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Fait & Cause, Photographie Militante

QUELLES VIES !

13 novembre 2023/par Faitetcause

Olivier Pasquiers présente
quatre séries photographiques.

– LES OUBLIÉS DE GUERRE : Ils sont une trentaine d’anciens combattants marocains de l’armée française à résider dans les deux foyers Sonacotra (ADOMA) de Beauvais. Âgés de soixante-dix à plus de quatre-vingts ans, ils sont arrivés en France à partir de 1999. La plupart, pour la première fois…

– PREMIÈRE PAYE : « J’ai donc photographié les personnes qui ont accepté de participer à ce projet et j’ai noté en un texte court les souvenirs : premier atelier, premier argent. Cette première paye qui était sans doute pleine du rêve d’une vie d’adulte naissante.»

– MAUX D’EXIL : Cest un travail réalisé à l’initiative du COMEDE (Comité Médical pour les Exilés, le Kremlin-Bicêtre) sur les personnes contraintes de fuir leur pays avec des témoignages recueillis par Jean-Louis Lévy, écrivain et médecin fondateur du comité.

– NOUS…NOTRE CORPS : réalisée dans le cadre d’un projet culturel mené par la Maison de la Solidarité de Gennevilliers : Les participants choisissaient une photographie, pas forcément la leur : qui les inspirait. C’était le point de départ de l’écriture. Au fil des semaines il y avait de plus en plus d’images de fragments de corps mis à disposition et chacun pouvait donc écrire …
Quelle vie pour ces vieux Marocains, Oubliés de guerre, qui ne parlent pas, ou si peu le français ? Ils vivent là, isolés dans un foyer au milieu d’une cité comme une autre…Quelle vie pour tous ceux, jeunes ou vieux, femmes ou hommes qui errent des heures entières sans travail ni logement ?…Quelle vie faite à celles et ceux de tous âges, de toutes conditions, qui ont fuit les violences de leur pays ?…Quelle vie faite au quotidien à tous ces corps contraints pas l’extrême pauvreté, par l’angoisse de la maladie que l’on ne soignera pas ?…Quelle vie ? La photographie, seule, me paraît bien pauvre pour répondre à une telle interrogation, pour dire l’horreur du viol, les heures passées à avoir peur, le temps infiniment long de la misère, les années vidées par le chômage. Pas de photographes dans les salles où l’on torture. Aucun photographe témoin des violences faites aux femmes pour prix du passage des frontières vers l’Europe.Alors j’ai choisi de m’asseoir à côté des gens, de les photographier, mais aussi de les écouter…
Olivier Pasquiers

Biographie
Né en 1960 à Paris, Olivier Pasquiers est membre du collectif le bar Floréal. Photographie depuis 1991.
Photographier est pour lui une façon d’être parmi les hommes et les femmes, d’être avec eux, de les regarder, de les écouter, de les attendre, de s’approcher, de les saluer et de n’avoir plus qu’à tenter de traduire cette confiance en fragments, en regards.
Il travaille souvent en collaboration avec des écrivains, des conteurs, d’autres photographes, des graphistes ou des associations humanitaires. Il a publié de nombreux ouvrages.
Ses photographies sont présentes dans les collections publiques de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, de la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine, de la Bibliothèque Nationale, de la Caisse des dépôts et Consignations, du Musée Carnavalet à Paris et du Fonds d’Art Contemporain de Seine-Saint-Denis ainsi que dans plusieurs collections particulières.

 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/0427418_beauvais_copie.jpg 340 227 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:08:372024-07-25 15:43:53QUELLES VIES !
Riccardo VENTURI

HAÏTI – AFTERMATH

13 novembre 2023/par Faitetcause

HAÏTI – AFTERMATH

Le tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010 a fait plus de 222 000 victimes. La ville de Port-au-Prince a été particulièrement touchée, des quartiers entiers ont été rasés, les principaux équipements ont été sérieusement endommagés.

Riccardo Venturi dresse un constat et documente, au lendemain du tremblement de terre, la tragédie du peuple haïtien.

La population  connaissait  avant cette ultime catastrophe des conditions de vie particulièrement rudes : la pauvreté, la violence politique et le crime organisé étaient des « urgences » quotidiennes.

Le séisme a aggravé cette situation. Selon les estimations de l’UNHCR (l’agence des Nations Unies pour les réfugiés), environ 1,5 millions de personnes ont dû être déplacées et survivent, aujourd’hui, dans des camps d’urgence sans l’eau courante ni services de santé.

Ce travail photographique montre les répercussions du séisme, non seulement des jours qui ont suivi la catastrophe : les dévastations, les victimes et le manque d’aide, mais aussi des difficiles conditions de vie de ces personnes déplacées, le développement de la situation sociale et politique, la reconstruction des installations urbaines ainsi que le développement de l’épidémie de choléra.

Riccardo Venturi s’est rendu en Haïti à trois reprises en janvier, mai et novembre 2010, Il y poursuit son travail afin de rendre compte de la situation politique du pays.

 

Biographie
Riccardo Venturi est né à Rome en 1966. Diplômé de l’Institut Supérieur de la Photographie de Rome en 1989, il débute sa carrière en réalisant des documentaires sur les problèmes sociaux en Italie et en Europe.
Au milieu des années 90, ses reportages portent davantage sur les pays en guerre, tel que l’Afghanistan pour lequel il remporte le World Press Photo Award en 1997. En 1999 il remporte la Mention Honorable Leica pour son reportage sur la guerre au Kosovo.
Il a couvert ces dernières années des évènements internationaux importants : le tsunami au Sri Lanka, le tremblement de terre en Iran en 2003… alternant ses reportages avec des investigations plus personnelles, comme son travail sur la propagation de la tuberculose à travers le monde.
Plus récemment, Riccardo Venturi a publié un ouvrage sur l’identité du Moyen Orient, parrainé par la « Tres Culturas foundation » en collaboration avec le journaliste et écrivain Eduardo del Campo Cortez.
Riccardo Venturi est représenté par l’agence Contrasto (Italie) depuis 2001.

 


 

HAITI Project
AFTERMATH

The catastrophic earthquake hit Haiti on January the 12th 2010, caused a number of victims about 222,000.
The city of Port-au-Prince has been crumbled, whole quarters have been razed, all the main facilities (hospitals, banks, police offices, prisons…) seriously damaged. Even the Presidential and the United Nation palaces.

Even before this tragedy, Haiti was facing hard life-conditions: the poverty, the political violence and the organized crime were everyday emergencies. The earthquake had made everything just more dramatic. According to UNHCR estimates, nowadays there are about 1 million and half of displaced people, surviving in emergency camps without running water nor health services.

This working–progress photographic project is documenting the aftermath of the quake showing not just the days soon after the event: the devastations, the victims, the sacks, and the lack of the assistances, but also the hard living conditions of the displaced people, the development of the social and political situation, the re buildings of the city’s facilities.
Riccardo Venturi has been already three times in Haiti in January, May and November covering the early days after the quake, the displaced people living condition and the cholera outbreak and is preparing is forth to cover the political situation.

 

Biography:
Riccardo Venturi was born in Rome in 1966.Gradueted at “istituto Superiore di Fotografia” in Rome in 1989 he started his carrer documenting Italian and European social issues like the illegal immigration and the rising of nazi movements in Germany, or the early years of democracy in Albania. In the mid 1990 s his attention was mainly drawn towards countries in conflict, foremost Afghanistan, winning the prestigious world press photo prize in 1996. In 1997 he won the Leica honorable mention for his reporting the war in Kosovo. Ever since, he has travelled to countless countries at war among them Somalia, Gaza strip, Liberia, Sierra Leone. Over the last years Venturi has kept on covering some of the most significant international events, such as the tsunami in Sri Lanka and the hearthquake in Iran in 2003, alternating them with personal investigations, like a long term project about the spreading of tuberculosis throughout the world, done in collaboration with World Health Organization winning in 2008 the” Marco Lucchetta” award and the UCSI award for photography in 2007; more recently Venturi published a book‐project about Middleeast identity, sponsored by “Tres Culturas foundation” in collaboration with Spanish writer‐journalist Eduardo del Campo Cortez.
Riccardo Venturi is represented by Contrasto photo agency since 2001.


 

HAITÍ – CONSECUENCIAS

El 12 de enero de 2010 el terremoto de Haití, causó alrededor de 222.000 víctimas.

La ciudad de Port-au-Prince, ha sido prácticamente destruida, y barrios enteros han sido arrasados, incluyendo sus infraestructuras y todas las actividades principales como los hospitales, bancos, comisarías, cárceles, y demás servicios. Inclusive el Palacio Presidencial y la sede de las Naciones Unidas.

Ante esta tragedia, Haití se enfrenta a difíciles condiciones de vida: la pobreza, la violencia política y el crimen organizado, que generan situaciones de emergencia todos los días. El terremoto solo hizo empeorar las cosas. Según estimaciones de la ACNUR, (Agencia de la ONU para los refugiados) actualmente hay cerca de 1.500.000 de personas desplazadas, que sobreviven en los campamentos de emergencia sin agua corriente ni servicios de salud.

Este trabajo fotográfico en curso de realización documenta las consecuencias del terremoto no sólo los días inmediatamente después del evento: los daños materiales, las víctimas, y la falta de ayuda, pero también las terribles condiciones de vida de las personas desplazadas, la evolución de la situación social y política, la reconstrucción de las instalaciones urbanas y el grave problema de la epidemia de cólera.

Riccardo Venturi ha estado ya tres veces en Haití en enero, mayo y noviembre 2010, pero continúa trabajando en este proyecto para describir la situación política del país.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/65R-1PrixS.2011R.VENTURI.jpg 1691 2362 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:08:372026-02-17 15:24:01HAÏTI – AFTERMATH

NOTRE PETIT SECRET…

13 novembre 2023/par Faitetcause

Tout a commencé en 1996 : En Belgique, Marc Dutroux enlève deux petites filles, Julie et Melissa et les cache dans sa cave. Il les viole pendant des mois. Puis, alors que Dutroux est incarcéré pour un méfait mineur Julie et Melissa meurent de faim. Depuis lors, la souffrance de ces fillettes ne me quitte plus, elle est comme inscrite dans mon âme.

L’idée du projet, « notre petit secret… » m’est venue en 2006, à bord d’un vol qui me ramenait du Thaïlande et du Cambodge, où j’avais fait un photo-reportage pour l‘édition suédoise du magazine Elle. L’article en question portait sur le travail de l’UNICEF avec des enfants atteints du virus du SlDA. Mais malgré le ton optimiste du reportage, je me sentais accablée. J’étais comme hantée par d‘autres photos : celles que je n’avais pas prises, celles des milliers d‘enfants des rues, prêts à vendre leurs corps émaciés à qui leur paierait un bol de riz.

Me voilà donc dans l’avion, parmi tous ces hommes qui rentraient chez eux reprendre la vie de tous les jours. Je lisais dans leurs expressions satisfaites ce qu’ils venaient de faire. C’était comme si chacun arborait un T-shirt au slogan, « Sex Tourist » imprimé en grosses lettres. Mais que pouvais-je faire? Sinon fermer les yeux, faire semblant de les ignorer faire comme si je n’avais rien deviné de leur jeu.

Et pourtant. Derrière mes paupières closes j’ai vu des horreurs. Je voyais ces hommes caresser des petits garçons. Je  les entendais dire aux adolescentes tremblantes de peur, « sois gentille ma chérie, viens ici ». J’ai vu en détail chaque viol, chaque enfance détruite.  D’autres images, enfouies, surgissaient aussi : des enfants battus, des gamins qui crevaient de faim, des enfants-soldats, des victimes de pédophiles… Des histoires lues dans les journaux, vues ou entendues dans l’actualité. Des images insoutenables. Impossible à photographier… Car cela ferait de moi une complice, une criminelle. Après tout, un reportage sur l’enfance maltraitée ne serait-il pas qu‘une autre forme de pornographie?

C’est alors que je pensais à la maison de poupée de ma fille. Un monde de conte de fée, désuet, innocent, tout en miniatures. Cette image m’a fait comprendre que non seulement je devais agir, mais que j’en avais les moyens. La maltraitance est un sujet tabou ; essayer de la montrer peut paraître paradoxal. Mais si je passais par la fiction de la maison de poupées, je pourrais finalement mettre en scène cette violence.
Je faisais tout moi-même, de mes mains : j’ai construit des pièces à la déco et à l’éclairage soignés. J’ai modelé les personnages, je les ai disposés de manière à évoquer des scènes épouvantables. Et puis ces scènes, je les ai photographiées.

Le modelage des personnages pouvait prendre plusieurs jours. Pendant qu’avec mes doigts je lissais leurs joues et leurs ventres, je me sentais très proche de ces petites créatures. Au fur et à mesure que je les formais, je devinais, je ressentais ce qu‘ils éprouvaient, les victimes comme les bourreaux: la douleur de l’une, l’excitation de l’autre. Une expérience terrifiante.
On ne voit jamais dans mes photos le passage à l’acte. À aucun moment je ne donne la violence en spectacle. Comme cela, chaque spectateur doit s’impliquer et compléter l’histoire,  avec sa propre peur, ses propres fantasmes.

Katrin Jakobsen, Paris 2011

 “alles wird gut.” (Notre petit secret…), an art project against child abuse

It all started in Belgium, in 1996. Marc Dutroux kidnapped two little girls, Julie and Melissa. He raped them repeatedly over a period of many months. Then, while Dutroux was incarcerated on a minor charge, the two girls imprisoned in his cellar died of hunger. Ever since then, their suffering has stayed with me, tattooed on my soul

The idea for the project “alles wird gut” (“Notre petit secret…”) came to me ten years later. I was flying back to Paris from a photo shoot in Thailand and Cambodia, for the Swedish edition of Elle. The piece was about UNICEF’s work with HIV-infected children. Although the article was uplifting, personally I felt sick. I was haunted by the photographs I had NOT taken: of thousands of miserable street children, selling their emaciated bodies to whomever would buy them a bowl of rice.

Sitting there on the plane, I felt suffocated among all the single male passengers flying back home, satisfied smirks on their faces. It seemed so obvious to me, as brazen as if they were actually wearing souvenir T-shirts with “sex tourist” printed in bold letters. But what could I do? What, besides close my eyes and pretend I was mistaken, pretend I hadn’t read their expressions?

Yet when I closed my eyes, what I saw was much more disturbing. Men touching little boys. Naked men on filthy hotel beds asking scared, smiling teenage girls to “be nice.” I saw every rape, every childhood destroyed. Still other images came to me, images I had always tried to keep at bay. Parents beating and starving their babies to death. Child soldiers. Child pornography. Every sick story I had read in the paper or heard on the news. Unbearable pictures.

I could never allow myself to take pictures like those I saw in my head. Such photographs would be just another form of child pornography – I would be complicit with the crime.

Then I had a vision: a dollhouse. My daughter’s dollhouse, a perfect Victorian world in miniature, so delicate and innocent. Like a soothing whisper in the ear of a crying child: alles wird gut (“hush now, everything is gonna be ok” in German). In that moment I understood: not only did I have to take action, I had the means to do so.

Child abuse is a taboo. To show a taboo might sound like a paradox. But what if I were to use fiction to tell the story? The idea of my daughter’s dollhouse gave me a way to do it, without implicating the victims.

Soon enough I realized that I needed to get physically involved in the project. I had to make everything myself. I began to build little cardboard boxes with detailed interiors and lighting design. I sculpted the characters and arranged them in scores of scenarios, which I then photographed. Creating the little figures could take several days. As I molded them, smoothing their cheeks and bellies with my fingers, I grew close to them, close enough to share their feelings: not only the victim’s pain but the predator’s excitement, too. It was a frightening experience, believe me.

None of my photos shows the actual scene of abuse or violence. The “act” itself is never presented. That would have turned my work into a crude peepshow. Instead I force viewers to fill in the missing parts with their own fears, empathy and imagination.

Katrin Jakobsen, Paris 2011

Nuestro secretito…

Un proyecto artístico sobre el abuso y el maltrato infantil.

Todo empezó en 1996. En Bélgica, Marc Dutroux secuestra dos niñas, Julie y Melissa y las esconde en su sótano, violándolas durante meses. A causa de un delito menor Dutroux es encarcelado y es así que Julie y Melissa mueren de hambre solas y encerradas . Desde entonces, el sufrimiento de estas dos pequeñas no se aleja de mi, como si me hubiesen marcado el alma.

La idea del proyecto, « alles wird gut » (en alemán: « mañana, todo irá bien ») me vino en el año 2006, a bordo de un vuelo de regreso de Tailandia y Camboya, donde yo había realizado un foto-reportaje para la edición sueca de la revista Elle. El artículo trataba sobre el trabajo de UNICEF por los niños con sida. Pero a pesar del tono optimista del artículo, yo permanecía contrariada. Obsesionada por otras imágenes: aquellas que yo no había tomado, mostrando los miles de niños de la calle, dispuestos a vender sus pequeños cuerpos, para pagar un plato de arroz.
En ese avión, durante el vuelo de regreso a nuestras vidas cotidianas y en medio de todos aquellos hombres, la situación me parecía evidente y sus expresiones flagrantes. Como si todos llevasen impreso sobre el pecho « Turista Sexual ». Pero ¿Qué podía hacer, yo? Sino cerrar los ojos y pretender ignorarlos como si no hubiese comprendido nada…
Y sin embargo, al cerrar los ojos vi horrores. Todos esos pederastas acariciando a los niños. Hombres diciendo a las pequeñas temblando de miedo, « Acércate queridita, sé buena y ven aquí. » He visto los detalles de cada violación y cada niño destruido. Y tantas otras imágenes de pequeños golpeados, hambrientos, o de aquellos niños soldados víctimas de la violencia… Historias leídas en los periódicos, vistas u oídas en las noticias. Imágenes insoportables, imposibles de fotografiar… Ya que en ese caso me haría cómplice de un crimen. Y esas mismas imágenes sobre el maltrato infantil no serían más que otra forma de pornografía…

Fue entonces que pensé en la casa de muñecas de mi hija. Un mundo de cuentos de hadas, inocente y en miniatura. Esa imagen me hizo darme cuenta que no sólo debía reaccionar, sino que podía hacer algo constructivo. El abuso infantil es un tema tabú e intentar mostrarlo puede parecer paradójico. Pero si me servía de la ficción de la casa de muñecas, podría finalmente poner en escena esa violencia.
Es así como me puse manos a la obra: Realizando los cuartos, los muebles, los accesorios, la decoración y hasta el tratamiento de la iluminación. Modelando los personajes y organizándolos para evocar escenas terribles, que después fotografiaba.

La realización de cada personaje podía tomar varios días y mientras mis dedos dibujaban sus mejillas y sus vientres, llegué a estar muy cerca de estas criaturas. Sintiendo el dolor y la desolación de aquellas pequeñas víctimas como la emoción y la excitación de los perpetradores. Una experiencia aterradora.
A pesar de haberlo solo siempre sugerido, en ningún momento quise mostrar la violencia del pasaje al acto. Como para que cada espectador deba participar y completar la historia con sus propios miedos y obsesiones.

Katrin Jakobsen, París 2011
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/1_invitation.jpg 224 340 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:08:372026-01-06 16:59:06NOTRE PETIT SECRET…

FACE AU SILENCE

13 novembre 2023/par Faitetcause

Durant l’hiver 2002, Christophe Agou revient dans sa région du Forez et parcourt ces âpres territoires dont il n’a rien oublié. Il y fait la connaissance de familles d’agriculteurs dont il devient un proche, au fil des visites régulières et des échanges épistolaires.
Face au silence, fruit de huit années de rencontres et de partage, ne constitue en rien un document ou un reportage sur une certaine forme de ruralité dans la France de ce début de siècle. Les seuils des fermes que Christophe Agou franchit pour nous s’ouvrent sur des visages d’hommes et de femmes qui forcent le respect et incitent à une méditation solitaire.
À la manière d’une chronique rythmée par de saisissants bien qu’immobiles travellings, la “matière” et la texture quotidienne des vies, des travaux, des éléments, se donnent ici à voir dans une réalité presque organique.
Journal intime et singulier d’existences gouvernées par les nécessités du labeur et le poids des saisons, Face au silence, par la puissance contenue et empathique de sa vision, parvient à nous congédier de notre posture de spectateur pour nous faire appartenir à une communauté de destins.

Benoît Rivero

Biographie

Déjà remarqué par la critique internationale pour plusieurs travaux (notamment Life Below, 2004, une traversée en noir et blanc du métro new-yorkais), Christophe Agou, né en 1969 à Montbrison, petite commune située au pied des monts du Forez, quitte la France en 1992 pour s’installer à New York.
Cet exil précoce et volontaire, cette soif d’immersion dans un monde tout autre, est à l’image de l’œuvre que Christophe Agou développe depuis une vingtaine d’années : une exploration empirique et intuitive d’univers, de situations, d’êtres, qu’il appréhende par imprégnations progressives et dont il ne rend compte qu’au moment où il se sent entré en résonance intime avec eux. Adepte de la sentence rimbaldienne “Je est un autre”, Agou semble habité par la seule mais entêtante quête des formes multiples et mouvantes de l’altérité. Passant avec une égale aisance du noir et blanc à la couleur, du paysage au portrait, il ne privilégie aucun style, veillant à renouveler sans cesse les formes et les conditions de sa propre vision.

Le projet Face au silence de Christophe Agou s’est vu décerner le 17e Prix européen du livre de photographie (European Publisher’s Award for Photography). Réuni en mai 2010 à Athènes, le jury était composé des six éditeurs européens de livres de photographie: Apeiron Photos, Dewi Lewis Publishing, Braus Verlag, Peliti associati, Lunwerg Editores et Actes Sud, et de Mme Fani Konstantinou, conseillère pour la photographie au Musée Benaki à Athènes.

 


 

Biography

Since the early 1990s, Christophe Agou has been building up a body of compelling photographs that take an allusive approach to the human condition. He is noted for his intimate and personal documentary-style black-and-white and colour photographs. Christophe had extended his expression into other media, always working intuitively, making assemblages and short films.

Self-taught photographer, Christophe Agou grew up in a small town in the Forez region. He moved to New York in 1992 where he developed a love for the city and for photography. He began making photographs in the streets and within that work he evoked a sense of longing and isolation. He first came to prominence with his powerful photographs made in the New York City Subway, and published Life Below in 2004 (Quantuck Lane Press / W.W. Norton & Company).

Agou’s work is held in the collections of the Museum of Fine Arts, Houston; Neuberger Museum of Art, Purchase; Smithsonian American Art Museum, Washington, D.C.; The Akron Art Museum, Akron; Southeast Museum of Photography, Daytona; The New-York Historical Society; The New York Public Library, New York City and Les Galeries Photo Fnac, France.

In 2006, he was chosen as a finalist for both the prestigious W. Eugene Smith Award, and for le Prix de la Photographie de l’Académie des Beaux-Arts de Paris in 2008. He received a ‘Mention Spéciale‘ for Le Prix Kodak de la Critique Photographique in 2009. In 2010, Christophe Agou won the prestigious European Publishers Award for Photography for his project Face au Silence.

 

Project / Face au silence (FACING THE SILENCE)

In the winter of 2002, Christophe Agou began documenting the lives of French family farmers living and working in the Forez region, which lies on the eastern side of the Massif Central. This is the region where he was born and lived until the age of 16, a region for which he still has a deep affection. Christophe traveled to the lesser-known parts of the region, where he felt inspired by the silence and moved by the authenticity and charisma of the people he encountered. Over time, and through the gradual process of building trust and friendship, the farmers and their families accepted him and allowed him to both photograph and film their daily existence. The work goes beyond just documenting their labor-intensive lives and present a deeper, more intimate portrait. For Christophe Agou, Face au Silence is a meditation on life and death as well as the silence and solitude that are ever-present in our lives.

 


 

FRENTE EL SILENCIO

En el invierno de 2002, Christophe Agou vuelve a su tierra natal, en la región de Forez (Francia), para recorrer de nuevo ese territorio áspero del que no ha olvidado un solo detalle. Allí entra en contacto con familias de los agricultores locales creando relaciones cordiales a lo largo de numerosas visitas e intercambios epistolares.

Frente al silencio, es el fruto de ocho años de encuentros e intercambios, no es un documento o un reportaje sobre la vida de una determinada comunidad rural francesa a principios de este siglo. Los umbrales de las granjas que atraviesa Christophe Agou para nosotros se abren sobre los rostros de hombres y mujeres que obligan el respeto e incitan a una meditación solitaria.

Como una crónica que avanza al ritmo de sobrecogedores pero inmóviles travellings, la “materia” y la textura cotidiana de las vidas de estas personas, de sus trabajos, de los elementos, se ilustran en una realidad casi orgánica.

Diario íntimo y singular de unas existencias gobernadas por las necesidades del trabajo, del campo y el peso de las estaciones, Ante el silencio, por el poder contenido y empático de la visión que ofrece, consigue despegarnos de nuestra condición de espectadores y llevarnos a formar parte de una comunidad de destinos.

 

Biografía

Christophe Agou lleva construyendo desde principios de la década de 1990 un fascinante cuerpo de fotografías caracterizadas por un sutil enfoque de la condición humana. Agou se destaca por sus íntimas y personales fotografías de estilo documental en color y en blanco y negro. Asimisno, ha ampliado su expresión artística a otros medios en forma de montajes y cortometrajes, siempre de modo intuitivo.

Christophe Agou nació en Francia en 1969 y creció en una pequeña cuidad del Macizo Central. Hacia finales de su formación secundaria y musical empezó a viajar por Europa y América. En 1992 se trasladó a Nueva York en busca de un cambio, y alli nació su amor por esta cuidad y por la fotografía. Su nombre saltó a la fama con sus fabulosas fotografías del metro neoyorquino, y luego publicó Life Below (« Vida subterránea »; Quantuck Lane Press / W.W. Norton & Company 2004).

En el invierno de 2002, Christophe regresó a su cuidad natal, en la provincia francesa de Forez, viajó a rincones poco conocidos de su vasto territorio y visitó varias granjas familiares. Pasado un tiempo y tras ganarse poco a poco la confianza y amistad de los granjeros, estos le permitieron fotografiarlos y grabar su vida cotidiana. Así empezó su serie titulada Face au Silence (Ante El Silencio).

En 2006 quedó finalista del prestigioso premio W. Eugene Smith, y en 2008 del Prix de la Photographie de l’ Académie des Beaux-Arts de Paris. En 2009 obtuvo una « Mencion Especial » del Prix Kodak de la Critique Photographique. En 2010, Christophe Agou ganó la 17a edición del European Publishers Award for Photography.

Su obra ha sido objeto de numerosas publicaciones y se ha exhibido al público internacional en el MoMA de Nueva York; el Museum of Fine Arts de Houston; al Jeu de Paume de Paris; la Fundación Pilar y Juan Miró de Mallorca; el Smithsonian American Art Museum de Washington DC; les Rencontres D’Arles; el Noorderlicht Fotofestival, Paises Bajos, y en varios festivales de fotografía en China.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/face_au_silence_christophe_agou01_copy1.jpg 234 336 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:08:372026-02-02 17:35:07FACE AU SILENCE

« EXTÉRIEUR NUIT »

13 novembre 2023/par Faitetcause

Sur une période de dix ans, Jane Evelyn Atwood est entrée dans les écoles d’aveugles de France, d’Australie, d’Israël, du Japon et des États-Unis. La photographe, fascinée par le visuel, s’est passionnée pour ces jeunes aveugles qui ne peuvent pas voir et a souhaité restituer leur évolution dans un monde de voyants. Jane Evelyn Atwood a su créer des portraits poignants, en noir et blanc, de ces aveugles rencontrés tout autour du monde. Jane Evelyn Atwood a reçu le W. Eugene Smith Award pour ce projet initié dans les années 1980.

« L’idée de photographier les aveugles m’est venue d’une curiosité toute personnelle pour les gens qui ne voient pas, et , cependant, doivent vivre dans un monde de voyants. Je voulais savoir ce que ça voulait dire exactement, de ne pas voir, et comment ces gens qui ne voient pas se débrouillaient. J’ai souvent été frappée, dans les rues de Paris, par la manière dont les clairvoyants regardent les aveugles, avec condescendance, pitié, horreur, et même peur. J’ai aussi remarqué que les clairvoyants parlent souvent aux aveugles avec une sorte de mépris, comme s’ils étaient des imbéciles. Ou alors ils ne leur parlent pas du tout, comme si le fait d’être aveugle les rendait invisibles. »

Jane Evelyn Atwood

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/0302-Atwood-1-1.jpg 2308 1642 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:07:582025-11-13 15:10:29« EXTÉRIEUR NUIT »

NAUFRAGÉS DE LA VILLE

13 novembre 2023/par Faitetcause

Johannesburg –  Le Caire – Moscou –  Paris –  Zurich

Jean-François Joly a choisi le Polaroïd parce qu’il voulait offrir une photographie, donner ou rendre une image à ces hommes et femmes qui ne se sont plus regardés depuis longtemps, qui ont perdu toute vision d’eux-mêmes, brouillés dans les ondulations violentes d’un miroir trop abîmé.

Serge Challon

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/02naufrages-1.jpg 390 300 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:07:582026-03-10 16:29:20NAUFRAGÉS DE LA VILLE

JACOB RIIS

13 novembre 2023/par Faitetcause
Comment vit l’autre moitié
On trouverait difficilement un photographe contemporain préoccupé, plus que Jacob Riis, des problèmes d’immigration, de chômage, de pauvreté, de salubrité.

Chargé, au tournant du siècle, de la rubrique policière à l’Evening Sun, il sut très vite que ses images prises sur le vif, étaient plus révélatrices de la misère qu’il voulait dénoncer que les articles.

C’est grâce aux photos de Jacob Riis que furent détruits des quartiers sordides, que furent signées des lois protégeant le travail des mineurs, crées des écoles et des parcs.

Rarement photographies auront été aussi efficacement utiles à la société que celles de Jacob Riis.

 

Jacob A. Riis qui se disait lui-même « un piètre photographe » est un pionnier de la photographie sociale et s’impose comme le premier vrai journaliste-photographe de l’Amérique. Ses photographies ont joué un rôle important dans la politique sociale de New York.

C’est en 1870 que le jeune charpentier âgé de 21 ans émigre du Danemark à New York, faute de pouvoir se marier avec l’élue de son cœur. Il y vit d’abord une période de vagabondage et de pauvreté avant d’y trouver, en 1877, un emploi stable de reporter de faits divers au New York Herald Tribune.

Habitant et travaillant dans le Lower East Side, il est frappé par la misère et la dépravation qui règnent dans ces quartiers déshérités. Désespéré de voir que ses textes et ses discours ne suffisent pas à faire évoluer l’opinion publique en faveur des plus démunis, Riis trouve son salut dans 1887, il apprend par la presse l’invention en Allemagne d’une poudre de magnésium capable d’éclairer une scène pendant l’exposition d’un négatif photographique et de fournir assez de lumière pour prendre une image dans l’obscurité. Riis décide de se servir de cette technique pour changer les mentalités, et le succès est immédiat : ses conférences avec une lanterne magique ainsi que les images qui accompagnent ses articles et ses livres font bousculer l’opinion et lui valent une réputation d’expert de la vie des taudis. Son premier ouvrage majeur How the Other Half Lives paraît en 1890. Entre 1895 et 1897, il occupe la fonction de conseiller auprès du chef de la police, Théodore Roosevelt, et développe une amitié avec celui-ci. Quand Roosevelt devient président, leur amitié assure l’application des réformes sociales importantes.

Journaliste consciencieux, chroniqueur inspiré, réformateur passionné, Riis est d’abord un militant social. Photographe « malgré lui », la photographie lui sert avant tout de témoignage direct et efficace dans la lutte contre la pauvreté des immigrants qui peuplent les taudis de New York : « Plus qu’un passe-temps, la photographie a été pour moi un outil qui m’a rendu service. Je ne lui ai jamais demandé plus », confie-t-il dans son autobiographie The Making of an American. A mi-chemin entre fragments de la réalité brute et constructions esthétiques, tout concourt, dans les images de Riis, à établir une sensation de contact immédiat et direct avec les sujets. Ceux-ci sont souvent photographiés de près, ce qui permet à Riis de contraindre son spectateur à regarder en face la misère, la tristesse et l’impuissance qui se lisent sur les visages.

Aujourd’hui encore, l’œuvre de Riis dégage une force considérable. Ses reportages sur le New York de l’immigration sont exceptionnels et bouleversants. Ce sont les seuls témoignages photographiques dont on dispose sur ces populations qui, dans les années 1880 et 1890, quittent l’Italie et l’Europe de l’Est pour venir grossir les taudis new-yorkais. Les photographies présentées lors de cette exposition ont été tirées à partir des originaux (épreuves sur papier, plaques de verre) conservés au Musée de la Ville de New York.

 


 

How the Other Half Lives

Jacob A. Riis who claimed himself a poor photographer is a pioneer of social photography and stands out as the first true photojournalist of America. His photographs have played an important role in social policy in New York.

In 1870, the young carpenter aged 21 emigrated from Denmark to New York, unable to marry the woman of his heart. He first saw a period of vagrancy and poverty before finding in 1877, a steady job of miscellaneous reporter at the New York Herald Tribune.

Living and working in the Lower East Side, he is struck by the misery and depravity prevailing in the inner city. Desperate to see his writings and speeches are not enough to change public opinion in favor of the poor, Riis found his salvation in 1887, he learned from the press in Germany the invention of powdered magnesium capable of illuminate the scene during the exposure of a photographic negative and provide enough light to take a picture in the dark. Riis decided to use this technique to change attitudes, and success was immediate: his lectures with a magic lantern and the images that accompany his articles and books are jostling opinion and earned him a reputation as an expert slum life. His first major book How the Other Half Lives was published in 1890. Between 1895 and 1897, he served as advisor to the police chief, Theodore Roosevelt, and develops a friendship with him. When Roosevelt became president, their friendship provides the implementation of social reform. Conscientious journalist, columnist inspired, passionate reformer, Riis is primarily a social activist. Photographer the photograph serves primarily of direct testimony and effective in the fight against poverty among immigrants who inhabit the slums of New York more than a hobby, photography has been my tool me a favor. I did not ask more, says he, in his autobiography The Making of an American. Halfway between fragments of crude reality and aesthetic buildings, everything in the images of Riis, to establish a sense of immediate and direct contact with subjects. They are often photographed up close, allowing Riis forcing his audience to confront poverty, sadness and helplessness that can be read on the faces.

Today, the work of Riis off a considerable force. His reports on the New York immigration are exceptional and overwhelming. These are the only photographic evidence that is available on these populations in the 1880s and 1890s, leaving Italy and Eastern Europe to swell the slums of New York. The photographs presented in this exhibition were drawn from originals (proofs, plates of glass) held at the Museum of the City of New York.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/1ere-exposition-FG-Jacob-Riis.1997.jpg 729 1024 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:07:582026-04-15 12:13:34JACOB RIIS

C’EST QUOI CE CIRQUE ?

13 novembre 2023/par Faitetcause
Depuis dix ans, les artistes des Clowns sans Frontières parcourent le monde pour offrir leurs spectacles aux enfants victimes de la guerre, de la misère ou de l’exclusion.
Dès leur première mission, Malik Nahassia a abandonné sa position de reporter photographe pour s’engager pleinement dans l’association.
Ces photographies, prises de l’intérieur, livrent un témoignage sensible de l’action de Clowns sans Frontières.
https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/2902-Nahassia-RECTO-Cest-quoi-ce-cirque-1-1.jpg 857 1200 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:07:582025-12-12 15:10:48C’EST QUOI CE CIRQUE ?

DOMICILES FIXES

13 novembre 2023/par Faitetcause

Depuis près de soixante ans, les petits frères des Pauvres oeuvrent pour que les personnes âgées les plus démunies mais aussi ceux que la vie a prématurément vieillis puissent bénéficier de conditions de vie décentes et du réconfort qu’ils méritent.

Le maintien à domicile de nos anciens, lorsqu’il demeure possible, constitue l’un des axes majeurs de cette action, tant le domicile personnel a une valeur pour l’homme très supérieure à son confort. Pour d’autres, l’aide au logement, qui commence par la simple mise à disposition d’une adresse postale, est le premier pas vers une réinsertion sociale.

Les photos d’Eric Dexheimer sont l’illustration de cette tâche, plus souvent très discrète, menée grâce à la générosité des donateurs, l’efficacité sans cesse renouvelée des bénévoles et le professionnalisme des salariés.

 

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/domiciles_fixes_copy1.jpg 340 250 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:07:582026-02-09 16:00:25DOMICILES FIXES
Michel SZULC-KRZYZANOWSKI

WORLD OF LITTLE HEROES

13 novembre 2023/par Faitetcause

Samantha et Hasina

 

Samantha :
Samantha est handicapée suite à un manque d’oxygène lors de sa naissance (l’accouchement était difficile et la sage-femme n’a pas anticipé les complications, ni prévu de césarienne). Elle ne contrôle pas ses mouvements, et elle est incapable de marcher, de parler et de manger.
Samantha vit avec sa famille à Newmarket, au Canada. Sa mère Julie est infirmière, son père Cal propriétaire d’une chaîne de télévision privée. Ils comptent sur les services d’une jeune femme qui vit avec eux et s’occupe de leurs enfants et sur l’assistance de la grand-mère de Samantha quand ils travaillent.
Samantha a une sœur, Judy, plus jeune de 2 ans. Quand Cal et Julie ont réalisé que leur fille était handicapée, ils ont décidé d’avoir un deuxième enfant pour s’occuper de Samantha au cas où ils ne pourraient plus le faire.
Samantha dispose de trois fauteuils roulant, elle communique par ordinateur et est nourrie artificiellement. L’un de ses fauteuils est contrôlé par ordinateur : en appuyant sa tête contre un joystick, elle le conduit seule. Grâce à ce même joystick, elle contrôle un curseur avec lequel, lettre par lettre, elle peut écrire un texte. Elle fait ses devoirs ou joue grâce à des programmes spécialement développés pour elle.
Une pompe électronique est montée à l’arrière de son fauteuil qui pompe directement de la nourriture liquide à travers un tube jusque dans son estomac.
Samantha va dans une école primaire normale. Tous les matins, un bus équipé d’un élévateur vient la chercher. Arrivée à l’école, un professeur et un assistant pour enfants handicapés l’accueillent et l’emmènent jusqu’à sa classe. Seuls son fauteuil et le professeur particulier qui assiste au cours avec elle différencient Samantha des autres élèves.
Sur place, une infirmière s’occupe des enfants handicapés. Elle nourrit Samantha, l’amène dehors pendant la récréation et la change.
Les élèves sont habitués aux enfants handicapés qui sont intégrés et acceptés.
Les parents de Samantha ont deux voitures. Elle peut accéder à l’une d’elle grâce à une rampe.
Ils peuvent ainsi l’amener dans beaucoup d’endroits : fêtes d’anniversaire, boutiques etc.
Samantha a plusieurs personnes qui l’assistent.
Une femme vient deux fois par semaine lui apprendre à marcher dans une chaise spécialement conçue. Une jeune fille vient l’aider à faire ses devoirs. Un travailleur social conseille la famille sur le meilleur moyen de vivre avec un enfant handicapé. Un spécialiste de l’université de Toronto cherche comment améliorer la vie de Samantha avec de nouveaux équipements informatiques.
Les parents de Samantha la traitent comme sa sœur Judy. Ils ne considèrent pas que Samantha a un réel handicap et envisagent un avenir dans lequel elle aura un travail et mènera une vie indépendante.

 

Hasina :

Hasina est née sans handicap. A deux ans, elle s’est retrouvée totalement paralysée après une forte fièvre. Ses parents ont consulté un herboriste Chinois. Elle s’est remise, mais n’a pas retrouvé l’usage de ses jambes. Son traitement médical a été interrompu : ses parents n’en avaient plus les moyens.
Aujourd’hui, Hasina ne peut ni marcher ni se tenir debout. Elle s’asseoit et se déplace en rampant, elle se souleve avec un bras et, avec son autre bras, elle utilise sa jambe comme une béquille pour avancer.
Hasina vit au Bengladesh, à Dhaka, une ville de 12 millions d’habitants. La maison familiale consiste en deux petites pièces qu’elle partage avec son père Yunus, sa mère Morsheba, sa sœur Nasima, ses frères Shahiduk et Ohidul. Hasina dort avec sa sœur et son petit frère dans un lit dans une pièce, ses parents dorment sur le sol près du lit, les autres membres de la famille sont installés dans l’autre pièce qui sert également de cuisine. Son père Yunus tient un petit restaurant au coin d’une rue animée. Les revenus du restaurant ne sont pas assez élevés pour payer le loyer et la famille a des dettes.
Hasina va tous les jours à l’école, à 15 minutes de marche, avec sa sœur Nasima qui doit la porter. La famille n’a pas les moyens acheter un fauteuil roulant. Hasina a dû insister pour aller à l’école car ses parents n’en voyaient pas l’utilité. Si Nasima est malade ou occupée, Hasina ne peut pas aller à l’école. Hasina grandit et bientôt Nasima ne pourra plus la porter, ce qui entraînera la fin de sa scolarité.
L’école est sous équipée et surpeuplée. Il y a 114 élèves dans la classe. Hasina, très motivée, est au premier rang. Les élèves sont entassées sur des bancs ou s
‘assoient par terre. Un enseignant surveille la classe avec une baguette de bambou. Les enfants dissipés (seulement les garçons) sont violemment corrigés. Les relations entre les élèves sont hostiles. Chaque élève pose ses affaires devant lui pour éviter qu’elles ne soient volées ou abîmées. Quand Nasima vient Hasina, elle doit souvent la dégager de la foule des enfants.
Les activités de Hasina se limitent à rester sur le pas de sa porte à regarder ce qui se passe dans la ruelle. On l’amène parfois au restaurant de son père. Très rarement, sa mère l’emmène au bord de la rivière dans u’objet d’aucuns soins médicaux. Elle n’a à sa disposition aucun matériel qui pourrait l’aider à avoir une vie plus confortable.

https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/11/Recto-72dpi-1920px-Szulc-Krzyanowski-.jpg 1672 2341 Faitetcause https://faitetcause.org/wp-content/uploads/2023/09/logo-FC.png Faitetcause2023-11-13 23:07:582025-04-09 14:39:02WORLD OF LITTLE HEROES
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