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LES MANGEURS DE CUIVRE
République Démocratique du Congo - 2019 / 2012


Gwenn DUBOURTHOUMIEU
Lauréat du Prix SOPHOT 2013

Exposition : 26/09/2013 au 26/10/2013
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30

Galerie FAIT & CAUSE
58 rue Quincampoix, 75004 Paris - Tél. +33 (0)142742636

La « ceinture de cuivre » katangaise, à l’extrême sud-est de la République démocratique du Congo, recèle 10 % des réserves mondiales de cuivre et 34 % de celles de cobalt. Début 2011, le cours du cuivre a atteint son record historique : 10 000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange. Depuis, la tendance s’est confirmée, maintenant le cours est à plus de 8 000 dollars la tonne. Profitant de ce boom sans précédent et d’une libéralisation organisée par la Banque Mondiale au début des années 2000, d’immenses fortunes se bâtissent à la faveur d’une gestion particulièrement opaque des revenus du secteur minier. Jusqu’à présent, seules quelques multinationales et une poignée d’individus proches du pouvoir ont les moyens d’en profiter. Paradoxalement, la situation des quelques 200 000 « creuseurs » katangais qui survivent grâce à cette activité et constituent encore la majorité de la main d’œuvre, s’est aggravée. Les investissements des multinationales occidentales, indiennes ou chinoises les ont chassés des sites les plus riches. Forcés à revendre leur production à bas prix aux partenaires gouvernementaux ou contraints de se rabattre sur l’exploitation des rejets industriels, ils amoindrissent encore leur espérance de vie comme leurs revenus. Des années de travail sur le sujet et de nombreux voyages dans la province m’ont familiarisé avec les personnes impliquées dans les activités minières au Katanga. Petit à petit, j’ai réussi à obtenir l’accès aux sites d’extraction des multinationales, à leurs entrepôts et à leurs usines.  J’ai pu être accepté dans la communauté des nouveaux entrepreneurs, ce qui m’a permis de documenter leurs vies privées (fêtes, week-ends…). Le but de ce projet est d’apporter une meilleure compréhension du monde des affaires et de l’extraction minière au Katanga, où les besoins locaux semblent ignorés. C’est aussi une illustration de l’effet tant de la libéralisation récente de l’économie mondiale que de la ruée pour les matières premières en Afrique et une dénonciation du refus des sociétés internationales à partager leurs profits. Ceci n’est pas l’histoire des minerais de sang, issus de conflits, avec des images de rebelles et de kalachnikovs, sur lesquelles les campagnes de plaidoyer internationales se concentrent généralement. C’est plutôt l’histoire, plus difficile à illustrer, de l’énorme écart entre une population locale cherchant des matières premières pour le compte d’industries étrangères et de traders installés à Londres ou New York, pariant sur un bénéfice  rendu possible grâce à une main d’œuvre exploitée et sous-payée.

 

Biographie
Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressée à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique pour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. En 2012, Gwenn Dubourthoumieu a remporté la 2ème place aux NPPA Best of Photojournalism Awards dans la catégorie  «The Art of Entertainment», le Coup de Coeur de la 50ème Bourse du Talent dans la catégorie « portraits », fait parti des 12 photoreporters sélectionnés au festival en Baie de St Brieuc, a été sélectionné dans la catégorie «Fine Art – Portrature» aux Sony World Photography Awards, et a reçu le prix spécial du jury au 8th Days Japan International Awards. En 2011, Gwenn Dubourthoumieu a reçu la mention spéciale au prix Roger Pic et le prix de l’enquête au Festival Européen de Journalisme de Lille pour son reportage sur les enfants sorciers de Kinshasa. La même année, il remporte la bourse «Getty Images Grants for Good» pour sa série « Des Vies Violées » traitant du problème des violences sexuelles en République Démocratique du Congo. En 2010, il faisait déjà partie des finalistes de cette même bourse et avait reçu le Prix Spécial du Jury au Festival SCOOP d’Angers pour son travail «État d’Armes».

En tant que photographe, Gwenn Dubourthoumieu travaille encore régulièrement avec des ONG et des fondations. Sa collaboration avec le Centre Carter à notamment été récompensé aux Photo Philanthropy Professional Awards en 2012.

Correspondant photo pour l’Agence France Presse en République démocratique du Congo de septembre 2010 à décembre 2011, il est aujourd’hui installé à Paris.