CHIENS DE LA CASSE

Jean-Manuel SIMOES


Editeur : HUSSON
Année de parution : 2013
Nombre de pages : 96
Langue : Français - English
ISBN 13 : 9782916249810



« Chiens de la casse » c’est le nom que se donnent entre-eux les jeunes des quartiers, ces citées mal famées situées à la périphérie des villes.

L’impression générale, donc extérieure, est un profond sentiment de désespoir parmi cette « population-génération ». Informés, nous en connaissons les conséquences, quelles peuvent-en être les causes ?
Sur fond de crise nationale d’abord économique, puis financière pour redevenir économique, puis re-financière entre temps devenue globale, le quotidien ne change pas dans les quartiers. L’économie est partie depuis longtemps ; encore un rendez-vous manqué entre deux grands acteurs de la République !
Alors, d’économie, il a bien fallu en recréer une, car c’est là que la population française est la plus jeune, la plus dynamique, la moins encadrée, la moins bien formée.
Y aller c’est voir des murs gris, des sols peu nettoyés, des moyens d’accès aléatoires, une criante insuffisante d’infrastructures publiques. Un monde différent fait d’un mélange d’énergie, de combines, de « violence ». L’accueil peut sembler froid, mais seuls les codes diffèrent. Passage initiatique nécessaire, car ici l’appareil même simplement photographique n’est pas bienvenu.

Cela fait maintenant près de quinze ans que je travaille sur ces territoires. Avec le temps des liens se sont tissés, moins froids, plus respectueux. Très récemment, alors que je prenais un café dans un bar de Clichy-sous-Bois, un jeune homme est venu me saluer très respectueusement. Après quelques instants à l’écouter, j’ai compris que je l’avais photographié avec sa bande d’amis une dizaine d’années plus tôt dans une des cités du coin. Par le plus grand des hasards, il est tombé sur la photo dans un livre et en est resté très fier. Il m’a offert mon café.
Au delà de toute considération sociale, politique ou artistique c’est surtout là que réside, pour moi, le pouvoir de la photo : l’humain !

 


 

Is the name teenagers and young men from the french « banlieues » give themselves, these poorly-known cities located on the outskirts of citie centers.

General impression, therefore external, is a deep feeling of despair among this « population-generation ». We are aware of the consequences of that despair by our maintream medias, what could be the causes?
Against the backdrop of the first national economic crisis, then financial to become economic, then back to finance, meanwhile it has become global. Anyway, daily life doesn’t change very much there ! Economy is long gone. Another missed meeting between these two major actors of the Republic !
Economy, it was necessary to recreate one because that is where the French population is the youngest, the most dynamic, the least supervised, the least well prepared.
To go there imeans beeing prepared to see gray walls, poorly cleaned floors, random ways of access, a screaming lack of public infrastructures. This different world is a mixture of energy, schemes, and so-called « violence ». Reception may seem cold, but only the codes are different. Initiatory passage necessary to advance, because here the camera itself is simply not welcome.

I have been working in these territories for almost fifteen years. In time, links were created, less cold, more respectful. Very recently, while I was having a coffee in a bar in the city of Clichy-sous-Bois, a young man came to greet me very respectfully. After a few moments listening to him, I learned that I photographed him with his friends ten years earlier in one of the cities in the area. By the greatest of chances, he came across the picture in a book and was very proud of it. He offered me the coffee.
Beyond any social, political or artistic consideration, it is above all here that lies the power of photography: humanity !