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OBJECTIF VIEILLESSE
9 regards sur les personnes âgées


Sophie Bachelier - Hervé Baudat - Amélie Benoist - Didier Carluccio - Pierre Faure - Franck Ferville - Philippe Truquin - Valérie Villieu - Laurence Von Der Weid


À l’occasion du 70ème anniversaire de l’Association les petits frères des Pauvres
Exposition : 09/11/2016 au 17/12/2016
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30

Galerie FAIT & CAUSE
58 rue Quincampoix, 75004 Paris - Tél. +33 (0)142742636

Dossier de presse

 « Les petits frères » et la photographie

L’Association les petits frères des Pauvres a eu recours à la photographie comme moyen de communication à la fois institutionnel et militant dès les années 1980 avec le projet d’une grande exposition sur l’image de la vieillesse conçu dans la perspective du 40ème anniversaire de sa fondation.
L’association fait ainsi partie des premières organisations humanitaires qui, en France, ont perçu la place que la photo était en train de prendre comme art majeur dans notre société.
C’est à partir de cette époque en effet qu’a explosé le nombre des événements proprement photographiques (expositions,  salons, rétrospectives, festivals et prix), que sont apparus les institutions publiques et privées spécifiques (centres, fondations, fonds) et les lieux spécialisés (galeries, centres, espaces muséographiques), que se sont développées les publications (livres et revues) et la marchandisation de la photo (posters, cartes postales, produits dérivés…).
C’est à partir de cette époque également que les photographes ont acquis un statut et une notoriété comparables à ceux des autres artistes et qu’est né un véritable marché lucratif et spéculatif de la photographie.
Le projet de cette exposition (conduit en collaboration avec le photographe Jean-Marc Vantournhoudt) est à l’origine de deux rencontres essentielles : d’une part celle de Martine Franck (de l’Agence Magnum), qui s’est immédiatement proposée pour réaliser un reportage sur l’action de l’Association et, d’autre part, celle de Robert Delpire (alors directeur du Centre National de la Photographie qu’il venait de créer).
L’exposition constituée de plus de cent-cinquante images de photographes du XXème siècle a été présentée au Palais de Tokyo à Paris puis a circulé en France et dans plusieurs pays (notamment au Canada à l’occasion de l’ouverture du Musée de la civilisation de Québec).
Elle a donné lieu à l’édition d’un catalogue intitulé Un si grand âge, préfacé par Danielle Sallenave.
Le reportage de Martine Franck a, lui aussi, fait l’objet d’une exposition et d’un livre, De temps en temps, préfacé par Claude Roy. Il reste un modèle de ce qui peut être fait – par un photographe – pour une association.

Robert Delpire a proposé ensuite de réaliser un Agenda des petits frères réunissant chaque année des photos consacrées à des thèmes différents.
Ont ainsi été publiés entre 1989 et 2002 quatorze agendas (sur les animaux, les fleurs, la musique, le sport, …) avec des images de photographes aussi prestigieux et mondialement connus que Cartier-Bresson, Doisneau, Erwitt, Penn, Riboud…
Cette série des Agendas des petits frères a contribué à donner une image nouvelle de l’Association auprès de publics qu’elle ne touchait pas jusque-là (notamment des entreprises).
Parallèlement à la publication de ces Agendas et en reprenant certaines de leurs photos, l’Association a créé des séries de posters et de tee-shirts destinés à la clientèle des jeunes.
En raison de la qualité de leurs images et de leur édition, ces quatorze Agendas des petits frères (totalisant plus de 700 visuels) constituent aujourd’hui l’une des plus belles anthologies thématiques photographiques existante.

À la même époque, l’Association a développé l’ambitieux projet d’une série de reportages sur la pauvreté en Europe à la fin du XXème siècle. Ceci à nouveau avec la collaboration de Jean-Marc Vantournhoudt. Plus de quinze photographes ont participé à sa réalisation (parmi lesquels Jean-Louis Courtinat, Luc Delahaye, Martine Franck, Milomir Kovacevik, Sarah Moon, Sebastião Salgado, …). Cet ensemble de reportages a fait l’objet d’une exposition à l’Hôtel-de-Ville de Paris (qui a été la première exposition photographique dans ce lieu) puis à Barcelone ainsi que d’un livre intitulé Pauvres de nous.

Outre ces projets institutionnels, l’Association a, depuis les années 1980, aidé un certain nombre de photographes à réaliser des travaux personnels sur la vieillesse et la pauvreté.

La représentation des personnes âgées dans la photographie a beaucoup changé au cours de ces trois décennies. Jusque là elle répondait le plus souvent à des stéréotypes anciens : certains inspirés par la littérature du XIXème siècle (Hugo, Daudet…) et d’autres dont l’objet était de susciter des émotions immédiates (l’attendrissement ou la pitié).
Les véritables sujets de reportage sur les personnes âgées ne retenaient qu’exceptionnellement l’attention des photographes. Les exemples de Giacomelli avec son travail sur l’hospice de Senigallia ou celui de Martine Franck étaient de très rares exceptions. S’intéresser aux personnes âgées était d’ailleurs une contre-indication pour un jeune photographe en quête de reconnaissance.

On compterait aujourd’hui – pour la France seulement – des centaines de travaux de qualité sur ce sujet qui a pris sa place dans les thématiques de la photo. Le panorama que la photographie présente aujourd’hui de la vieillesse est divers et complexe. Comme la réalité qui s’est elle-même diversifiée et complexifiée. Les styles et les approches sont variés.
On ne peut que se féliciter de la contribution de la photographie aux problématiques de la vieillesse, qui est un enjeu majeur de notre temps et, bien sûr, du rôle qu’a joué l’Association les petits frères des Pauvres et avec elle plusieurs personnalités amies du monde de la photo dans le développement de l’intérêt des photographes pour les personnes âgées.
L’exposition Objectif Vieillesse organisée à l’occasion de son 70ème anniversaire s’inscrit donc dans ce mouvement et répond  à la vocation d’alerter et de témoigner des petits frères des Pauvres.

Michel Christolhomme
Président de l’association Pour Que l’Esprit Vive


 

« Les petits frères » and photography
9 views of the elderly

les petits frères des Pauvres first started using photography as a means of both institutional and militant communication in the eighties, with an exhibition on old age as part of the activities organised around the 40th anniversary of the Association’s creation.
It thus became one of the first humanitarian organisations in France to realise that photography was beginning to take a place as a major art form in our society.
Indeed it was around this time
– that there was a veritable explosion in the number of specfically photographic events, (exhibitions, shows, retrospectives, festivals and competitions),
– that dedicated public and private institutions came into being (centres, foundations, collections) as well as specialized exhibition spaces (galleries, centres, museums),
– that various publications (books and magazines) started to appear, and
– that the commercialisation of photographs as objects began (posters, postcards, miscellaneous products…).
It was also around this time that the photographers themselves began to earn a degree of notoriety similar to what other artists enjoyed, and that a lucrative and speculative market for photographs was born.
This anniversary exhibition, established in collaboration with the photographer Jean-Marc Vantournhoudt, would lead to two essential encounters: with Martine Franck (Magnum), who immediately volunteered to do a documentary on the work of the Association, and with Robert Delpire, at the time the director of the National Centre for Photography which he had just established.

It was made up of more than one hundred and fifty twentieth-century photographic images and was held at the Palais de Tokyo in Paris, before going on tour in France and abroad (including Canada, for the opening of the Quebec Museum of Civilisation).

It led to the publication of a catalogue entitled Un si grand âge, with a preface by Danielle Sallenave.
The documentary by Martine Franck also led to an exhibition and a book, De temps en temps, with a preface by Claude Roy. It is a shining example of what can be done for an association through the medium of photography.

Following that, Robert Delpire suggested the creation of an Agenda of the petits frères including photos on different themes every year. Fourteen diaries were produced between 1989 and 2002, with photographs on subjects such as animals, flowers, music, sport… from such prestigious and well-known photographers as Cartier-Bresson, Doisneau, Erwitt, Penn, Riboud…
This series of Agendas des petits frères helped to give a new image of the association to people – and in particular to companies – who were unaware of its existence up until then. In parallel with the publication of the Agendas, and some of the photographs were used to create a series of tee-shirts and posters aimed at young people.

These fourteen Agendas des petits frères, thanks to the quality of the diaries themselves, as well as to the quality of the photographs (more than 700 of them) make up one of the most beautiful thematic photographic anthologies that exists today.

At the same period, the Association worked on the ambitious project of a series of documentaries on poverty in Europe at the end of the twentieth century, again in collaboration with Jean-Marc Vantournhoudt. More than fifteen photographers worked on the project (including Jean-Louis Courtinat, Luc Delahaye, Martine Franck, Milomir Kovacevik, Sarah Moon, Sebastião Salgado, …). This set of documentaries was displayed in an exhibition in the Hôtel-de-Ville in Paris (indeed it was the first ever photographic exhibition to be held there) and then in Barcelona, accompanied by a book called Pauvres de nous.

Apart from these institutional projects, the Association has helped several photographers since the eighties with their own personal projects on the subjects of old age and poverty.

The way old people are portrayed in photographs has changed a lot over the past three decades. Traditionally they followed old stereotypes, some inspired by nineteenth-century literature (Hugo, Daudet…) while others sought to create an immediate emotional reaction (pity or sympathy). It was only very rarely that the real subjects of old age caught the attention of photographers. Giacomelli, and his work on the Senigallia hospice, or Martine Franck were exceptions. Taking interest in the elderly was considered as being counter productive for a young photographer seeking to make a name.

Today hundreds of quality documentaries on this subject exist in France alone, and it has become a recognised photographic theme in its own right. Photography now presents a complex and varied panorama view of old age, just as reality itself has become varied and complex. Styles and approaches vary.

One can only rejoice at the contribution that photography has made to highlighting the problems of the elderly, which is an important subject in contemporary society. The role played by the association les petits frères des Pauvres along with many friends from the world of photography, in the development of the interest for the elderly amongst photographers, is also a source of delight.

The exhibition Objectif Vieillesse, organised to mark the Association’s 70th anniversary, is thus part of this movement and fulfils the vocation of the petits frères des Pauvres to spotlight the plight of the elderly.

Michel Christolhomme
President of the association Pour Que l’Esprit Vive

 

 


 

« Los hermanitos de los pobres » y la fotografía

La Asociación les petits frères des Pauvres (los Hermanitos de los pobres) ha utilizado la fotografía como medio de comunicación tanto institucional como activista en la década del ’80, con un proyecto de una gran exposición sobre el tema de la vejez, con motivo de los 40 años de su fundación.

En Francia, la asociación fue entonces una de las primeras organizaciones humanitarias a haber comprendido la importancia de la influencia de la fotografía como arte mayor en nuestra sociedad.

Es precisamente a partir de ese momento que estalla efectivamente el número de eventos fotográficos (exposiciones, espectáculos, festivales, retrospectivas, premios), que aparecen las instituciones públicas y privadas específicas (centros, fundaciones, fondos), lugares especializados (galerías, centros de exposiciones, museos), que se han desarrollado publicaciones (libros y revistas) y la mercantilización de la fotografía (afiches, postales, carteles, productos derivados…).

Es a partir de este momento también que los fotógrafos han ganado un estatus y una reputación comparables a las de otros artistas y que nace un verdadero mercado lucrativo y especulativo de la fotografía.

El proyecto de esa exposición (llevada a cabo en colaboración con el fotógrafo Jean-Marc Vantournhoudt) tuvo su origen gracias a dos encuentros decisivos: en primer lugar con Martine Franck (agencia Magnum), que propuso inmediatamente realizar un reportaje sobre la labor de la Asociación y en segundo lugar, con Robert Delpire (entonces director del Centro Nacional de la Fotografía que acababa de crear).

La exposición compuesta de más de ciento cincuenta imágenes de fotógrafos del siglo XX fue presentada en el Palais de Tokio, en París y distribuida en Francia y en otros países (incluyendo el Canadá, con motivo de la apertura del Museo de la civilización, en Quebec).

Esto condujo a la publicación de un catálogo titulado Un si grand âge, (Una gran edad), prologado por Danielle Sallenave.

El reportaje de Martine Franck fue también el objeto de una exposición y de un libro, De temps en temps (De tiempo en tiempo), con prólogo de Claude Roy. Este trabajo constituye un modelo de lo que puede hacer – un fotógrafo – para una asociación.

 

Poco después, Robert Delpire propuso la creación de La Agenda des petits frères (La Agenda de los hermanitos) ilustrándola con fotografías dedicada a un tema diferente cada año.

Fueron así publicadas entre 1989 y 2002 las catorce agendas de (animales, flores, música, deportes,…) con imágenes de fotógrafos de prestigio y fama mundial, como Cartier-Bresson, Doisneau, Erwitt, Penn, Riboud…

Esta serie de Agendas des petits frères permitió dar una nueva imagen de la asociación y acceder a un público insensible hasta el momento (incluidas las empresas).

Coincidiendo con la publicación de estas agendas y retomando algunas de sus fotos, la Asociación publicó una serie de afiches y camisetas destinada a los más jóvenes.

Debido a la calidad de publicación y de sus imágenes, estas catorce Agendas des petits frères (totalizan más de 700 imágenes) y constituyen una de las más bellas antologías temáticas fotográficas existente.

 

Al mismo tiempo, la Asociación desarrolló un ambicioso proyecto de una serie de reportajes fotográficos sobre la pobreza en Europa a fines del siglo XX. De nuevo con la colaboración de Jean-Marc Vantournhoudt. Más de quince fotógrafos participaron en su realización (entre ellos, Jean-Louis Courtinat, Luc Delahaye, Martine Franck, Milomir Kovacevik, Sarah Moon, Sebastião Salgado,…). Este conjunto de reportajes fue el objeto de una exposición en el Hotel de Ville de París (La Municipalidad de París y fue la primera exposición fotográfica en ese lugar) y en Barcelona, ​​así como también un libro llamado Pauvres de nous (Pobres de nosotros).

Además de estos proyectos institucionales, desde los años 80 la Asociación ha encargado a una serie de fotógrafos la realización de un trabajo más personal sobre la vejez y la pobreza.

La representación de la vejez en fotografía ha cambiado mucho durante estas tres últimas décadas. Ella respondía más que todo a viejos estereotipos: inspirada de la literatura del siglo XIX (Hugo, Daudet …) y otros cuyo propósito era generar emociones inmediatas (ternura o compasión).

Los temas realmente interesantes sobre las personas mayores retuvieron la atención de los fotógrafos sólo en raras ocasiones. Ejemplos como Mario Giacomelli con su trabajo en el hospital de Senigallia o el de Martine Franck eran muy raras excepciones. Interesarse en las personas de edad era casi una contra-indicación para un joven fotógrafo en busca de reconocimiento.

 

En Francia, contamos hoy con cientos de reportajes de calidad sobre la vejez, tema que ocupa un lugar muy importante entre los diferentes sujetos fotográficos. La visión que la fotografía muestra hoy de las personas mayores es diversa y compleja, como lo es también la realidad misma compleja y diversa, con estilos y enfoques muy diferentes.

Podemos alegrarnos por la contribución que la fotografía ha podido aportar a los problemas de la vejez, una de las grandes problemáticas de nuestro tiempo y, por supuesto, del papel desempeñado por la Asociación les petits frères des Pauvres y con ella la de varias personalidades amigas del mundo de la fotografía en el desarrollo del interés de los fotógrafos por las personas de edad.

La exposición OBJECTIF VIEILLESSE (Objetivo Vejez) organizada con motivo del aniversario de sus 70 años de existencia, forma parte de este movimiento y tiene la vocación de alertar y dar testimonio de la acción de esta asociación.

Michel Christolhomme
Presidente de la Asociación Pour Que l’Esprit Vive