Exposition : 18/01/2017 au 18/02/2017
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
Galerie FAIT & CAUSE
58 rue Quincampoix, 75004 Paris - Tél. +33 (0)142742636
Dossier de presse
Livre / catalogue
Michel Vanden Eeckhoudt a réalisé la série « Sur la Ligne » entre 1992 et 1994 à l’invitation du CRP/ (Centre régional de la photographie de la région Hauts-de-France) dans le cadre de la Mission Photographique Transmanche n°17, autour de la frontière qui sépare les territoires belges et français. Ces zones partagées reflètent bien souvent l’évolution difficile de l’industrie minière et sidérurgique. C’est vers les habitants que le photographe dirige son regard : tout en parcourant des fêtes foraines et des espaces quotidiens, il nous révèle leur manière de vivre.
Michel Vanden Eeckhoudt vient de la tradition du reportage. Son appareil photo Leica lui permet une grande flexibilité. Si ses photographies sont très construites et élégantes, elles n’en restent pas moins marquées d’un humour constant qui lui permet de garder une distance juste à la réalité qui l’entoure. Mais derrière cet humour, le photographe provoque en nous des interrogations : les attitudes et les situations qu’il pointe ne sont pas anodines.
« …Au moment où disparaissent les barrières douanières, il semblait intéressant de porter le regard sur cette frontière extrêmement artificielle entre la France et la Belgique, qui ne s’appuie sur aucun élément naturel, que ce soit un fleuve ou une montagne… Cette zone frontalière comporte du côté belge comme du côté français des continuités de paysage, de lumière, d’architecture. Elle a été le théâtre partagé des conflits répétés de l’histoire. Les activités économiques, avec en particulier la révolution industrielle autour d’un bassin minier qui va de Liège à Béthune, les ensembles linguistiques ont tissé d’autres solidarités de part et d’autre. Pourtant, malgré ces contiguïtés, les ruptures d’ordre culturel, les registres changeants de la palette des couleurs ou encore la disparité de l’habitat, frappent l’observateur. Autour de la ligne de la frontière, s’est aussi forgé, au fil du temps, un espace particulier marqué par la circulation des hommes et les projections mentales. La préoccupation de Michel Vanden Eeckhoudt pour ce type de lieux troublants et révélateurs a incité le Centre régional de la photographie à le solliciter. Sa réponse, teintée d’un style fait d’ironie et de compassion, transfigure en métaphore cette investigation du réel transfrontalier… ».
Pierre Devin in Sur la ligne, collection « Mission Photographique Transmanche » n° 17, CRP, Douchy-les-Mines, 1994.
« …Michel Vanden Eeckhoudt s’est intéressé à cet espace indécis, transfrontalier à tous les sens du terme, entre un monde qui n’existe plus et un autre qui n’existe pas encore, entre celui qui semble exister et celui qui existe quand même. Mais la vie, la vie vivace, comme on dit, est là. La plage où la marée n’en finit pas de digérer les vieux rotins est la même que celle sur laquelle un ouvrier s’exerce à l’art subtil du cerf-volant. Un masque inutile grimace dans une rue déserte. Un douanier de Risquons-Tout attend placidement la fermeture de son bureau d’octroi… On a tout dit sur ce que les Français appellent – jusque dans le nom républicain du département lillois – le Nord et qui se prolonge jusqu’au sud de la Belgique. Sa longue histoire, sa puissance industrielle passée, sa possible renaissance. On a trop oublié de rappeler que c’était aussi un pays de rêveurs. Les deux pieds fermement plantés au-dessus de l’ultime frontière, entre rêve et réalité. C’est ce même pays qui a fait Matisse et qui a fait Magritte. À nous de le voir…»
Gérard Dupuy in Sur la ligne, collection « Mission Photographique Transmanche » n° 17, CRP, Douchy-les-Mines, 1994.
SOBRE LA LÍNEA
Invitado por el CRP (Centro regional de la fotografía de la región Hauts-de-France) Michel Vanden Eeckhoudt realiza la serie « Sur la Ligne » entre 1992 y 1994, en el marco de la Mission photographique Transmanche Nº 17, sobre el tema de la frontera que separa los territorios belgas y franceses. Estas áreas compartidas reflejan a menudo la difícil evolución de la industria minera y siderúrgica. Es hacia la gente que el fotógrafo dirige su objetivo: recorriendo las fiestas populares y los espacios públicos cotidianos, para revelarnos su forma de vida.
Michel Vanden Eeckhoudt proviene de la tradición fotográfica del reportaje. Su cámara Leica le permite una gran flexibilidad. Si sus fotografías son elegantes y bien construidas, llevan sin embargo una marca de humor constante que le permite mantener una distancia considerable con la realidad que lo rodea. Pero detrás de ese humor, el fotógrafo nos interpela: las actitudes y las situaciones que nos muestra no son nunca anodinas.
« … Justo cuando desaparecen las barreras aduaneras, parecía interesante mostrar el aspecto de esta frontera tan artificial entre Francia y Bélgica, que no se apoya sobre ningún elemento natural, como un río o una montaña… Esta zona fronteriza comporta tanto del lado belga como del lado francés continuidades de paisaje, de luz y de arquitectura. Habiendo sido el teatro compartido de repetidos conflictos en la historia. Las actividades económicas, en particular, con la revolución industrial en torno a una zona minera que va desde Lieja (Bélgica) a Bethune (Francia), los grupos lingüísticos han tejido otros lazos de solidaridad. Sin embargo, a pesar de estas adyacencias, los quiebres culturales, los cambios de registros en la paleta de colores o la disparidad del hábitat, llaman la atención. Alrededor de la línea de la frontera, se ha forjado también, con el tiempo, un espacio marcado especialmente por la circulación de personas y las proyecciones mentales. La preocupación de Michel Vanden Eeckhoudt por este tipo de espacio ambiguo y revelador hizo que el Centro regional de fotografía lo solicitase. Su respuesta, teñida de ironía y compasión, transfigura en metáfora esta investigación de la zona transfronteriza… « .
Pierre en Devin En la línea, colección « fotográfico Misión Transmanche » N ° 17, CRP, Douchy-les-Mines, 1994.
« … Michel Vanden Eeckhoudt estaba interesado en este espacio incierto, transfronterizo, transversal en todos los sentidos, entre un mundo que ya no existe y otro que no existe todavía, entre el que parece existir y el que existe a pesar de todo. Pero la vida, la verdadera vida, como se suele decir, está ahí. La playa donde la marea nunca termina de digerir esos viejos sillones de mimbre es la misma sobre la cual un obrero practica el arte sutil del barrilete (cometa). Una máscara sonríe impertinente en una calle desierta. Un agente de aduana espera plácidamente para cerrar su oficina de concesión… Todo se ha dicho acerca de lo que los franceses llaman – incluso en el nombre republicano del departamento de Lille – El Norte y que se extiende hasta el sur de Bélgica. Su larga historia, su antiguo poder industrial, su potencial renacimiento. Sin olvidarse tampoco que era un lugar de soñadores. Ambos pies firmemente plantados sobre la última frontera entre el sueño y la realidad. Este es el mismo espacio que hizo Matisse e hizo Magritte. A nosotros de verlo… »
Gerard Dupuy, en la línea, colección « fotográfico Misión Transmanche » N ° 17, CRP, Douchy-les-Mines, 1994.