Sponsor : La bourse du Festival PhotoReporter de Saint-Brieuc.
Exposition : 26/09/2013 au 26/10/2013
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
Galerie FAIT & CAUSE
58 rue Quincampoix, 75004 Paris - Tél. +33 (0)142742636
à travers de cinq portraits. Juin/septembre 2012
En France, certaines personnes peuvent travailler des années sans se voir jamais proposer un CDI. Ou ne peuvent avoir d’autre choix que de cumuler plusieurs emplois pour gagner un SMIC.
En France, il arrive qu’à la fin d’une journée de travail en intérim, la mission ne soit pas reconduite le lendemain, et ce, sans préavis.
En France il est fréquent que des travailleurs sans papiers aient à payer des impôts.
Nous les croisons, nous vivons à côté d’eux sans bien connaître leurs conditions d’existence.
Ils sont peu syndiqués, rarement défendus, peu présents dans les médias, plus préoccupés par leur survie que par leurs droits.
Pourtant ils vivent tous l’emploi, l’éducation et le logement précaires, l’endettement et la difficulté de se projeter dans l’avenir.
Pendant plusieurs mois, aux quatre coins de la France, j’ai suivi au plus près ces travailleurs précaires dans le bâtiment, l’industrie, l’agriculture, la restauration, les services.
Levé avant l’aube comme la plupart d’entre eux, embarqué dans leurs galères de transport, d’horaires, d’organisation pour s’abriter, se nourrir, s’occuper de leurs enfants, j’ai pu photographier de l’intérieur ces vies minuscules, les explorer.
Le plus difficile pour moi a été de les convaincre de me laisser entrer dans leur monde. Certains sont à la limite de la légalité, d’autres dans l’illégalité, d’autres dans la «débrouille».
Ma règle n’a jamais varié depuis que je porte entre mes mains un appareil photo.
L’engagement dans les sujets que je développe nécessite beaucoup de temps, de patience et surtout de curiosité.
Etre au plus prêt des gens que je photographie, c’est explorer leur vie, à leur côté, avec eux, en étant le plus juste possible. Et sans surjouer l’empathie, ou pire, la plainte.
Car ces gens n’ont de cesse de se battre.
Biographie
Olivier Jobard est né en 1970. Il intègre en 1990 l’école Louis Lumière qui lui propose d’effectuer son stage de fin d’études à l’agence Sipa Press. En 1992, il rejoint l’équipe des photographes de Sipa qu’il quitte en 2011. Il est aujourd’hui diffusé par l’agence Myop.
Il couvre de nombreux conflits dans le monde : Croatie, Bosnie, Tchétchénie, Afghanistan, Soudan, Sierra Leone, Liberia, Côte d’Ivoire, Colombie, Irak…
En 2000, il se rend à Sangatte. Son approche photographique change alors, il se consacre principalement à un travail au long cours sur les problématiques d’immigration, en Europe et dans le monde.
Suite à sa rencontre avec Kingsley au Cameroun en 2004, il le suit tout au long de son périple de l’Afrique vers la France.
Puis pendant deux années, Olivier Jobard a concentré son travail sur la « forteresse Europe » : de l’Ukraine à la Pologne, de la Turquie à la Grèce, de la Syrie à l’île de Lampedusa, il documente les nombreuses routes migratoires clandestines qui mènent aux frontières européennes.
Après avoir témoigné des expériences d’immigration, c’est aujourd’hui l’intégration des immigrés dans leur pays d’accueil qui est au centre de son travail photographique.
LIFE ON A SHORT-TERM CONTRACT
In France, there are people who work at the same job for years without ever having a full-time contract. There are those who have no choice but to cumulate several jobs just to earn the minimum wage.
In France, temps find themselves jobless at the end of their day’s work, with no prior notice, just because their contact has been cancelled.
In France, workers might not have their papers but they still pay tax.
We meet them every day, we live next door to them, but don’t really know anything of the conditions in which they live.
Not many are union members and there is no-one to defend them. You don’t hear about them in the papers because they are more worried about survival than fighting for their rights.
However they all suffer from insecurity whether it be in employment, education or lodgment; they are burdened with debt, and have difficult imagining a future.
This is a report on the France of hire-and-fire workers, as seen through five portraits.
June – September 2012
Project made possible thanks to funding from the Photoreporter Festival of Saint Brieuc.
LA VIDA A CORTO PLAZO
La condición de los trabajadores precarios en Francia, ilustrada a través de cinco retratos.
En Francia, algunas personas pueden trabajar durante años sin que nunca se les proponga un CDI (contrato a duración indefinida). O tener solo la opción de aceptar varios empleos para poder ganar el SMIC (salario mínimo legal).
En Francia, puede que al final de una jornada de trabajo en calidad de “reemplazante temporario”, la misión no sea renovada para el día siguiente, y sin previo aviso.
En Francia, a menudo, los trabajadores indocumentados suelen pagar impuestos.
Los cruzamos cada día y vivimos junto a ellos, pero sin conocer sus condiciones de vida.
En general, no están sindicalizados, raramente defendidos, muy poco presente en los medios de comunicación y más preocupados por sobrevivir que por sus derechos.
Sin embargo, todos viven en la precariedad del empleo, la educación, la vivienda, el endeudamiento y la dificultad de proyectarse hacia el futuro.
Junio/Septiembre 2012

