Sponsor : Pour que l'Esprit Vive
Exposition : 20/06/2003 au 27/09/2003
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
Galerie FAIT & CAUSE
58 rue Quincampoix, 75004 Paris - Tél. +33 (0)142742636
Livre / catalogue
Robert par Comell Capa
Mon frère, Robert Capa, s’était fixé pour tâche de montrer l’enfer créé par l’homme lui-même, c’est-à-dire la guerre. Sa compassion allait à toutes les victimes, et ses photographies fixaient pour l’éternité non seulement des événements historiques mais aussi des souffrances individuelles.
Les épreuves dont il fut témoin étaient tragiques, mais il tirait sa force de son sens de l’humour et de sa manière de se moquer de son propre courage. Ces qualités étaient l’étoffe même de sa personnalité, dans sa vie comme dans son travail. Dans Slightly out of focus, il résuma ainsi ses aventures du jour J :
« Le correspondant de guerre tient son sort – et sa vie – entre ses mains, il peut parier sur ce cheval-ci ou sur celui-là, ou remettre sa mise dans sa poche à la dernière minute. Je suis un joueur. Je décidai de partir avec la compagnie E dans la première vague d’assaut. »
En prenant cette décision, il appliquait le conseil qu’il donna souvent à ses amis photographes : « Si tes photos ne sont pas bonnes, c’est parce que tu n’es pas assez près. » Mais derrière l’humour, l’ironie et le courage, se cachait une grande sensibilité qui le poussait à écrire, avec sa pudeur habituelle : « Ce n’est pas toujours facile d’être un témoin, impuissant à faire quoi que ce soit d’autre que d’enregistrer les souffrances autour de soi. »
La vie de Robert Capa est un exemple de difficultés surmontées, de paris tenus, de jeux gagnés, sauf le dernier, quand il marcha sur cette mine en Indochine qui mit un point final à son témoignage. Né sans possibilités de voyager, parlant une langue inconnue au-delà des frontières d’un petit pays, la Hongrie, il réussit à connaître le monde entier grâce à un langage universel, la photographie. Grâce à elle, il a pu parler à tous, autrefois comme aujourd’hui.
Pendant sa brève vie sur terre, il a intensément aimé et vécu. Né sans argent, il mourut de même, ne laissant derrière lui que le récit de son singulier voyage et un témoignage visuel qui exprime sa foi en la capacité de l’homme à supporter la souffrance et parlois à la vaincre.
C.C.
New York, avril 1999
« Bob Capa : he was a good friend and a great and very brave photographer. lt is bad luck for everybody that the percentages caught up with him. It is especially bad for Capa. He was so much alive that it is a hard long day to think of him as dead. »
Ernest Hemingway
Madrid, 24 mai 1954

Robert CAPA