  CLAUDE DUNETON – TRADUISENT EN LIEN AVEC LES PHOTOGRAPHIES, LEURS RÉFLEXIONS SUR LE SORT TRAGIQUE DES VICTIMES.

 

À travers ces regards et ces paroles d’auteurs. il s’agit d’informer autrement le public et la communauté internationale sur la réalité quotidienne des populations victimes de mines, sur l’importance de la recherche de solutions concrètes et urgentes en faveur de ces victimes et du combat pour l’universalisation du Traité d’interdiction des mines antipersonnel.
Cette exposition sera présentée pour la première fois à la Galerie de la Comédie de Genève, à partir du 8 septembre, puis à Paris, Zurich, Bâle, Bruxelles, Luxembourg et Munich. Par ailleurs, elle fera l’objet d’une campagne d’affichage public en Angleterre. et de pages reproduites par de grands quotidiens européens pendant les cinq jours de la conférence.
l’exposition «Terres Minées» a été conçue et réalisée par Handicap International. en partenariat avec l’agence Editing, avec le soutien de la Confédération Helvétique du Conseil d’État du Canton de Genève, de Kodak et de Publimod’Photo.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/08/1505_001-72dpi1920px.jpg 1365 1920 Christian Predovic https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Christian Predovic2024-08-27 12:22:072025-11-22 15:50:27TERRES MINÉES
Hien LAM DUC

CARNET DE VISITES

27 août 2024/par Christian Predovic

Sans maniérisme ni affectation, Hien Lam Duc illustre l’action des soins à domicile dispensés par les membres de l’association “Vivre à domicile”.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/08/HLD-H800px_001.jpg 800 562 Christian Predovic https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Christian Predovic2024-08-27 11:58:232026-02-09 15:33:28CARNET DE VISITES

ÉTATS D’ENFANCES

22 août 2024/par Christian Predovic

Plusieurs années de travail ont permis à Francesco Zizola de réaliser ce projet photographique : les enfants du monde à l’aube du troisième millénaire.
Zizola nous offre un panorama sur notre avenir proche, sur ce jour où tous les jeunes garçons et filles d’aujourd’hui mèneront le monde de demain ou au contraire, seront écrasés par lui.
Toutes ces photographies ont été prises dans des pays où l’enfance est en danger et où le droit de l’enfant est trop souvent bafoué.

Un reportage noir sur la condition des enfants : victimes des mines antipersonnel en Angola, du sida et de la prostitution en Thaïlande, du sous-développement au Bangladesh, enrôlés dans les conflits du Sierra Leone ou encore réduits à l’état de quasi esclavage dans les mégalopoles brésiliennes.

Ce travail exemplaire fut plusieurs fois distingué par le World Press Photo.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/08/1503_001-72dpi1920px.jpg 1339 1920 Christian Predovic https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Christian Predovic2024-08-22 16:25:312025-11-21 15:30:11ÉTATS D’ENFANCES

TERRITOIRES DÉNATURÉS

12 août 2024/par Christian Predovic

La question de l’énergie nucléaire n’a jamais été autant d’actualité : aléas de la livraison du chantier de l’EPR de Flamanville, développement de « mini » réacteurs, guerre en Ukraine, coup d’état au Niger… En même temps, elle n’a jamais été aussi absente des débats publics.

Je suis né dans le pays le plus nucléarisé du monde, et, comme la plupart de mes concitoyens, je ne m’étais jamais vraiment intéressé à la politique énergétique et encore moins à l’industrie nucléaire. Depuis ma naissance, j’évolue dans le confort. Je suis invité par les injonctions à acheter notamment des objets technologiques et par les messages publicitaires à consommer sans limite et sans questionnement. L’accident de Tchernobyl et son nuage facétieux ne m’ont pas vraiment inquiété.
Je n’ai commencé à me poser des questions qu’au moment de l’accident de Fukushima, mais il aura fallu un des anniversaires de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl pour que je commence à réfléchir sur les choix énergétiques de mon pays.
Je décide d’aller photographier la centrale de Nogent-sur-Seine, la plus proche du lieu où je vis. Stupéfait par ce que je découvre, j’entreprends de photographier toutes les centrales de France en essayant de confronter leur gigantisme et le corps humain. Ce reportage m’amène à enquêter plus globalement sur l’énergie nucléaire. Je me rends dans le Morbihan et en Auvergne pour découvrir les anciennes mines d’uranium, fermées car trop peu productives. En tout, près de 200 sites abandonnés continuent à contaminer les sols et les nappes phréatiques.

La question de l’extraction du combustible soulève celle de la complexité de la transformation de l’uranium et des coûts humains et environnementaux. Le minerai, aujourd’hui acheté au Kazakhstan, au Niger, à l’Ouzbékistan ou à la Namibie, arrive en France après un voyage de plusieurs milliers de kilomètres. Pour connaître l’autre bout de la chaîne, je me rends à La Hague où je découvre son centre de stockage des déchets nucléaires : un territoire transfiguré par l’industrie du nucléaire, jalonné de magnifiques réverbères et de splendides aménagements sportifs et culturels.

Au cours de cette enquête, je rencontre un réseau de personnes engagées, travaillant pour informer la population des conséquences de la production d’électricité d’origine nucléaire. Je m’entretiens avec des hommes et des femmes qui me font part de leurs conditions de travail mais qui refusent pour la plupart d’être photographiés. Je vais à Bure en Haute-Marne où le projet d’enfouissement de déchets nucléaires les plus radioactifs est en cours et où des citoyens et des activistes tentent de mobiliser la population contre sa dangerosité. Enfin, je décide de documenter l’histoire de la lutte antinucléaire. À Plogoff, je découvre, à côté de la Pointe du Raz, une baie préservée par cette lutte à la fin des années 70.

C’est toute cette enquête qui se trouve réunie dans cette exposition. Je n’ai pas fait acte de militantisme ; j’ai simplement fait mon travail de photojournaliste et de citoyen qui se pose des questions sur les choix énergétiques portés par un état, sans concertation de sa population.

Nicolas Gallon / CONTEXTES

 


 

DENATURED TERRITORIES

An investigation into nuclear power in France

Nuclear energy has never been more in the news: problems with the completion of the Flamanville EPR power station, development of « mini » reactors, war in Ukraine, military coup in Niger… Meanwhile, it has never been more absent from public debate.  I was born in the most nuclear country in the world, and like most of my fellow citizens, I never really took much interest in public energy policies and even less in the nuclear industry.

Since my birth, life has been easy.  I am constantly assailed by injunctions to buy technological objects and by advertising promoting consumption without limits.  Tchernobyl and its curious cloud didn’t bother me particularly.  I started to question things only with the accident at Fukushima, but it took one of the anniversaries of the Tchernobyl disaster for me to really start reflecting on the energy choices made by my country.  So I decided to take some photographs of the Nogent-sur-Seine nuclear power station, as it was the closest to where I live.  Amazed by what I discovered, I then embarked on a project to photograph all of the nuclear power plants in France, trying to put the human body in perspective against their gigantism.  This documentary led me to investigate nuclear energy as a whole.  I went to Brittany and the Auvergne to visit old uranium mines, long since abandoned for lack of productivity.   In total, there are nearly 200 abandoned sites which continue to contaminate the soil and the water table.

The extraction of nuclear fuel raises questions about the complexity of the transformation process of uranium, as well as the human and environmental costs involved.  The ore, which is bought today from Kazakhstan, Niger, Uzbekistan or Namibia, arrives in France after travelling several thousand miles.  In order to know a little more about the other end of the chain, I went to La Hague in Normandy and saw there the centre for storing nuclear waste: a landscape transformed by the nuclear industry, dotted here and there with magnificent lampposts and splendid cultural and sporting amenities.

During the course of my investigations, I met a whole network of devoted people, working to inform the population of the consequences of producing electricity from nuclear sources.  I met with men and women who were ready to discuss their working conditions but most preferred not to be photographed.  I went to Bure, in the north east of France, where there is a project running to bury the most radioactive nuclear waste and where activists are trying to bring the dangerous nature of the project to the attention of the local population.  Finally, I decided to look into the history of the battle against nuclear power.  I discovered Plogoff bay, near the Point du Raz on the western tip of Brittany, preserved by this battle at the end of the seventies.

This exhibition brings together all these elements of my research.  I do not intend to be a militant; I simply did my job as a photojournalist and citizen who questions the energy choices made by a state, without seeking the opinion of the population.

Nicolas Gallon / CONTEXTES

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/08/NUCLEA1-1920px.jpg 1520 1920 Christian Predovic https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Christian Predovic2024-08-12 14:26:452024-11-12 16:12:38TERRITOIRES DÉNATURÉS

ESCLAVES AU PARADIS

24 juillet 2024/par Christian Predovic

En République Dominicaine, la case de l’oncle Tom n’a jamais disparu. À proximité des plages pour tourisme de luxe, cachés derrière un rideau impénétrable de canne à sucre, des baraquements en bois insalubres rassemblés en bateys*. 

Ces ghettos, sans eau, ni électricité, abritent des braceros, esclaves saisonniers des exploitations sucrières, et leurs familles venues d’Haïti. Une fois passé le portail d’entrée des bateys, on n’échappe plus à l’enfer : les hommes s’éreintent dans les plantations de canne à sucre, les femmes tentent d’assurer la survie de leurs familles, les enfants nés de parents Haïtiens, reconnus par aucun de deux gouvernements, sont condamnés à devenir esclaves à leur tour… Chaque année, ils sont plus de 20 000 Haïtiens à traverser la frontière de la République Dominicaine pour travailler pendant une saison de zafra, la récolte du sucre.

Reportage réalisé de décembre 2004 à avril 2006.

 

*  De vrais bidonvilles avec de baraquements de bois, insalubres, sans eau, ni électricité qui accueillent misérablement les coupeurs de cane à sucre haïtiens où ils sont assignés et pas libres de se déplacer.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/07/small_5955.jpg 431 350 Christian Predovic https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Christian Predovic2024-07-24 14:32:332024-07-24 16:00:50ESCLAVES AU PARADIS

TEATRO DEL TORO

24 juillet 2024/par Faitetcause

Arles, France – 2012 / 2014

Ce travail s’inscrit dans le cadre d’un projet photographique sur le long terme ayant pour thème l’Animal hors de son milieu naturel, ses modes d’adaptation à son nouveau milieu de vie et ses relations avec l’homme.
En Occident, nous sommes quotidiennement confrontés aux répercussions du règne de l’homme sur l’animal : consommation de viande, de poissons et de produits d’origine animale, graisses,  cosmétiques, objets en cuir. Animaux domestiqués, animaux maintenus en captivité, animaux assassinés en toute légalité. En France, environ 700 taureaux sont tués chaque année dans les arènes.
Pour ces photographies, j’ai voulu une forme particulièrement marquée qui propose de montrer la réalité comme une fiction, tout en accentuant le caractère grotesque et cruel du spectacle de la corrida. Les couleurs deviennent maîtresses comme autant d’effets imaginaires résonnant aux cris silencieux du Toro. NO !
Dans l’arène, le spectacle devient alors théâtre d’effigie.
Les moments du combat que j’ai choisis de montrer tendent tous à présenter une forme de déréalisation de la réalité qui accentue la dimension de la mise en scène de la mort gratuite d’un animal par des personnages dont la gestuelle et la posture peuvent davantage faire penser à un théâtre de marionnettes qu’à un spectacle déroulant un rituel dit «culturel» qui se veut fier et codifié.
C’est aussi dans cette perspective que j’ai choisi de ne pas montrer le public présent dans l’arène.
Picadors, banderilleros, matadors ou encore areneros se mouvant comme autant d’automates répétant les même rituels six fois de suite… Dans une même corrida, ce sont six taureaux qui sont mis à mort.
Corinne Rozotte

 

Si en 2016, la corrida n’est toujours pas interdite, elle est passée de mode et son public se fait de moins en moins nombreux. Celui-ci préfère assister à des courses camarguaises ou encore aux courses de Recordatores – spectacle acrobatique où des hommes sautent par-dessus le taureau sans qu’aucune goutte de sang ne soit versée -.

Pour rappel, les spectacles tauromachiques ne sont autorisés que dans trois pays ou régions d’Europe : l’Espagne, le Portugal et le sud de la France.
En France, c’est l’article 521-1 du code pénal qui réprime les sévices et les actes de cruauté envers les animaux mais qui fait une exception pour les courses de taureaux et les combats de coqs « lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».
En juin 2015, la Cour d’Appel de Paris a donné raison aux associations de protection des animaux en radiant la corrida du patrimoine culturel immatériel de la France. Pour finir, rappelons qu’il y a déjà plus de 150 ans, Victor Hugo, comme d’ailleurs d’autres de ses contemporains, s’était indigné du spectacle de la corrida :  » Torturer un taureau pour le plaisir, pour l’amusement c’est beaucoup plus que de torturer un animal, c’est torturer une conscience ! « 

 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/07/01-Recto-C.-Rozotte-SOPHOT-2016.jpg 776 1085 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-07-24 09:30:162026-04-01 10:46:01TEATRO DEL TORO

LES FEMMES DE LA CASA XOCHIQUETZAL

24 juillet 2024/par Faitetcause

En 2008, Bénédicte Desrus découvre la Casa Xochiquetzal, une maison de retraite pour prostituées située à Mexico. Fascinée et intéressée par l’histoire de ces femmes, elle souhaite mieux les connaître et garde à l’esprit cette question :
Que deviennent les prostituées quand elles vieillissent ?
Elle décide alors de réaliser un reportage sur cette auberge unique en Amérique latine. 26 femmes, âgées de 55 à 86 ans, ont trouvé refuge à la Casa Xochiquetzal. Elles n’avaient nulle part où aller pour passer leurs vieux jours. Depuis sa création en 2006, plus de 300 femmes ont été hébergées dans cette grande maison coloniale. Ici, elles ont un toit pour dormir, plusieurs repas par jour et des soins médicaux gratuits. Pour la majorité d’entre elles, c’est la première fois de leur vie.
Elles participent également à des ateliers, à des groupes de réflexion pour faire valoir leurs droits et à des cours afin de les aider à reprendre confiance en elles et ainsi affronter les traumatismes du passé. En marge de la société, souvent sans contact avec leur famille, très fragilisées par l’âge et par de nombreuses pathologies, elles tentent néanmoins de retrouver leur dignité. Les photographies de Bénédicte Desrus captent la dignité de ces femmes et mettent en évidence leur courage et les histoires qu’elles ont à partager avec une société qui les a rejetées. Elles nous montrent que les personnes les plus marginalisées ont beaucoup à nous apprendre.  Ce reportage invite le public à porter un autre regard sur les droits des femmes, sur la discrimination et les stéréotypes des travailleuses du sexe et invitent à une réflexion sur les préjugés les concernant. Il vise aussi à diffuser le travail de la Casa Xochiquetzal afin d’inspirer ailleurs des initiatives similaires. Pendant 4 ans, Bénédicte Desrus a photographié ces femmes dans leur quotidien, avant d’inviter l’écrivaine mexicaine Celia Gómez Ramos à découvrir la Casa Xochiquetzal.

En 2012, elles ont lancé ensemble le projet du livre, Las Amorosas Más Bravas (Les Amoureuses les plus vaillantes). En mars 2014, l’ouvrage texte-image, a été publié et tiré à 1000 exemplaires au Mexique.
Une partie des ventes du livre est reversée à la Casa Xochiquetzal afin d’améliorer les conditions de vie des résidentes ; le projet vise aussi à susciter des dons.
Mais le principal objectif reste de sortir ces femmes de l’anonymat et de les rendre visibles aux yeux d’une société qui les a longtemps ignorées. En somme ce reportage est un hommage à la vieillesse et à la dignité humaine.

Bénédicte Desrus

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/07/Recto-B.-Desrus-SOPHOT-2016.jpg 810 1132 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-07-24 09:22:112026-02-05 14:14:52LES FEMMES DE LA CASA XOCHIQUETZAL

EXTRA/ordinaire

24 juillet 2024/par Faitetcause

Dans une  résidence entièrement médicalisée, quarante-cinq personnes sont accueillies, toutes atteintes de maladies dégénératives lourdes. Près de quatre années ont été nécessaires pour réaliser ces portraits et ce reportage. Onze résidents ont participé à ce projet ; trois sont déjà décédés : Laurent, Olivier, Julien.

 

Une résidence immense, à l’écart de toute commune, parcourue d’un dédale de couloirs bordé d’amples baies vitrées. C’est là que sont accueillies quarante-cinq personnes et que travaillent plus d’une centaine d’autres. Médecins, infirmiers, aides-soignants encadrent les résidents, tous atteints de maladies neuromusculaires dégénératives ; parmi ceux-ci, certains sont là depuis peu, d’autres depuis plus de vingt ans…
Au sein de ces quelques mille mètres de couloirs, les aides-soignantes se déplacent à vélo ; les résidents, eux, ajustés dans leurs fauteuils roulants électriques vont et viennent posément. Chacun d’entre eux possède sa propre pièce : son cocon, son univers ; concentré d’images, de souvenirs, de passions. Le silence y est prédominant, la parole, elle, est rendue parfois difficile, voire impossible par la maladie et sa lente évolution. La dépendance est omniprésente, et le dénouement connu. C’est un monde à part, où la perception du temps et de l’espace est altérée, transformée : tantôt comprimée, tantôt distendue.
Resituée dans leur chambre médicalisée, cette représentation photographique est tout d’abord l’expression d’une passion révélée, d’une vérité cachée ou tout simplement d’un souhait. Une fois retenue, cette évocation occupe tout l’espace physique de la pièce ;  elle l’envahit littéralement afin d’aboutir à une vision où l’imaginaire et l’illusoire supplantent la condition humaine et le tangible.
Les photographies de reportage en noir et blanc ont été réalisées durant trois ans. Elles permettent de contextualiser le quotidien et les conditions de réalisation des portraits.

 

Quelques dates et informations complémentaires.
Août 2011 : découverte de la résidence
Nov. / Déc. 2012 : présentation du projet et rencontres avec les résidents
Janv. / Août 2013 : phases d’entretien individuel avec chaque résident
Sept. 2013/Fév. 2016 : organisation des prises de vues, shooting et reportage.

 

Chaque mise en scène de portrait a nécessité deux à trois mois de préparation en amont ;  deux journées sur site étaient consacrées à l’installation dans les chambres médicalisées. Une dizaine d’entreprises et d’associations ont participé bénévolement à ce projet. Les personnes présentes sur ces photos ne sont pas des figurants déguisés. Les photos couleurs sont post produites de manière classique sans insertion numérique.

Christophe Hargoues

 


 

EXTRA/ordinary

Preface
Forty-five people are housed in a medically equipped residence, all suffering from serious degenerative illnesses.  It took almost four years to do this documentary and the associated portraits.  Eleven of the residents took part in the project; three are now deceased: Laurent, Olivier, Julien.

Summary
It is a huge building, far away from any urban area, a maze of corridors punctuated by big bay windows.  This is where forty-five patients are housed, along with more than a hundred staff.  Doctors, nurses, and auxiliaries take care of the residents, all suffering from degenerative neuromuscular disease: some have arrived recently, while others have been there for more than twenty years…

The careers move around the thousand meters of corridors by bicycle; the residents, in their bespoke electric wheelchairs, go calmly about their business.  Each of them has his own room, his cocoon, his universe; a distillation of images, memories and of passions.  One is struck by the silence, as the illness and its slow evolution make speech difficult.  All are dependent and all know how it is going to end up.  It is a world apart, where the notion of time and space is distorted and transformed: compressed one moment, distended the next.

Produced within the confines of their rooms, this photographic representation is first and foremost the expression of an uncovered passion, of a hidden truth or just of a simple desire.  Once developed, it occupies all of the physical space in the room; it becomes so overwhelming that it ends up creating a vision where imagination and illusion supplant the tangible and the reality of the human condition.

The black and white photographs of this documentary were produced over three years.  They help to give a context to the daily life in the residence and the conditions in which the portraits were made.

Some dates and additional information.

August 2011:               discovery of the residence
Nov. /  Dec. 2012:       presentation of the project and discussions with the residents
Jan. / Aug 2013:          individual interviews with each resident
Sept. 2013/Feb. 2016: organisation and preparation of the photo shoots, production and documentary.

Each portrait required two to three months of prior preparation; two days on site were dedicated to preparing the bedroom.  A dozen companies and associations volunteered to take part in the project.  The people who appear in these photos are not disguised actors.  The colour photographs were post-produced in a normal way without digital insertion.

Christophe Hargoues

 


 

EXTRA/ordinario

Prefacio
En una casa de reposo con atención médica, son atendidos cuarenta y cinco pacientes. Todos sufren de enfermedades degenerativas graves. Para lograr hacer estos retratos y realizar este reportaje fueron necesarios casi cuatro años. Once residentes participaron al proyecto; tres de ellos fallecieron más tarde: Laurent, Olivier y Julien.

 

Sinopsis
Una inmensa residencia, alejada de la población y atravesada por un laberinto de pasillos iluminados por grandes ventanales. Es allí donde residen estos cuarenta y cinco pacientes y donde trabajan más de cien personas para que esta funcione. Los médicos, enfermeras, cuidadores y asistentes se encargan de los residentes, todos con enfermedades neuromusculares degenerativas; algunos de ellos recién llegados y otros allí desde hace más de veinte años…

En estos mil metros de pasillos internos, las enfermeras auxiliares se desplazan en bicicleta; mientras que los residentes, bien sujetados a sus sillas de ruedas eléctricas van y vienen en silencio. Cada uno tiene su propia habitación: su espacio personal, su mundo; un concentrado de imágenes, recuerdos y pasiones. El silencio predomina, el habla, se hace difícil o imposible por la enfermedad y su lenta evolución. La dependencia es omnipresente y el desenlace conocido. Es un mundo aparte, donde la percepción del tiempo y del espacio se alteran y  transforman: a veces comprimiéndose, a veces distendiéndose.

Resituada en su habitación, esta representación fotográfica es la expresión de una pasión, de un secreto, de una realidad oculta o simplemente de un deseo. Una vez retenida, esta evocación llena el espacio físico de la habitación; la invade literalmente para obtener una visión donde lo imaginario e ilusorio suplanta lo tangible y la condición humana.

Las fotografías del reportaje en blanco y negro fueron tomadas durante tres años. Ellas ayudan a contextualizar la vida diaria en la residencia y las condiciones de realización de los retratos.

Algunas fechas e informaciones adicionales:

Agosto 2011: descubrimiento de la residencia.
Noviembre / diciembre 2012: presentación del proyecto y primer contacto con los residentes
Enero / Agosto 2013: encuentros individuales con cada residente
Septiembre 2013 / Febrero 2016: organización de las tomas de fotográficas, realización de las fotografías y presentación del reportaje.

Cada puesta en escena de un retrato requirió dos a tres meses de preparación previa; dos días fueron dedicados a la instalación in situ en cada habitación concernida. Unas diez empresas y asociaciones participaron voluntariamente al proyecto. Las personas en estas fotos no son figurantes disfrazados, sino verdaderos músicos, militares y bailarinas. Las fotografías en color fueron producidas de manera convencional sin ninguna inclusión digital.

Christophe Hargoues

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/07/01-Recto-2017-C.Hargoues.jpg 1690 2364 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-07-24 09:16:112026-03-20 15:20:16EXTRA/ordinaire

NO GO ZONE

24 juillet 2024/par Faitetcause
En mars 2011, nous avons découvert, hallucinés, le no man’s land autour de la centrale nucléaire. Dans le centre-ville d’Odaka à une quinzaine de kilomètres de la centrale, le temps s’était subitement interrompu. Un canapé avait été laissé au milieu de la route, un chat regardait par la vitre d’une fenêtre couverte de boue comme s’il attendait le retour de ses maîtres, une musique ringarde continuait de résonner à l’intérieur d’une laverie automatique. Ces détails rappelaient l’urgence avec laquelle les 80 000 résidents de la zone interdite avaient pris la fuite, un territoire d’un rayon de 20 km autour du site de Fukushima Daiichi ayant été évacué en seulement quelques jours. Au milieu des villes désertes, nous croisions pourtant de rares habitants : des résidents en masque et combinaison radiologique courant affolés, des policiers un peu perdus ne sachant pas quelle instruction donner ou encore un éleveur essayant de sauver ses chevaux affamés. Plusieurs de ses chevaux, abandonnés pendant plusieurs semaines à cause de l’évacuation, gisaient dans cette étable en grande partie détruite par le séisme et le tsunami. De notre côté, nous avancions, les yeux rivés sur notre dosimètre : « C’est donc cela un accident nucléaire ». Six mois plus tard nous avons voulu convertir ce choc initial en un projet artistique personnel. « Fukushima no go zone » était né. Ce travail au long cours allait durer six ans et nous a conduit à de multiples reprises dans la zone interdite de Fukushima. Notre première photographie a été prise en décembre 2011. Munis d’une combinaison radiologique et d’un laisser passer, nous avons pu franchir le check-point, à 20 km de la centrale nucléaire.  Les activités journalistiques et artistiques à l’intérieur de la zone interdite étant strictement limitées, nous étions habités par la menace d’une interpellation par la police. Pendant toute la durée de notre travail à Fukushima, la peur des autorités l’a finalement emporté sur la crainte de la radioactivité qui représentait à nos yeux un danger moins palpable et immédiat.
Tard dans la soirée, nous avons rejoint la gare de Tomioka, à 7 km de la centrale nucléaire et qui avait été entièrement submergée par le tsunami. Au milieu des rails, notre lampe frontale a éclairé une épave de voiture. Cette apparition inattendue – symbolique pour nous du tsunami et de l’évacuation des habitants – a donné lieu à la première photo de la série « A no man’s land ». Et d’une certaine façon, elle a donné le ton à tout notre travail photographique.
Série « Mauvais rêves » Comment montrer ce qui ne se voit pas ? Ce qui ne se sent pas ? Nous avons choisi de délaisser l’approche documentaire pour la mise en scène, seule façon de révéler l’invisible. Directement touchés dans leurs corps et dans leur cœur par la menace de la radioactivité, les résidents de Fukushima eux-mêmes ont été sollicités pour désigner la frontière impalpable entre ce qui est contaminé et ce qui ne l’est pas. Frontière subjective s’il en est. Pourtant, les villes, les campagnes et les forêts sont divisées entre des zones interdites et d’autres pas. Pour montrer ces limites et leur flou, nous avons choisi un film étirable ou encore une bulle. Précision utile : les mises en scène sont bien réelles, les logiciels de retouche n’ont été utilisés qu’à la marge. Avec la série « Mauvais rêves », la fiction révèle le réel et non l’inverse.
​
Carlos AYESTA et Guillaume BRESSION
www.fukushima-nogozone.com

« Revenir sur nos pas… »
« Ça peut paraître étrange de vouloir revenir ici,

mais le fait de le dire permet de garder le moral, de rester en  vie. »
Shigeko Watanabe

 


 

NO GO ZONE
Fukushima – Japón. 2011-2014

Desde el tsunami y el desastre nuclear en marzo de 2011, Carlos Ayesta y Guillaume Bression han realizado numerosos viajes a la región de Fukushima y especialmente en los alrededores de la central.

De sus diferentes estancias en el lugar, resultan cinco series fotográficas con una fuerte estética que mezcla montaje y enfoque documental. Fotos imposibles, que sugieren las diferentes consecuencias de un accidente nuclear de esta magnitud.

¿Qué queda de una región cuando 80.000 personas fueron evacuadas durante la noche?
Serie A « ¿Claro-oscuro? »

¿Cómo se vive en medio de una amenaza tan invisible y desconocida como la radiactividad?
Serie B « ¿Pesadillas? »

¿Cómo avanza la vegetación sobre cada cosa y en cada edificio a medida que pasan los años?
Serie C « ¿Naturaleza? »

¿Cómo los objetos abandonados se convierten en reliquias de una Pompeya contemporánea?
Serie D « ¿Packshots? »

Y finalmente, ¿Con qué aprensión los antiguos residentes imaginan regresar a estos pueblos fantasmas?

Serie F. Para esta última, llamada « Volver sobre nuestros pasos », los fotógrafos solicitaron a los antiguos residentes y a veces a los propietarios, para que regresasen a sus negocios, escuela o lugares que anteriormente les fueron tan familiares. También pidieron a algunos residentes de la región de Fukushima que los acompañasen a esta zona prohibida. Una forma de que ellos viesen por sí mismos las consecuencias del desastre.

Frente a la cámara, sin embargo, todos debieron hacer « como si nada hubiera sucedido » y comportarse normalmente. Lo extraño y lo banal se mezcla así en estas fotografías casi sobrenaturales pero verosímiles, resultado de una histórica catástrofe nuclear. El objetivo es de testimoniar y no de militar.

Los fotógrafos documentan las consecuencias de una evacuación masiva y duradera, al menos para las ciudades más cercanas a la central de Fukushima.

 

26.01.2017 – 06:44H

Desde 2011 Carlos Ayesta y Guillaume Bression fotografían el área fantasmal evacuada por peligro de contaminación atómica tras el accidente nuclear. El territorio, delimitado por barreras de plástico transparente, mantiene todas las viviendas, edificios e infraestructuras, pero faltan los 80.000 habitantes originales. ‘’El accidente está lejos de terminarse, tanto en la central como entre los refugiados nucleares’’, dicen los documentalistas. Algunas partes de la zona de exclusión de Fukushima están delimitadas por grandes tiras de plástico como la de esta foto de Carlos Ayesta y Guillaume Bression ©

Mil kilómetros cuadrados de territorio en torno al complejo nuclear japonés de Fukushima-Daiichi, colapsado tras el accidente nuclear de 2011, son considerados zona de exclusión a la que solo se permite el paso eventual bajo la propia responsabilidad y en la que está prohibida la residencia —80.000 refugiados han sido realojados en otras áreas por la Administración—. Además de una profusa señalización de peligro por contaminación, las autoridades han desplegado en algunas zonas barreras de plástico transparente para señalar la frontera. Las lonas de plástico que envuelven árboles, construcciones, máquinas expendedoras… tiñen el lugar de una aterradora atmósfera de sala de autopsias.

Los inquietos fotógrafos editaron el libro Retracing Our Steps – Fukushima Exclusion Zone 2011 – 2016 (Volviendo sobre nuestros pasos – La zona de exclusión de Fukushima, 2011-2016) una antología de las visitas y un inventario de los encuentros que han mantenido con los evacuados, personas expulsadas de sus lugares de residencia tras la catástrofe. El libro, editado por Kehrer [152 páginas a 39,9 €], muestra lo que queda de una región evacuada de un día para al otro: paisajes intocables donde no hay cascotes, ruinas ni restos de un desastre tangible, sino una sensación fantasmal. « Lo normal y lo extraño se entremezclan en estas casi surrealistas pero plausibles fotografías ». Como si nada hubiese sucedido Los fotógrafos han querido indagar sobre qué emociones asaltarían a los antiguos residentes si regresaran a sus antiguos hogares, colegios o a los supermercados donde compraban a diario. Con la aquiescencia de quienes aceptaron el retorno para hacer las fotos, llevaron a personas de la zona a esos emplazamientos y las invitaron a posar como si nada hubiese sucedido. La indagación muestra las huellas psicológicas de la tragedia y el éxodo forzoso. Las imágenes son chocantes: una mujer posa con un carrito de la compra en un supermercado donde los envases de alimentos siguen en los estantes; un adolescente escucha música en la tienda en la que compraba discos; un oficinista simula atender un teléfono en su antiguo lugar de trabajo… Todos parecen estatuas de cera con miradas vacías y descreídas en lugares donde el tiempo se ha detenido. ‘Alguien ha movido algo de lugar’ « Mi marido y yo teníamos un salón de peluquería en Tomioka, a diez kilómetros de la central, hasta que tuvimos que evacuar. Cada vez que vuelvo aquí, tengo la extraña sensación de que alguien ha entrado y ha movido algo de lugar », dice Keiko Morimatsu. « Ya estoy acostumbrada, pero al principio ni siquiera podía quedarme una hora aquí, en mi vieja imprenta », añade Shigeko Watanabe. « Creía que podría regresar a vivir de nuevo, pero todos mis vecinos compraron casas en otros lugares y nadie planea volver (…) Esta zona es un pedazo de nada y nadie se preocuparía si desapareciera ». Los fotógrafos también muestran los centenares de miles de bolsas de plástico negro que, apiladas, contienen los 25 millones de metros cúbicos de materiales y tierra posiblemente contaminados, y el avance imparable de las plantas y la naturaleza que cubren automóviles y construcciones.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/07/Recto-Concours-2015-C.-Ayesta-et-G.-Bression.jpg 758 1085 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-07-24 09:07:242026-02-27 15:18:39NO GO ZONE

SUR LA LIGNE

24 juillet 2024/par Faitetcause

Michel Vanden Eeckhoudt a réalisé la série « Sur la Ligne » entre 1992 et 1994 à l’invitation du CRP/ (Centre régional de la photographie de la région Hauts-de-France) dans le cadre de la Mission Photographique Transmanche n°17, autour de la frontière qui sépare les territoires belges et français. Ces zones partagées reflètent bien souvent l’évolution difficile de l’industrie minière et sidérurgique. C’est vers les habitants que le photographe dirige son regard : tout en parcourant des fêtes foraines et des espaces quotidiens, il nous révèle leur manière de vivre.

Michel Vanden Eeckhoudt vient de la tradition du reportage. Son appareil photo Leica lui permet une grande flexibilité. Si ses photographies sont très construites et élégantes, elles n’en restent pas moins marquées d’un humour constant qui lui permet de garder une distance juste à la réalité qui l’entoure. Mais derrière cet humour, le photographe provoque en nous des interrogations : les attitudes et les situations qu’il pointe ne sont pas anodines.

« …Au moment où disparaissent les barrières douanières, il semblait intéressant de porter le regard sur cette frontière extrêmement artificielle entre la France et la Belgique, qui ne s’appuie sur aucun élément naturel, que ce soit un fleuve ou une montagne… Cette zone frontalière comporte du côté belge comme du côté français des continuités de paysage, de lumière, d’architecture. Elle a été le théâtre partagé des conflits répétés de l’histoire. Les activités économiques, avec en particulier la révolution industrielle autour d’un bassin minier qui va de Liège à Béthune, les ensembles linguistiques ont tissé d’autres solidarités de part et d’autre. Pourtant, malgré ces contiguïtés, les ruptures d’ordre culturel, les registres changeants de la palette des couleurs ou encore la disparité de l’habitat, frappent l’observateur. Autour de la ligne de la frontière, s’est aussi forgé, au fil du temps, un espace particulier marqué par la circulation des hommes et les  projections mentales. La préoccupation de Michel Vanden Eeckhoudt pour ce type de lieux troublants et révélateurs a incité le Centre régional de la photographie à le solliciter. Sa réponse, teintée d’un style fait d’ironie et de compassion, transfigure en métaphore cette investigation du réel transfrontalier… ».

Pierre Devin in Sur la ligne, collection « Mission Photographique Transmanche » n° 17, CRP, Douchy-les-Mines, 1994.

« …Michel Vanden Eeckhoudt s’est intéressé à cet espace indécis, transfrontalier à tous les sens du terme, entre un monde qui n’existe plus et un autre qui n’existe pas encore, entre celui qui semble exister et celui qui existe quand même. Mais la vie, la vie vivace, comme on dit, est là. La plage où la marée n’en finit pas de digérer les vieux rotins est la même que celle sur laquelle un ouvrier s’exerce à l’art subtil du cerf-volant. Un masque inutile grimace dans une rue déserte. Un douanier de Risquons-Tout attend placidement la fermeture de son bureau d’octroi… On a tout dit sur ce que les Français appellent – jusque dans le nom républicain du département lillois – le Nord et qui se prolonge jusqu’au sud de la Belgique. Sa longue histoire, sa puissance industrielle passée, sa possible renaissance. On a trop oublié de rappeler que c’était aussi un pays de rêveurs. Les deux pieds fermement plantés au-dessus de l’ultime frontière, entre rêve et réalité. C’est ce même pays qui a fait Matisse et qui a fait Magritte. À nous de le voir…»

Gérard Dupuy in Sur la ligne, collection « Mission Photographique Transmanche » n° 17, CRP, Douchy-les-Mines, 1994.

 


 

SOBRE LA LÍNEA
Invitado por el CRP (Centro regional de la fotografía de la región Hauts-de-France) Michel Vanden Eeckhoudt realiza la serie « Sur la Ligne » entre 1992 y 1994, en el marco de la Mission photographique Transmanche Nº 17, sobre el tema de la frontera que separa los territorios belgas y franceses. Estas áreas compartidas reflejan a menudo la difícil evolución de la industria minera y siderúrgica. Es hacia la gente que el fotógrafo dirige su objetivo: recorriendo las fiestas populares y los espacios públicos cotidianos, para revelarnos su forma de vida.
Michel Vanden Eeckhoudt proviene de la tradición fotográfica del reportaje. Su cámara Leica le permite una gran flexibilidad. Si sus fotografías son elegantes y bien construidas, llevan sin embargo una marca de humor constante que le permite mantener una distancia considerable con la realidad que lo rodea. Pero detrás de ese humor, el fotógrafo nos interpela: las actitudes y las situaciones que nos muestra no son nunca anodinas.
« … Justo cuando desaparecen las barreras aduaneras, parecía interesante mostrar el aspecto de esta frontera tan artificial entre Francia y Bélgica, que no se apoya sobre ningún elemento natural, como un río o una montaña… Esta zona fronteriza comporta tanto del lado belga como del lado francés continuidades de paisaje, de luz y de arquitectura. Habiendo sido el teatro compartido de repetidos conflictos en la historia. Las actividades económicas, en particular, con la revolución industrial en torno a una zona minera que va desde Lieja (Bélgica) a Bethune (Francia), los grupos lingüísticos han tejido otros lazos de solidaridad. Sin embargo, a pesar de estas adyacencias, los quiebres culturales, los cambios de registros en la paleta de colores o la disparidad del hábitat, llaman la atención. Alrededor de la línea de la frontera, se ha forjado también, con el tiempo, un espacio marcado especialmente por la circulación de personas y las proyecciones mentales. La preocupación de Michel Vanden Eeckhoudt por este tipo de espacio ambiguo y revelador hizo que el Centro regional de fotografía lo solicitase. Su respuesta, teñida de ironía y compasión, transfigura en metáfora esta investigación de la zona transfronteriza… « .
Pierre en Devin En la línea, colección « fotográfico Misión Transmanche » N ° 17, CRP, Douchy-les-Mines, 1994.

« … Michel Vanden Eeckhoudt estaba interesado en este espacio incierto, transfronterizo, transversal en todos los sentidos, entre un mundo que ya no existe y otro que no existe todavía, entre el que parece existir y el que existe a pesar de todo. Pero la vida, la verdadera vida, como se suele decir, está ahí. La playa donde la marea nunca termina de digerir esos viejos sillones de mimbre es la misma sobre la cual un obrero practica el arte sutil del barrilete (cometa). Una máscara sonríe impertinente en una calle desierta. Un agente de aduana espera plácidamente para cerrar su oficina de concesión… Todo se ha dicho acerca de lo que los franceses llaman – incluso en el nombre republicano del departamento de Lille – El Norte y que se extiende hasta el sur de Bélgica. Su larga historia, su antiguo poder industrial, su potencial renacimiento. Sin olvidarse tampoco que era un lugar de soñadores. Ambos pies firmemente plantados sobre la última frontera entre el sueño y la realidad. Este es el mismo espacio que hizo Matisse e hizo Magritte. A nosotros de verlo…  »
Gerard Dupuy, en la línea, colección « fotográfico Misión Transmanche » N ° 17, CRP, Douchy-les-Mines, 1994.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2024/07/Recto-2018-09-21-1.png 821 1150 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2024-07-24 08:57:092026-02-09 16:26:42SUR LA LIGNE
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