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JACOB RIIS
How the Other Half Lives


Jacobs A. Riis

Sponsor : Collaboration du Museum of the City of New York


VERNISSAGE, MERCREDI 12 NOVEMBRE 1997 DE 18H00 à 21H00
Exposition : 13/11/1997 au 10/01/1998
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30

Galerie FAIT & CAUSE
58 rue Quincampoix, 75004 Paris - Tél. +33 (0)142742636

Livre / catalogue

Comment vit l’autre moitié
On trouverait difficilement un photographe contemporain préoccupé, plus que Jacob Riis, des problèmes d’immigration, de chômage, de pauvreté, de salubrité.

Chargé, au tournant du siècle, de la rubrique policière à l’Evening Sun, il sut très vite que ses images prises sur le vif, étaient plus révélatrices de la misère qu’il voulait dénoncer que les articles.

C’est grâce aux photos de Jacob Riis que furent détruits des quartiers sordides, que furent signées des lois protégeant le travail des mineurs, crées des écoles et des parcs.

Rarement photographies auront été aussi efficacement utiles à la société que celles de Jacob Riis.

 

Jacob A. Riis qui se disait lui-même « un piètre photographe » est un pionnier de la photographie sociale et s’impose comme le premier vrai journaliste-photographe de l’Amérique. Ses photographies ont joué un rôle important dans la politique sociale de New York.

C’est en 1870 que le jeune charpentier âgé de 21 ans émigre du Danemark à New York, faute de pouvoir se marier avec l’élue de son cœur. Il y vit d’abord une période de vagabondage et de pauvreté avant d’y trouver, en 1877, un emploi stable de reporter de faits divers au New York Herald Tribune.

Habitant et travaillant dans le Lower East Side, il est frappé par la misère et la dépravation qui règnent dans ces quartiers déshérités. Désespéré de voir que ses textes et ses discours ne suffisent pas à faire évoluer l’opinion publique en faveur des plus démunis, Riis trouve son salut dans 1887, il apprend par la presse l’invention en Allemagne d’une poudre de magnésium capable d’éclairer une scène pendant l’exposition d’un négatif photographique et de fournir assez de lumière pour prendre une image dans l’obscurité. Riis décide de se servir de cette technique pour changer les mentalités, et le succès est immédiat : ses conférences avec une lanterne magique ainsi que les images qui accompagnent ses articles et ses livres font bousculer l’opinion et lui valent une réputation d’expert de la vie des taudis. Son premier ouvrage majeur How the Other Half Lives paraît en 1890. Entre 1895 et 1897, il occupe la fonction de conseiller auprès du chef de la police, Théodore Roosevelt, et développe une amitié avec celui-ci. Quand Roosevelt devient président, leur amitié assure l’application des réformes sociales importantes.

Journaliste consciencieux, chroniqueur inspiré, réformateur passionné, Riis est d’abord un militant social. Photographe « malgré lui », la photographie lui sert avant tout de témoignage direct et efficace dans la lutte contre la pauvreté des immigrants qui peuplent les taudis de New York : « Plus qu’un passe-temps, la photographie a été pour moi un outil qui m’a rendu service. Je ne lui ai jamais demandé plus », confie-t-il dans son autobiographie The Making of an American. A mi-chemin entre fragments de la réalité brute et constructions esthétiques, tout concourt, dans les images de Riis, à établir une sensation de contact immédiat et direct avec les sujets. Ceux-ci sont souvent photographiés de près, ce qui permet à Riis de contraindre son spectateur à regarder en face la misère, la tristesse et l’impuissance qui se lisent sur les visages.

Aujourd’hui encore, l’œuvre de Riis dégage une force considérable. Ses reportages sur le New York de l’immigration sont exceptionnels et bouleversants. Ce sont les seuls témoignages photographiques dont on dispose sur ces populations qui, dans les années 1880 et 1890, quittent l’Italie et l’Europe de l’Est pour venir grossir les taudis new-yorkais. Les photographies présentées lors de cette exposition ont été tirées à partir des originaux (épreuves sur papier, plaques de verre) conservés au Musée de la Ville de New York.

 


 

How the Other Half Lives

Jacob A. Riis who claimed himself a poor photographer is a pioneer of social photography and stands out as the first true photojournalist of America. His photographs have played an important role in social policy in New York.

In 1870, the young carpenter aged 21 emigrated from Denmark to New York, unable to marry the woman of his heart. He first saw a period of vagrancy and poverty before finding in 1877, a steady job of miscellaneous reporter at the New York Herald Tribune.

Living and working in the Lower East Side, he is struck by the misery and depravity prevailing in the inner city. Desperate to see his writings and speeches are not enough to change public opinion in favor of the poor, Riis found his salvation in 1887, he learned from the press in Germany the invention of powdered magnesium capable of illuminate the scene during the exposure of a photographic negative and provide enough light to take a picture in the dark. Riis decided to use this technique to change attitudes, and success was immediate: his lectures with a magic lantern and the images that accompany his articles and books are jostling opinion and earned him a reputation as an expert slum life. His first major book How the Other Half Lives was published in 1890. Between 1895 and 1897, he served as advisor to the police chief, Theodore Roosevelt, and develops a friendship with him. When Roosevelt became president, their friendship provides the implementation of social reform. Conscientious journalist, columnist inspired, passionate reformer, Riis is primarily a social activist. Photographer the photograph serves primarily of direct testimony and effective in the fight against poverty among immigrants who inhabit the slums of New York more than a hobby, photography has been my tool me a favor. I did not ask more, says he, in his autobiography The Making of an American. Halfway between fragments of crude reality and aesthetic buildings, everything in the images of Riis, to establish a sense of immediate and direct contact with subjects. They are often photographed up close, allowing Riis forcing his audience to confront poverty, sadness and helplessness that can be read on the faces.

Today, the work of Riis off a considerable force. His reports on the New York immigration are exceptional and overwhelming. These are the only photographic evidence that is available on these populations in the 1880s and 1890s, leaving Italy and Eastern Europe to swell the slums of New York. The photographs presented in this exhibition were drawn from originals (proofs, plates of glass) held at the Museum of the City of New York.